abisha

Abisha - Part. #1

Commençons par les présentations, d’où est-ce que ça vient Abisha ?
Abisha:
Abisha en fait c’est un nom qui m’est venu quand je suis parti en Ethiopie. J’ai fait un voyage en Ethiopie en 2001 et en rentrant je cherchais en fait un nom pour m’identifier, différent de celui de mes parents. Ça m’est venu en tête et puis j’ai demandé à une amie éthiopienne ce que ça signifiait pour savoir si ça avait une signification en amharique et donc ça veut dire "l’autochtone", "l’homme du pays". Et puis après j’ai regardé sur internet et j’ai vu qu’en hébreu ça voulait dire "Dieu est mon père".

Depuis quand es-tu dans la musique ?
Abisha:
Depuis longtemps mais on va dire vraiment… moi j’ai toujours grandi autour de ça parce que j’ai fait de la musique en étant gamin tu vois. Et puis après j’ai commencé vraiment à chanter en 96.

Ça fait 10 ans
Abisha:
Ouais.

Ton dernier album "Natural Feelin'" est né entre Montreuil et Bamako, entre les studios Zenah et ceux de Manjul, quels sont tes liens avec eux ?
Abisha:
On a des liens profonds depuis super longtemps en fait. Zenah, ç'a été monté à la base par Gaspard (Tremblay) et Hugh (Valot) et un autre frère qui s’appelle Benjamin. En fait, ces trois frères là, à un moment donné ou à un autre ils ont tous fait partie de Boat For Zion. Au début j’en faisait partie aussi c’est là que j’ai commencé; Hugh faisait la guitare pour Boat For Zion, Gaspard faisait les percus, à un moment donné il a chanté aussi quand on était sur la route un peu à droite à gauche, et Benji faisait les percus. Et puis Manjul, moi je l’ai rencontré par Boat For Zion en 97. Il était à Barbes, il revenait de Mayotte où il habitait et on a bossé sur des riddims à lui en fait. Et puis après on s’est reconnecté à La Réunion, on a fait un album avec Boat For Zion et puis on a refait une dizaine de morceaux ensemble. Puis après moi je suis rentré ici, c’était la période où Zenah commençait à monter leur studio, à l’époque ils ont fait beaucoup appel à Manjul pour la réalisation de différents riddims et du mix et c’était l’époque où moi j’avais des riddims à enregistrer, des morceaux, le studio est à 10min de chez moi à pied. Il y avait Manjul à la basse, Hugh et Natty Frenchy aux guitares, Francky qui vient de Saint Martin à la batterie, puis après tout ce qui est orgue, piano c’est Manjul. Puis après suivant les projets, différents musiciens s’ajoutent suivant les besoins.
C’est « family style » en fait, un peu tourné dans le business parce qu’il faut tous qu’on survivent, parce que ça coûte cher de faire de la musique, les studios tout ça, ce qu’il nous manque c’est plus d’unité. L’homme étant ce qu’il est: un homme.

Sur cet album tu côtoies Sugar Minott et Prezident Brown, est ce qu’il y a d’autres artistes avec qui tu aimerais collaborer ?
Abisha:
Ouais, y a plein d’artistes avec qui je rêve de pouvoir bosser. Que ce soit dans le Reggae ou dans d’autres musiques d’ailleurs. Beaucoup surtout les anciens quand même, avant toute chose. Parce qu’ils portent déjà en eux une certaine vibe, une certaine vibration, une histoire aussi, particulière. Une connection avec nous aussi parce qu’ils nous ont permis de nous émanciper à travers leur message tu vois, à travers la manifestation du Roots. C’est surtout ces artistes là moi qui m’intéresse plus. Après aussi bien sûr certains nouveaux artistes aussi... y en a tellement à citer que… Déjà je suis content d’avoir travaillé avec certains. Bon, il y a certains projets qui me tiennent peut-être plus à cœur que d’autres comme travailler avec les Congos par exemple. Sinon c’est à la vibe.

