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Fundé – PART. #1

Bonjour à tous, nous allons donc commencer par un petit aperçu du groupe afin que nos visiteurs puissent un peu mieux vous connaître. Pouvez vous nous faire petit historique de Fundé?
Yoha:
Le groupe Fundé tel qu’il est aujourd'hui, a commencé en 2000. Certains membres étaient le noyau d’un groupe qui s’appelait Aliana, formé fin 97, donc certains membres se connaissaient déjà depuis quelques années. Ce groupe a duré 3 ans et en éclatant le noyau dur est resté (la rythmique). De là est né Fundé.
Au départ il y avait : batterie, basse, guitare, piano et percu. Et donc, après il y a Ludo qui nous a rejoint (il y a deux ans) à la guitare et au chant, ensuite les cuivres sont arrivés.

Que signifie Fundé ?
GéLion:
Comme tout groupe nous avons réfléchit (rires). Et on en est venu à Fundé car on connaît l’instrument jamaïcain. On sait la symbolique qu’il a, puisque c’est le battement du rythme du cœur et on cherchait un mot en même temps qui nous ressemblait, donc un mot qui était dans l’esprit de rassembler les gens, on voulait un nom universel. Tu vois, c’est l’idée aussi de l’unité des gens, c’est la vision qu’on a du Reggae et du message qu’on veut transmettre.
Yoha: C’est tout à fait ça, et juste pour rajouter que Fundé, ça se dit aussi bien en jamaïcain, qu'en anglais mais aussi en français, c’est universel.
Comme le dit Gé, c’est vraiment par rapport à la symbolique, dans le rythme nyabinghi, en fait, pour expliquer un peu plus, il y a trois percus (importées d’Afrique en Jamaïque) qui etait vraiment le rythme inclus dans le Reggae.
Dans le Nyabhingi, tu as donc le Repeater : qui est la percu la plus aigüe, fait pour les solos. Au milieu tu as le Fundé, un peu plus gros et qui tient la rythmique (toujours avec le symbolisme du battement du cœur) et pour finir tu as le Drumbass qui est une grosse percu et fait des grosses basses!
Encore une fois ça symbolise notre attachement au Reggae et à la culture Jamaïcaine, mais aussi l’image de l’unité.

Par quelles époques, artistes êtes vous inspiré ?
GéLion:
Avec le temps on passe par tous les artistes, mais on a des grosses influences des années 70, de ce Roots là. Ca va de la recherche de la petite perle en passant par les gros artistes, les gros albums, tout ce qui fait plaisir aux oreilles.
Tout ce qui est Groove, pas Digital. On essaye toujours d’adapter dans l’esprit 70 jamaïcain et anglais.

Pour en revenir à Fundé, comment s’organise le rôle de chacun dans le groupe au niveau artistique ?
Gouss:
C’est principalement Yoha qui a écrit les textes pour l’album, il y a Ludo (Ti slate) qui a écrit 2 textes et Nicolas qui a également écrit 2 textes, mais pour le moment le plus gros « producteur » de textes c’est Yoha.
Yoha: En sachant que ça a été un chemin long et douloureux; c'est-à-dire que lorsque l’on revient sur l’historique de Fundé, moi je ne me positionnais pas comme désirant être chanteur lead, on cherchait même un chanteur.

