cornell campbell

Cornell Campbell

Bonsoir
Cornell Campbell:
Salutations au nom de Jah l'Eternel. Cornell Campbell en direct live ! Original !

D'où vient ce nom 'Gorgon' et quelle en est la signification ?
Cornell Campbell:
Gorgon, ça veut dire être remarquable, hors du commun, le meilleur, exceptionnel ! Tu vois ce que je veux dire...

C'est un nom que vous avez choisi où quelqu'un vous a nommé ainsi ?
Cornell Campbell:
En fait c'est un nom grec (ndlr : Les Gorgones de la mythologie) et en ces temps il y avait des rivalités, de la compétition et quand tu vas en studio il y a de la concurrence ! Des gars font un morceau et il se croient au top mondial ! Et ce, sans être le président des Etats-Unis ni même le premier ministre de la Jamaïque. Alors je mets les choses au clair « I'm the Gorgon », et de toute façon personne n'est plus haut que Dieu, crois moi ! Jah est le plus grand ! C'est Dieu qui donne et qui prend, nous dépendons tous de Jah. On vient tous de nulle part et l'on doit remercier Jah d'être devenu quelqu'un.

Avez-vous toujours été rasta ou c'est quelque chose que vous avez réalisé à un moment donné ?
Cornell Campbell:
Même si ça n'est pas la question posée, réaliser que tu es rasta ça veut dire être un modèle, un exemple pour le monde, une personne qui vient pour instruire les gens. J'ai un morceau qui dit : « Follow instructions, don't make Jah Jah beat you » et on est là pour leur montrer le chemin. On vient tous avec une mission mais certains ne le savent pas et suivent la mode ou veulent plus d'argent mais chacun devrait faire ce qu'il fait le mieux et chercher à faire le bien et le monde tournerait mieux ! Si tu es un bon maçon ne cherche pas à faire le charpentier, sois juste le meilleur maçon possible.

Quelle période de votre carrière préfèrez-vous ?
Cornell Campbell:
Il n'y aucune période que j'aime moins. Et si quelqu'un dénigre une partie de sa carrière c'est comme combattre Dieu, la nature et le temps car Dieu te donne des choses à vivre. De toute façon le passé est bon et le passé fait ce que tu es aujourd'hui, les expériences du passé te construisent et donc une même situation à différents moments de ta vie, tu ne la vies pas de la même manière.

Quelles sensations avez vous quand vous êtes en face du public ?
Cornell Campbell:
Je ne peux pas chanter sans public, c'est dans le public que je trouve l'humilité, et j'aime voir une foule, une multitude de gens qui aiment et apprécient mon travail, dès que je sens qu'ils prennent du plaisir, je me sens si bien ! Et du coup, je leur donne le meilleur de moi-même. Je ne me sentirais pas bien si un seul gars se déplaçait à un de mes concerts ! Mais quelle joie de voir le public, j'aime tous ces gens !
Après, le travail de studio c'est différent de la scène, c'est un état d'esprit. Quand tu vas en studio tu sais que tu vas faire un disque, qu'il n'y a pas de public, qu'il va falloir rassembler des morceaux et il faut que ce soit bon !

D'ailleurs faites vous des exercices particuliers pour votre voix ?
Cornell Campbell:
Non non aucun, je sais que certaines prennent des cours de chant mais je ne pourrais pas, ça m'ennuierait, ah oui ! Ça me barberait. Dès que j'ai commencé à chanter c'était naturel et j'ai chanté avec mes propres capacités et l'inspiration que j'avais, j'ai juste commencé à chanter. C'était si naturel pour moi d'écrire de la bonne musique. Je chante pour tous les peuples du monde.

Ecrivez vous toujours ? Il y a-t-il des nouveautés ?
Cornell Campbell:
Oui ! Je ne parle pas forcément de là maintenant, mais j'ai monté mon propre studio « Original Gorgon Studio » à St Elizabeth et puis j'ai un album à Londres qui n'est pas encore sorti, il est fait mais ils veulent y ajouter des overdubs, ça va être un grand album ! J'éspère, dès que possible, pouvoir aider de jeunes artistes, il y a tant de jeunes talents qui sont freinés, ils ont juste besoin qu'on leur donne leur chance. Ce sera mon privilège que d'y contribuer. C'est une des meilleures choses dans la vie ça, de pouvoir aider quelqu'un. Dieu m'a aidé, je dois aussi aider des gens, il ne faut pas rester planté là égoïstement. C'est pour ça que je chante depuis tant d'années, je ne chante jamais pour moi-même, je chante pour les gens.

Avez vous toujours votre magasin à Santa Cruz ?
Cornell Campbell:
Oui ! C'est un grand magasin, ça s'appelle « Campbell's Variety Store ». L'homme a été crée pour explorer divers horizons, un aventurier en quelque sorte ! Faut faire des trucs, être entreprenant ! Tu ne peux pas juste t'asseoir et travailler avec ton imagination. Il faut essayer de réaliser ses rêves.

Avez vous une section artisanat rasta ou disques dans ce magasin ?
Cornell Campbell:
Tu sais, je travaille pour tout le monde, je ne pratique pas le communautarisme. Je ne suis pas raciste non plus, peu importe que tu sois noir, blanc, jaune ou bleu ! C'est Dieu qui a fait les hommes, bien stupide donc celui qui n'aime pas telle ou telle nation, il faut aimer les gens même si je comprends que l'on puisse haïr celui qui nous hait. Donc comme je gère un business, c'est pour le monde entier, international, pas pour une seule portion de la population.

Avez vous eu l'occasion d'aller sur d'autres continents ?
Cornell Campbell:
Bien sûr ! L'Angleterre, le Canada, les Etats-Unis, etc.

Jamais en Afrique ? Ni en Asie ?
Cornell Campbell:
Non, jamais en Afrique mais j'ai joué au Japon.
Avez vous l'impression que votre public à l'étranger comprend vos textes ?
Cornell Campbell : Non, non ! Mais j'imagine que ce ne sont pas les paroles qui comptent parfois ! Une belle voix, de belles harmonies, ne pas être faux, être dans le rythme si il y a un groove et ils aiment la musique.

Avez vous toujours une connexion avec les artistes avec qui vous travailliez avant : l'équipe de Bunny Lee, Johnny Clarke, Horace Andy ?
Cornell Campbell:
Humm... La question n'est pas d'être connecté aux gens. C'est plutôt comme quand tu as des vieux camarades de classe, tu deviens adulte et tu croises un de tes camarades, tu vas forcémént lui dire « Hey ! Mec, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu, quoi de neuf ? ». Alors je ne cherche personne en particulier, si j'en croise un tant mieux, après si ce sont des amis c'est différent, là tu cherches à les voir. Mais il y a aucune embrouille ! Tout le monde se comprend.

Merci pour cet entretien et plein de bonnes choses pour vos projets !
Cornell Campbell:
Merci à toi, c'était un plaisir. Prends soin de toi et remercions le très Haut.

No votes yet.
Please wait...