marcia griffiths lyon

Marcia Griffiths

Tout d’abord merci de m’accorder de votre temps alors que le bus est prêt à rentrer à l’hôtel.
Marcia Griffiths :
C’est normal ! On a besoin l’une de l’autre, tu publies mes messages et promeus mon travail.

Quel est votre plus grand souvenir avec les I-Trees ?
Marcia Griffiths :
Avec les I-Trees ! Wow, tout est inoubliable ! Je ne trouve pas les mots pour décrire notre rencontre car en fait je sais que ceci a été ordonné par Dieu Tout puissant. Ce n’était pas une coïncidence. Ordonné par Dieu, je te dis ! On s’est rencontré à l’époque où Bob Marley et ses Original Wailers avaient des soucis, donc nous sommes tombées au bon endroit juste au bon moment. Vraiment organisé par Dieu !

Quand s’est passée cette fameuse rencontre ?
Marcia Griffiths :
Je connaissais déjà Rita, que j’avais rencontrée avec Bob en allant un jour au Studio One en 1964 à l’âge de 11 ans, puis j’ai connu Judy plus tard.
Les I-Trees se sont formées quelques années après, nous avons été invitées à faire quelques harmonies au Studio One chez Mr Dodd et on s’est retrouvées toutes les 3 au studio. J’avais un concert programmé pour le week-end et j’ai proposé à Judy & Rita de faire les chœurs ! Elles ont été enchantées et ont accepté !
J’étais déjà chanteuse solo, j’avais des tas de contrats mais je n’avais pas de choristes, alors je leur ai demandé de m’accompagner. Elles sont venues et ça a été MA-GNI-FI-QUE !
On était 3 chanteuses, 3 individus mais la réunion des trois, ça a été magique et ça a beaucoup plu au public qui nous a encouragé à former un groupe ; et c’est ce qu’on a fait.

Et ce n’était pas trop dur de gérer 3 fortes personnalités, il n’y avait pas de conflit de leadership ?
Marcia Griffiths :
Oui, 3 forts caractères, mais ça a merveilleusement bien fonctionné.
A cette époque j’avais déjà ma carrière, j’étais connue, Judy démarrait à peine. Dès que j’ai commencé, j’étais partout la chanteuse de service. J’ai eu pas mal de prix de la chanteuse de l’année, Rita et Judy étaient mes choristes.

Et que pensez-vous des jeunes artistes féminines actuelles ?
Marcia Griffiths :
Mon sentiment ? Le meilleur de tous ! Depuis toujours, dans mes chansons j’ai encouragé les femmes, j’ai dédié des chansons à certaines chanteuses et le meilleur des feelings pour moi aujourd’hui ce n’est pas l’argent. Car je n’ai jamais vraiment touché l’argent auquel je pense que j’aurais pu prétendre, mais le plus beau des accomplissements aujourd’hui c’est de savoir que toutes, je dis bien toutes, les jeunes chanteuses qui ont émergé ont déclaré que j’ai été une inspiration et un modèle pour elles. Et ça, le « Marcia tu nous inspiré », au fil des années c’est la plus belle récompense.
Même Sister Carol ! Chaque fois que je joue à New-York, elle vient me voir en concert et elle ne cesse de me dire combien je l’ai inspirée.
Et c’est vraiment un sentiment merveilleux que de savoir qu’on peut avoir une influence si positive.

Et vous-même, quelles artistes vous ont inspiré, lesquelles vous ont donné envie de chanter ?
Marcia Griffiths :
J’ai trouvé de la motivation et de l’inspiration avec Aretha Franklin, Nina Simone, Dionne Warwick, et la toute première chanson que j’ai chanté sur scène était « No Time To Loose » de Carla Thomas. J’écoutais beaucoup ces chanteuses tu sais.

J’aime bien votre version de "Young Gifted And Black"
Marcia Griffiths :
Tu sais que ça a été n°2 des charts anglais ?! Ah, c’était avec Bob Andy ! Normalement, on la chante sur scène en duo avec mon fils sur les tournées européennes mais là, elle n’est pas dans la liste.

