Rodigan

David Rodigan

Comment avez vous découvert la musique jamaïcaine ?
David Rodigan:
C'était au début des années soixante et c'était du Ska. J'écoutais la radio et j'ai découvert Milly qui chantait "My Boy Lollypop". Après ça, j'ai entendu d'autres groupes de Ska comme les Skatalites, les Wailers, j'écoutais Prince Buster "Al Capone". Cette période a vraiment été pour moi le début d'une longue histoire avec la musique jamaïcaine.

Vous êtes DJ mais aussi animateur radio. Quel est votre premier métier ?
David Rodigan:
La radio a toujours été ma passion, du fait que c'est le meilleur moyen de partager internationalement ses propres goûts musicaux. Être animateur radio me permet de vivre ma vie comme je l'entends sans me soucier de mes faits et gestes. C'est aussi par la radio, étant petit que j'ai découvert les premiers sons. J'écoutais les stations pirates anglaises comme "Radio Caroline", ou "Radio London", qui nous transmettaient du Ska uniquement, jusqu' en 1967/68 quand le Rocksteady commença a changer.
La radio me fascine toujours autant, c'est vraiment ma plus grande passion. Je travaille des heures sur mes prochaines émissions (d'ailleurs aujourd'hui même je préparais mon show de dimanche soir), je passe énormément de temps à écouter les nouveaux sons, je vais très souvent acheter mes vinyles, j'essaye de secouer l'émission un maximum du début à la fin!! Je prends beaucoup de plaisir à faire découvrir sons et interprètes à mes interlocuteurs, à essayer de les informer autant que je m'informe par cet intermédiaire. Pour moi la radio est très importante et elle est vraiment mon premier métier.

Vous avez rencontré Bob Marley, pourriez vous nous en parler ?
David Rodigan:
Oui bien sûr, j'ai rencontré Bob Marley pour la première fois en 1973/74, je suis allé voir son premier concert à Londres, c'était dans un pub, sur Fullham Palace Road. Et là, il se produisait avec son groupe. Après la représentation, je marchai tranquillement sur Fullham Palace Road en pensant "Ouhaa, j'ai vu Bob Marley" quand j'aperçu un gros nuage de fumée ! C'était Bob Marley qui fumait son spliff. Je le saluai sans lui cacher à quel point j'étais ému. Il entra dans sa voiture et lorsque le chauffeur démarra il se retourna vers moi et me fit signe de la main. C'était ma première rencontre avec Bob Marley.
Je l'ai revu ensuite en 1981 à son retour de la "Célébration de l'Indépendance" du Zimbabwe. A cette époque, j'étais radio DJ en dehors de mes études. Je l'ai rencontré à "Island Records" et l'ai simplement invité pour une heure d'interview sur mon émission. Il accepta sans problèmes, j'avais tellement le trac ! Aussi, à "Island Records", il me fit écouter son nouveau single qu'il venait juste de finir, "Could You Be Loved" et me demanda ce que j'en pensais. J'étais vraiment flatté. Je lui ai répondu que c'était vraiment bien. Ceci reste un souvenir inoubliable. Et un détail marrant à cette époque : je ne savais pas que son père était blanc, cela ne changeait rien évidemment mais c'est marrant.

Vous êtes un grand nom des clashes internationaux, allant même jusqu'à battre les jamaïcains sur leur territoire. Quel est votre meilleur souvenir ?
David Rodigan:
Il y a beaucoup de meilleurs souvenirs, certains clashes gagnés, d'autres perdus, mais à tous, j'ai vraiment eu de bons moments. Les plus inoubliables : peut-être celui joué avec Barry Gordon, en Jamaïque, début des années quatre-vingt, cette "danse" à Kingston était énorme, suivie d'une autre à Waterhouse en 1985, juste avant Noël. Ensuite un autre clash énorme, à Brooklyn avec Barry G, accueillant 4000 personnes, c'était incroyable. Depuis, en 1997 lorsque j'ai clashé Jah Rule à New-York, une autre "big dance" que j'ai gagné.
Devenir "The most famous sound system in the world" était pour moi aussi difficile que d'escalader le Kilimanjaro; j'ai pourtant essayé et j'ai réussi, et le meilleur dans tout ça est vraiment le plaisir que j'ai eu. Je respecte Mister Harper pour son accueil chaleureux en Jamaïque avant que je ne me clashe avec lui, puis début des années 90, j'ai participé à un autre clash en Jamaïque avec Bodygard. En résumé, j'ai participé à tous les meilleurs soundsystems jamaïcains, certains gagnés, d'autres perdus. Mes clashes préfères sont lorsque que nous sommes un sound contre un autre voire un contre deux mais quand il y en a six par exemple, la compétition tourne au ridicule, chacun joue un album pour dix secondes, car l'autre ne pourra pas le jouer à présent et finalement aucun de nous n'assure.

Quelle impression cela vous fait il lorsque l'on vous surnomme "The musical killer" ?
David Rodigan:
Ah tiens, je ne savais pas que l'on me surnommait ainsi, mais voici mon partenaire Papa Face, qui lui me surnomme "The Smiling Killer". Je suppose que ces surnoms me vont bien par rapport à tous les clashes que j'ai gagné.

Vous qui avez connu les sounds depuis les débuts, que pensez vous de la nouvelle génération ?
David Rodigan:
Je pense que Mighty Crown sont vraiment impressionnants, très créatifs, très originaux, et ils ont apporté beaucoup de nouvelles énergies dans l'industrie musicale, plus que d'autres ont essayer d'apporter depuis des années.

Avez-vous des projets pour le futur ?
David Rodigan:
Oui, continuer a "tuer" les danses. Et je souhaite vraiment continuer à jouer pendant longtemps, m'éclater encore avec la musique qui revient à ces origines Roots. Toujours animer les soirées et les émissions radio, continuer à clasher, pour moi un bon clash est aussi appréciable qu'une bonne partie d'échec.

Pour finir, un dernier mot pour les visiteurs de JAHSound.net?
David Rodigan:
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