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Fundé – PART. #2

Première partie de l'interview

Nous allons maintenant préciser l’interview autour de l’album. Pour commencer, savoir comment est né l’album, quel a été le point de départ ?
Yoha:
L’album a été monté en autoproduction...
Gouss: Arrivé à un moment donné dans la vie d’un groupe, il faut se donner des points clés, des points charnières pour relancer la dynamique et donc pour avancer. Et c’est ce qui s’est passé, on a fait un 5 titres autoproduit qui ne satisfaisait personne et qu’on vendait sur nos tournées. Puis, on s’est dit qu’il fallait passer la marche au-dessus, c’est-à-dire sortir un album.
On s’est dit si on fait un album, on ne le fait pas à moitié, on va faire un vrai album, on va économiser, on va mettre de l’argent dedans pour avoir produit dont on est content. C’est donc arrivé après notre deuxième tournée estivale où on s’est dit qu’il fallait faire un album, qu’il fallait s’exposer vraiment. On ne voulait pas faire un premier album à la va vite. Cet album c’était donc un mix de morceaux plus anciens qui tournaient depuis un petit moment, depuis 2 ans déjà avec des titres comme "Résiste" qui datent de la formation du groupe mais qui évidemment ont été revisités depuis, et aussi de nouvelles compos comme "Absence" et "Tirer Les Leçons".

On peut maintenant aborder le côté production et voir comment se sont faites les rencontres notamment avec Al Chonville, Kana...
Yoann:
Une petite anecdote : Al Chonville, qui a été un des premiers à crée un village rasta en Martinique, a un de ses amis qui s’est rendu à Paris pour la première fois il y a un an. Il est venu à notre répète et a voulu nous présenter à Al Chonville. Il s’appelle Etoile, d’ailleurs c’est pour ça qu’on dit que c’est notre « bonne Etoile ». Il a été très touché par notre son et est allé voir Al pour lui dire « écoute tu peux pas les laisser dans leur cave, fais quelque chose, tu connais des gens ». A côté de ça, il y a un membre du groupe Kana (musicien au synthé) qui était entrain de monter sa boîte de prod. Al nous a permis de faire le rapprochement. Finalement on s’est retrouvé à enregistrer pendant 2 semaines dans ce studio situé dans le sud de la France à quelques kilomètres de Marseille, dans un cadre idéal, à Salernes.
Ça s’est fait comme ça, par des connections.
Gouss: Al nous a ainsi pris sous son aile et a fait le directeur artistique sur l’album. Après ces 15 jours d’enregistrement, on est remonté sur Paris pour tous les musiciens additionnels et les cuivres. Pour les cuivres, Stepper qui est saxophoniste et qui tourne notamment avec Sly and Robbie et les Jamaican All Stars ou encore qui a bossé sur l’album de Pierpoljak, donc assez connu dans le milieu, il est passé très sympathiquement 2 jours au studio ré-arranger un peu les cuivres, mettre ça en place. Ça a été une très bonne expérience. Ça fait partie des rencontres qu’on a pu faire pour l’album. Puis on est parti mixer chez Baobab...
Yoha: Sur conseil de Stepper justement puisqu’en fait, le studio à Salernes avec certains membres de Kana, c’était bien pour la prise de son mais c’était pas encore ce qu’on attendait en terme de mix et donc on a été dirigé vers Baobab qui travaillent entre autres avec Horace Andy et qui a fait des remixes de Max Romeo, etc.

Quand avez-vous fini d’enregistrer l’album ?
Gouss:
En fait, on l’avait en main avant l’été dernier, c’est à dire qu’on l’avait pour notre tournée. On a pu faire de la vente directe. Mais on le sort que maintenant et c’est un choix de notre part. On ne voulait pas le sortir trop tôt. On attendait vraiment d’avoir une exposition suffisante, se faire un peu connaître puisqu’étant en auto-prod ça représentait quand même des risques pour nous de faire ça. On allait donc sortir l’album à la rentrée, après notre tournée. Et puis en un accord avec le distributeur, on a décidé de le repousser d’un mois.
Yoha: Puis faut dire qu’on essayait de se mettre un peu en phase avec la réalité du terrain, puisqu’on a appris via notre distributeur que pour rester dans les Fnac, en tout cas un certain temps, il fallait déjà vendre sur 3 mois les 2/3 de ce que tu as déposé en stock.
Les régions sont indépendantes, tu peux être viré de certaines Fnacs. Par exemple à Strasbourg et rester sur Paris si ça s’passe bien. Fallais donc se propager parce qu’après t’es sur la liste noire si ton premier album ne marche pas. T’es connu comme un groupe qui ne vend pas d’album.