Ok, donc au départ tu n’étais pas le chanteur désigné...
Yoha:
Non, mais finalement ça s’est fait comme ça... j’avais déjà une expérience de chanteur de groupe, mais je ne me positionnais pas comme tel. Après, c’est vrai que c’est aussi un problème de confiance en soi qu’il a fallu travailler.
Donc voilà, cet album, pour moi c’est limite une thérapie, ça doit se sentir dans certains textes ! (rires)
L’écriture c’est donc ça, petit à petit la confiance qui vient. Voila...
Et donc, pour en revenir à l’organisation, dans les premières années c’est essentiellement Mowgli (guitare) qui composait.
Gouss: En général, Yoha écrit un texte, il vient avec une grille d’accords et après, tous ensemble, en répétant, on arrange le morceau, alors les idées fusent, tu gardes, tu jettes...
On commence donc comme ça, textes et mélodie, grille d’accords et on met tout en commun. C’est ça que j’apprécie car tout le monde donne ses idées, si ça plait pas à quelqu’un, on refait.
GéLion: Justement, il y a pas de pression du genre : « il faut faire comme ça » et c’est donc là que sortes les bonnes versions!
Yoha: A ce moment, tu as généralement un truc assez brut et après on travaille les arrangements.
Gouss: C’est encore une étape différente pour les morceaux qu’on fait sur scène et sur l’album, t’as des arrangements qui sont faits pour le live et d’autres pour ceux qui vont découvrir le CD.
Yoha: Normalement, si tu écoutes au casque, dans un an il y aura encore des choses à découvrir... des petits sons, etc.
Gouss: Par exemple, on a tourné en 35 pistes, c’est rare pour du Reggae Roots, en général c’est en 24 pistes.
Là, on a utilisé beaucoup de pistes pour justement rajouter la petite percu, le triangle, des sons que t’entends pas forcement au premier abord. On a fait aussi beaucoup de voix, tu as des morceaux où tu as 7 ou 9 pistes de chœurs différentes, tout ça pour donner plus de couleurs.

Vous êtes une autoproduction, est ce que l’on peut en savoir plus sur cette démarche ?
Yoha:
L’autoproduction, c’est un long chemin pour tout le monde, c'est à dire que lorsque tu arrives dans un groupe, il faut trouver ta place et avoir une certaine confiance en soi pour faire des choses qui demandent des responsabilités. Faire en sorte que les gens fassent des choses qui sont en accord avec leurs compétences et pas seulement « tiens, moi j’ai envie de faire ça ».
Il y a plein d’étapes de transition pour arriver à ce que les choses *se callent* pour le rôle de chacun. On a par exemple Adeline qui, depuis un an, a trouvé sa place et fait énormément de choses (Visuels, comptabilité, etc.)! C’est notre manager, avec l’aide de Julie qui s’occupe de toute la logistique.
Adeline: Moi, ce que je voulais dire par rapport à tout ça, c’est que l’autoproduction y’a rien de plus beau.
Tu t’organises, gères ton temps et je travaille avec des gens que j’apprécie. Après, c’est vrai que c’est des prises de risques, bien distinguer le privé du professionnel.
Il faut connaître la législation car si aujourd’hui tu veux être artiste, il faut connaître ses droits, etc. C’est impératif. Mais on est comme une grande famille, alors on s’aide.
Yoha: Oui, on a une grosse équipe avec les « ingés » en plus et une nouvelle fourmi qui nous rejoint petit à petit.

A ce niveau, Fundé, ça en est où au niveau des membres ? Vous comptez intégrer encore d’autres personnes ?
Yoha:
Non, là on a atteint notre niveau de saturation (rires).
Gouss: En fait, sur scène on est 9, et ce qu’on essaye vraiment de montrer en terme de structure autoprod, pour nous c’est d’avoir une équipe à coté du groupe qui soit super solide, donc ça passe par Adeline, Hélène...
Car quand on veut s’axer sur la promo, ça demande du temps et pendant ce temps on ne fait pas de musique.
Sinon pour en revenir au groupe, c’est un gros challenge d’être 9 aujourd’hui en connaissant la réalité économique. Mais on a la foi! Donc c’est tout un casse tête pour bien différencier le coté administratif de l’artistique.
Yoha: Et puis maintenant, on a une attaché de presse et un distributeur. On essaie de travailler de plus en plus avec des personnes du milieu professionnel et mettre en place quelques partenariats.

A suivre... Seconde partie de l'interview.

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