Suivant les rencontres...
Abisha:
Oui, suivant les rencontres. Parce que des fois tu peux planifier des trucs et être déçu aussi. On s’aperçoit que, tu vois, la voix, le message d’un homme sur un disque c’est pas le tout. Comme j’ai un peu, tu vois, différents rôles, j’ai le rôle du producteur, j’ai une autre vision à avoir aussi quand je rencontre des artistes même si je les kiffe.

Est-ce qu’il y aura une tournée associée à cet album ?
Abisha:
Alors y a pas de tournée qui est planifiée maintenant mais on va essayer de dégotter un maximum de dates c’est clair. Tu vois c’est le but du jeu à partir du moment où tu fais un album, où tu commences à avoir un peu de promotion, il faut garder le fer chaud et lancer la machine. On va démarcher toutes les salles, toutes les associations, tous les festivals pour être là un maximum en 2006 mais je pense plutôt 2007. Puis on va faire des formules et des répertoires différents: soundsystem, acoustique, formule cinq musiciens, sept musiciens, huit musiciens pour essayer de pouvoir se caser un peu partout.

Chaque date sera un peu différente donc...
Abisha:
Ah oui, ça dépendra vraiment des moyens des promoteurs en fait. Après ce qui est difficile si tu veux au jour d’aujourd’hui c’est de monter des trucs pour une date ou deux parce que sur un répertoire comme sur "Natural Feelin’", il y a pas mal de boulot pour mettre ça bien carré en place avec un backing. Donc faire un backing juste pour une date c’est chaud. C’est pour ça qu’on fait pas une ou deux dates. Parce que chacun est sur la route. Parce que si tu veux des bons musiciens tu vois ça coûte des sous et puis il faut aussi que les gars soient motivés d’être là. Faut au moins trois quatre gars qui soient là. Parce que c’est pareil le show on va essayer de présenter quelque chose d’assez éclectique donc ça va demander pour ceux qui vont être là derrière, en live en tout cas, de la ressource, ça c’est évident. Parce que les gars va falloir qu’ils jouent du bon Roots Reggae, des riddims un peu dancehall, soul, afro cuban aussi. TIGHT (rires).

Donc tu es chanteur, tu es producteur avec le label Kiddus Music, quels sont les projets du label ?
Abisha:
Alors donc là on a la mixtape, la street tape d’Abisha qui va arriver j’espère courant octobre/novembre. Après il y a un album de “Vocal Winshu 2“. Donc basé sur les mêmes couleurs musicales que "Natural Feelin’" et "Vocal Winshu 1" issu des mêmes sessions en fait, des roots riddims avec différents artistes. Sur "Vocal Winshu 2" on pourra retrouver Michael Prophet, Anthony Johnson, U Brown, Prezident Brown. Et puis il y a deux trois petites surprises encore. Et puis sinon il y a d’autres artistes. Une chanteuse hors du commun que j’aime beaucoup qui s’appelle Tanya Michelle qui est en fait une chanteuse de Soul à la base. Elle est jamaïcaine mais elle a jamais enregistrer sur du Reggae. C’est l’école Soul américaine 100%. Donc elle on pourra la retrouver sur cet album là aussi. Il y a aussi Adi une chanteuse envoûtante originaire de Martinique.
Il y a aussi des LPs à venir. Mais bon le problème du vinyle c’est que ça coûte cher tu vois. Vu qu’on fait tout par nous-mêmes déjà faut récupérer l’argent sur les CDs pour pouvoir réinvestir sur le reste. Dans un premier temps c’est ça donc. Et puis il y a d’autres choses qui se préparent sur d’autres couleurs musicales, un peu plus Dancehall, Soul, Nuroots, un peu plus contemporaines aussi. Puis avec un album en préparation aussi pour Abisha, plus éclectique. Il y a un projet acoustique aussi.