Pour continuer sur ce sujet, c’est Productions Spéciales qui distribue, comment avez-vous fait cette rencontre ?
Yoha:
Toujours grâce à Al (Chonville) qui nous a branché avec eux puisqu’ils ont fait pas mal leur beurre avec la sortie de Kana. C’est comme ça qu’ils ont bien monter leur boîte, ça leur a servi un peu de starter. Donc forcément, venant de la part de Al, le distributeur a du avoir une écoute un peu plus attentive que si on était venu frapper à sa porte comme ça.
Voilà c’est un peu grâce à Al qu’on a cette bonne distribution car Productions Spéciales est très à l’écoute de ce qu’on fait et nous conseille.

Pour revenir sur la rencontre avec Al, que vous a t il apporté sur le plan artistique ?
Gouss:
Al a été très présent car il est descendu les 15 jours avec nous. Il a été d’autant plus présent avec moi puisqu’il est batteur lui-même. Avec son oreille experte du Reggae, il a épuré un peu le son, il a « drivé » le groupe.
Yoha: C’est un scientifique du Reggae. Même après 30 ans, il court toujours après le groove. Alors que quand on l’écoute, c’est flagrant qu’il l’a.
Il pousse à aller vraiment dans la finesse pour essayer de se rapprocher du groove Jamaïcain.
Gouss: Al c’est un personnage. Quand on était en studio avec lui, il déposait vraiment une ambiance particulière. C’est quelqu’un de très animé dans le Reggae et quand il aime il jaillit, il bondit... Ca nous a beaucoup plu de travailler avec lui. Il a donné une vraie couleur à l’album. Increvable !
GéLion: Tant que la prise n’est pas bonne, il te fait répéter, répéter, répéter...
Gouss: Il m’a tellement dit de mettre le « charlé » en avant que je me suis déboîté l’épaule. Merci Al... Pour te dire à quel point il nous a poussé, moi quand je suis sorti le deuxième jour du studio, j’ai cru m’évanouir tellement c’était éprouvant. Tant que ça n’allait pas, il te faisait refaire pendant des heures. Tu sors du studio, tu vacilles, t’en peux plus. A la fin, on bossait 20 heures sur 24. Il y avait une équipe qui faisait les prises le matin puis quand elle partait se reposer, une autre prenait la relève. C’était donc une ambiance très particulière.
GéLion: Moi, à la fin, j’étais aux percus le matin et au chant le soir et la nuit; jusqu’au lendemain où j’enchaînais avec les percus parce les percus et les choeurs, ça se posent en dernier. Donc, j’ai eu les 2 en même temps... C’était pas mal, une bonne expérience. Que du studio non-stop pendant 3 jours. J’ai appris beaucoup en 3 jours.

Au sujet des thèmes abordés dans vos chansons: vous avez une ligne particulière de messages à faire passer ? On ressent beaucoup d’amour, non ?
Yoha:
C’est clair qu’il y a beaucoup d’amour mais le problème de l’emploi du mot "amour" c’est comme "Dieu", ce sont des mots qui sont tellement employés dans tous les sens, c’est tellement large...

Pourtant, lorsque vous parlez dans vos chansons d’ouverture vis-à-vis de son prochain ou de personnes qui nous sont étrangères, c’est quand même de l’amour ?
Yoha:
Bien sûr, mais moi pour parler de l’album ce n’est pas le terme que j’emploierai même si c’est criant là dedans. Justement en parlant d’amour, ça pourrait être mal interprété. Toi qui a écouté l’album et qui a une certaine sensibilité, on voit tous de quel amour on parle. Ce n’est pas l’amour rose, c’est un amour plus profond. C’est une sorte de positivisme face à la souffrance ou des choses qui amènent à la souffrance comme par exemple qu’il n’y a pas d’éducation spirituelle pour une bonne majorité de nos enfants.
Ce qui se dégage, c’est un peu d’essayer de transformer ce qui fait mal en quelque chose de bien.
Gouss: On ne s’attaque pas si tu veux à des problèmes terre à terre. On ne va pas parler d’un sujet précis, un sujet d’actualité. C’est plus de la réflexion sur comment va réagir chacun face à différentes situations. Parfois, il y a même des clefs là dedans pour des gens qui sont un peu perdus, ça donne des bases pour une réflexion différente. En fait, on s’attaque vraiment à la base de nos problèmes c’est-à-dire les relations humaines et la manière dont on réfléchi. Et c’est ça finalement, qui va donner la direction au monde. C’est ce que j’apprécie dans les textes.

Un petit mot peut-être pour conclure cette interview ?
Yoha:
A froid, j’ai déjà envie de dire merci... J’ai été étonné de ce que tu nous as dit en venant ici; c’est-à-dire du bon retour des gens de JAHSound.net
J’ai vu qu’il y avait pas mal de bons commentaires sur le forum, à part un qui n’aimait pas ma voix...
C’est aussi la loi d’internet...
Yoha: Non non, mais ce n’est pas négatif. Je considère avoir une voix spéciale donc c’est certain qu’il y a des gens qui l’aimeront et d’autres pas. Moi, ça me pousse de l’avant, ça me fait bien kiffer, ça me donne envie de continuer.

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