DebMusic

Castro Brown

Comment êtes vous venu à la musique ?
Castro Brown:
Mon père était musicien, il jouait de la trompette. Et il allait jouer dans tous les clubs jamaïcains. C'était avant que le Reggae et le Ska existent, il jouait du Blues et du Jazz. J'étais tout petit et donc mon père ne pouvait pas me laisser seul à la maison donc il m'emmener avec lui là où il allait jouer. Je dirais que j'étais dans la musique avant de le savoir et de le décider.

"Morpheus" est le nom de votre label, pouvez vous nous le présenter ?
Castro Brown:
Avant de lancer Morpheus, j'étais MC pour le Coxsone Sound System de Lloyd Coxsone et nous avions l'habitude de jouer sur Carnaby Street. Il y avait un club qui s'appelait Colonbo et on avait une résidence 7 soirs par semaine! Après une longue période comme MC pour le Coxsone's Sound System, j'ai monté mon propre soundsystem que j'ai nommé "Morpheus", et c'est le début de tout Morpheus...
Rapidement, cela a débouché sur un label pour lequel beaucoup de titres jamaïcains ont été édités pour le marché anglais. Alors j'ai commencé à produire. Ma toute première production fut pour Gregory Isaacs : "Black A Kill Black" et "Extra Classic". Depuis j'ai produit beaucoup d'autres artistes, y compris 15-16-17.
Oh ! Et Morpheus est un magasin de disques, aussi !

Pouvez vous nous parler de votre rencontre avec Dennis Brown ?
Castro Brown:
En plus de Morpheus, j'avais un club du nom de Georgian Club à Croydon, au sud de Londres. Il y avait des concerts ou des soundsystems et beaucoup d'artistes jamaïcains y étaient réguliers. Dennis est un de ces artistes. Nous avions déjà entendu parler l'un de l'autre mais c'était la première fois que nous nous rencontrions. C'était en 1973 ou 1974. Dennis incitait les gens à se sentir comme s'il le connaissait depuis toujours. Il est si chaud et amical, c'est comme ça que je me suis senti, aussi...

Ensuite, vous avez été très proches ?
Castro Brown:
Oui, nous étions vraiment très proches. Le fait est que nous avons le même nom, Dennis adorait ça. Nous bougions toujours ensemble.
Jusque là Dennis enregistrait pour divers producteurs en Jamaïque, Coxsone, Niney, Joe Gibbs, etc. Il était encore jeune, c'était un ado; je crois qu'il devait avoir seize ans. Il avait besoin de prendre en main sa carrière, alors je l'ai encouragé à lancer son propre label avec moi. Nous avons fusionné mon label Morpheus et le label de Dennis D.E.B. pour créer DEB Music. En utilisant son nom (DEB pour Dennis Emmanuel Brown) dans le but d'encourager un peu plus encore sa carrière.
DEB Music était un label anglais donc cela a évidemment aidé Dennis à percer sur le grand marché que représente l'Angleterre. C'était génial car on a pu faire enregistrer d'autres artistes pour DEB Music aussi. Et nous nous sommes vraiment développés, une expansion importante, à tel point que nous étions plus gros que Greensleeves et Jet Star. Ce fut un succès et Dennis produisait lui-même toute cette bonne musique.
Nous avons changé le logo original du label pour celui avec la guitare afin de moderniser l'image du label et avons commencé à avoir plus de catalogues pour le label. C'était une étape très importante pour Dennis Brown, non seulement en tant qu'artiste mais aussi en tant que producteur.

Pouvez vous nous expliquer votre rôle au sein du label DEB Music ?
Castro Brown:
J'étais le cerveau derrière le business et aussi producteur. Dennis voyageait sans arrêt entre l'Angleterre et la Jamaïque et c'était plus simple pour lui d'enregistrer en Jamaïque, donc je devais rester en Angleterre pour financer tous les enregistrements, quelques productions et j'avais en charge de gérer et administrer le label, comme une société. Mais tout ce que nous voulions, avant tout, c'était écouter et enregistrer les sons que nous aimions et décider ensuite lequel sortirai (sur le marché). Mais je devais toujours trouver de l'argent pour enregistrer et faire tourner le label, ce n'était pas facile.

Avec quel(s) artiste(s) avez-vous eu la meilleure expérience en temps que producteur ?
Castro Brown:
Dennis Brown et 15-16-17.

Pouvez-vous nous parler des rééditions de DEB Music par Badda Music ?
Castro Brown:
Badda Music fait des productions de la même façon qu'elles étaient faites. Je vois beaucoup de labels prendre la musique et y ajouter leur propre personnallité, notamment graphique. Parfois c'est bon, mais souvent "l'artwork" et la musique n'ont plus aucun rapport. Badda Music conserve l'image et l'identité de la musique que Dennis et moi avions créée. Et je préfère cela.
Quand je les ai vu, j'a dit "C'est exactement comme ça qu'ils sortaient" (de la presse).
Badda Music a vraiment fait du bon boulot. C'est la première fois que DEB Music ressort des productions officiellement. DEB Music a été piraté tellement de fois par le passé, et récemment un label a ressorti un de nos catalogues sans mon consentement. Mais leur produit ne mentionnait pas les DEB Players. C'est très décevant de voir ça.
Je travaille en etroite collaboration avec Badda Music, nous avons vraiment une très bonne relation de travail.

Quels sont vos projets à moyen terme ?
Castro Brown:
Je vais continuer à travailler avec Badda Music. Nous avons une nouvelle production en cours d'ailleurs. Mais avant, j'ai accumulé beaucoup d'inédits qui vont sortir, très bientôt. Nous venons tout juste de retrouver un album complet enregistré par le DEB Music Players, nommé "House Of DEB", un très bon album Dub instrumental, avec des « killer Dub » comme "Shaka The Warrior", "Lagos", "Satta"...
DEB Music enregistrait souvent des dubplates pour Shaka, donc le titre "Shaka The Warrior" a été enregistré pour témoigner le respect qui lui est dû. Nous avons aussi beaucoup d'instrus qui n'ont été utilisés que pour des dubplates... Tout ce qu'a fait DEB Music est « killer ». Donc ils vont être réédités bientôt, eux aussi.
Quand je vivais en Jamaïque, dans le début des années 90, j'avais un label et un studio nommé New Name. C'était le premier studio d'enregistrement Midi Digital en Jamaïque. Le studio était sur Maxfield Avenue à Kingston. L'album "Kuya" de Gregory Isaacs fut la première production de New Name. Ensuite j'ai découvert des artistes comme Lady Saw, Luciano, Mikey Spice pour ne citer qu'eux et j'ai été le premier à enregistrer ces artistes. J'ai aussi managé Lady Saw et j'ai enregistré énormément d'artistes jamaïcains de Beres Hammond à Freddie Mc Greggor, en passant par Marcia Griffiths.
Il y a plusieurs albums et singles inédits de ces artistes, y compris Luciano que je vais bientôt sortir chez Badda Music.

Un dernier mot pour les visiteurs de JAHSound.net ?
Castro Brown:
Music has no colour
Music has no skin
Your eyes can't see it, but your ears can hear it
When the music hits you, we do the same thing
Dance Dance Dance to the Music
Why can't we be just like music.

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