Vous avez eu la chance de participer à la cérémonie d’inauguration de l’état de Zimbabwe, quel souvenir vous a laissé cet événement historique ? Chanter "Zimbabwe" au Zimbabwe naissant...
Marcia Griffiths :
Ah ça, ma fille, c’est un moment d’histoire mais aussi un drôle de souvenir pour moi ! Tu sais quoi ? Bob Marley a prouvé au monde qu’il ne faisait pas que prêcher dans des chansons mais bien qu’il vivait la révolution.
Quand on s’est retrouvé sur scène, il y a eu des gaz lacrymogènes, et dès qu’on a senti ça, tout le monde, y compris nous, les I-Trees, on a eu peur et on a détalé ! Mais Bob lui, est resté là, il était prêt à continuer, à faire ce qu’il avait à faire devant ces gens, alors que moi je croyais que c’était la guerre !
Depuis que je suis toute petite j’entends mon grand-père me parler de la Rhodésie et c’est toujours des histoires de guerre ! Alors quand tout ça a commencé, j’ai levé les yeux au ciel et j’ai dit « Dieu, tu m’as amené ici pour prendre ma vie ? En Rhodésie ? ». Il y avait des tanks de l’armée partout comme si tout le monde était prêt à entrer en guerre mais Bob Marley est resté sur scène et nous on a couru jusqu’à l’hôtel comme si nous vies en dépendaient !
Quand tout s’est calmé Bob a fini le show. Après ce concert, quand il a vu la manière dont on s’est échappé, le laissant là, il nous a regardées dans les yeux et il a dit :
« Maintenant on sait qui sont les vrais révolutionnaires ! » Oh ! On avait honte !

Vous vivez toujours en Floride ?
Marcia Griffiths :
En fait, je vis entre la Floride et la Jamaïque. Je ne pourrais jamais quitter la Jamaïque, se sont mes racines, ma fondation, je reste en Floride parce que mes enfants vont à l’université et que c’est là que sont les opportunités. Là, je suis en train de terminer mon album "Marcia & Friends" avec tous ceux qui ont un jour collaboré avec moi tout au long de ces 45 années. Tous les chanteurs, tous les DJ’s et même 7 jeunes artistes. Beres Hammond, Bunny Roggs, Freddy Mc Gregor, Tony Rebel, pour ne citer qu’eux. Et des Dj’s : Beenie, Bounty Killer, Capleton, U-Roy, Gentleman, Cutty Ranks et 7 jeunes talents, Queen Ifrica, Etana, Lady Saw, Damian Marley... C’est un double album.

Vous avez des enfants, comment gériez-vous les tournées quand ils étaient petits ?
Marcia Griffiths :
J’ai 3 fils dont un est sur scène avec moi. Non, ça n’a jamais été un souci. Je les emmenais en tournée quand je pouvais, mais sans jamais leur faire rater l’école parce que tu sais l’éducation c’est tellement important ! Qu’est-ce que j’ai dépensé en coups de téléphone ! Il fallait absolument que je communique avec eux tous les jours, ils sont ma vie, je suis la mère et le père à la fois, leur père est décédé quand ils étaient très jeunes alors tu sais je suis vraiment très proche d’eux.

Un petit mot à propos de Miss Lou ?
Marcia Griffiths :
Oh ! Miss Lou ! C’était vraiment une femme très très spéciale. Les jamaïcains aiment Miss Lou et Miss Lou a engagé son nom, son travail, sa vie pour promouvoir notre langue, tout comme Bob Marley et plein d’entre nous qui avons vraiment porté la bannière et le drapeau de la Jamaïque. J’adore Miss Lou pour son travail, pour son investissement. Tu sais, j’écoute Miss Lou depuis le « Lou & Ranny Show » à la radio. J’avais 6 ou 7 ans, c’est une légende, une vraie légende ! Elle est juste unique en son genre, au même titre que Bob Marley.

Marcia, merci pour cet entretien. C’était un honneur de converser avec vous.
Marcia Griffiths :
Merci à toi de m’avoir reçue et plein de bénédictions !

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