Donc ça c’est pour le côté musique de Kiddus mais Kiddus c’est pas que la musique en fait...
Abisha:
Oui, en fait non. Kiddus, là on va lancer des t-shirts, des sweat-shirts avec des messages. Par exemple, les trois premiers, on va avoir un truc où c’est tout simple c’est "Earth Security Crew Member“ parce que il y des gens ils ont tous les trucs Staff, Sécurité, machin, ou tu vois ce que je veux dire, VIP... Là, c’est “Earth Security" et puis voilà, un petit clin d’œil. Un autre clin d’œil avec un t-shirt qui sera “Organical Energy – No Polluted Emission – 100% Life Potential" et puis on a un autre concept aussi qui sera en français et en anglais, c’est un texte en fait qui s’appelle “L’holocauste humain plus jamais ça". Les centaines de millions de gens qui souffrent , notre responsabilité à chacun là dedans aussi qu’il ne faut pas occulter, jamais, et puis faire en sorte que plus jamais ça n’arrive. Puis, il y aura un autre sweat-shirt peint par un ami à moi où c’est en motif un rasta mais avec une certaine inspiration éthiopienne aussi dans la réalisation du visage. Ça c’est sur l’aspect vêtements.
Et puis moi je développe depuis plusieurs années un concept que j’appelle protei food en fait qui est un concept de développement de produits végétaux à base d’aliments biologiques, pour essayer d’optimiser l’apport que ce soit en protéines, en acides aminés, en vitamines, en tout, essentiellement pour les végétariens on va dire à la base. Donc le travail, il consiste à réaliser une gamme de steaks végétaux, une gamme de soupes et puis une gamme de nems dans un premier temps. Il y a 6 ou 7 sortes de steaks, une dizaine de soupes différentes et on doit avoir 3 ou 4 nems différents. Donc là l’objectif c’est toujours d’apporter un maximum de ce dont l’organisme a besoin surtout pour les végétariens. A savoir que par exemple, manger du tofu (pâte produit à partir de lait de soja ndla), c’est bien mais manger du tofu sans manger du fer, c’est chaud parce qu’à un moment tu vas être anémié. Et il y a plein de petites choses comme ça où... moi je suis pas du tout un « scientist » de la nutrition, mais j’ai vu sur moi comment c’était difficile de vivre I-tal ici dans la ville et de respecter les choses. Sinon il faut effectivement une grande discipline c’est clair, ça c’est de toute façon la clé pour vivre bien, mais la clé c’est aussi un long travail sur soi, toujours tu vois. Donc l’idée, c’était aussi de se dire comment faire pour pourvoir manger vite et bien et se dire que finalement manger vite c’est pas forcément manger mal et cher aussi. Je pense qu’on peut manger vite, bien et pas cher. C’est possible. Maintenant il faut pouvoir le promouvoir et surtout pouvoir apporter aux gens, qui ne sont pas dans ce délire là, la preuve de l’utilité de ce genre de produits. Et ça, ça ne passera qu'en rentrant dans le modes de consommation dont ils sont habitués aussi. C’est aussi pourquoi des steaks, parce que les steaks tu peux faire des burgers avec, tu peux faire plein de choses, tu peux les mélanger dans une sauce pour faire un truc façon bolognaise, etc. Les soupes pareil, l’idée c’est essayer d’apporter un maximum dans un minimum. Donc légumes, légumineuses. Le concept en général si tu veux de produits pour être clair c’est d’associer plusieurs protéines végétales, des légumineuses et des céréales. La protéine végétale d’un coté le tofu, une autre protéine végétale le gluten de blé (il y a quelques produits sans car il y a des gens qui sont allergiques au gluten de blé) et après de la céréale et de la légumineuse. Car les deux ensembles créent de la protéine. Elles créent plus d’apport mélangées ensemble que séparément car ainsi tu as tous les acides aminés.
Et ça aussi, ça devient presque aussi important que la musique. Dans le futur si je vois des rêves que j’ai c’est justement que les gens quand ils vont venir voir Abisha ou des choses différentes, ils vont savoir qu’ils ne viennent pas seulement pour de la musique, ils viennent promouvoir la vie et leur indépendance là dedans surtout. Parce que ça fait trop de centaines, voire de milliers d’années que le peuple est spolié de son droit naturel à une vie saine et sereine, tu vois ce que je veux dire?

La suite dans la deuxième partie où Abisha nous exposera un peu plus sa vision du monde en général et nous relatera son expérience en Ethiopie. A suivre...

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