Pablo U Wa

Pablo U-Wa - Part. #1

D’où vient ce nom Pablo U-Wa (prononcer You-oua ndla) ?
Pablo U-Wa:
Pablo U-Wa vient de Paul qui est mon prénom, et U-Wa qui vient de Wayou qui est mon nom et U-Wa dans ma langue veut dire "cet enfant là". U wa !

Tu chantes en français, en anglais et en bété. Pourquoi ces trois langues ?
Pablo U-Wa:
Si j’avais la chance de parler toutes les langues et dire ce que je pense dans toutes les langues, cela aurait été un bonheur pour moi. J’ai eu juste ce bout de bonheur de parler français, anglais et aussi bété, et c’est pas un choix, j’aurais pu parler plus, mais c’est ce que je pouvais utiliser comme langue.

C’est aussi une manière de diffuser le message universel de rasta ?
Pablo U-Wa:
Oui ! Aussi ! Parce qu’aujourd’hui on parle autant français qu’anglais, le bété ça reste un clin d’œil familial parce que je suis bété d’origine, je suis donc de la Côte d’Ivoire, l’Ouest de la Côte d’Ivoire précisément. Et l’anglais parce que pour moi l’anglais c’est une langue que j’apprécie beaucoup, une langue qui se propage plus facilement, une langue qui se parle bien, une langue qui s’écoute aussi bien, et autant dans la chanson que dans la littérature. Et le français, comme je suis d’origine ivoirienne, j’ai eu cette chance là d’apprendre cette langue qui est le français parce que la Côte d’Ivoire a été colonisée par la France donc ma première langue à l’école a été le français.

Tu apparais sur la compilation "Ivoir Sound System" qui est passée relativement inaperçue en France. A-t-elle eu un impact plus important au pays ?
Pablo U-Wa:
Non, non, la compilation "Ivoir Sound System" s’est limitée en France. Je pense que ça aurait pu être un bon projet, ça aurait pu être une bonne idée de prolonger encore ce projet et que ça dure. Je ne sais pas réellement ce qui s'est passé mais pour moi ça a été une participation à une idée à laquelle j’ai adhéré à la base. Aujourd’hui j’espère que tout n’est pas mort totalement et j’espère que les gens pourront, sinon les collaborateurs, pourront toujours amener ce projet le plus loin possible.

Tu viens donc de sortir ton 3ème album intitulé "Unité". Peux-tu nous en dire un peu plus sur sa réalisation? Est ce l’album de la maturité ?
Pablo U-Wa:
Alors l’album de la maturité... Je pense que la maturité ne s’arrête pas. Le jour où on n’a plus de souffle pour respirer alors on a fini sa maturité. C’est l’album de la continuité je dirai et la réalisation de cet album a été pour moi un bonheur parce que c’est l’album que j’ai réalisé moi-même, dont j’ai réalisé les prises de son, le prémixage, avant d’arriver au mix, avec mon très cher ami Timour, et je pense que ça a été un tout, un travail d’expérience. Parce que je l’ai enregistré dans mon propre studio. Et avec tout un temps de bonheur que j’ai pu avoir autant en me levant de mon lit, une petite inspiration qui me passe par la tête et puis je dis, "tiens cette idée là c’est elle qui faut pour ce moment là." C’est pour ça d’ailleurs que la plupart des chansons sont un peu gérées d’une manière ciblée parce que je vis le moment et c’est ce moment là qui m’inspire, ce moment pour les dénonciations parce qu’il y a beaucoup de choses qui se passent, en ce moment. Je crois que ça se remue un peu partout. Et c’est peut être une occasion pour que tout le monde ait un peu le réflexe de dire : "au fait, il y a quelque chose qui ne va pas, il faut qu’on se réveille."

Peux-tu nous en dire un peu plus sur le groupe qui t’accompagne sur cet album ?
Pablo U-Wa:
Alors le groupe qui m’accompagne, d’abord c’est un groupe d’amis. Je dis amis mais je peux dire frères parce que dans le rastafarisme, c’est famille. Des amis qui ont toujours été avec moi, qui m’ont soutenu, qui m’ont donné encore cette force d’aller au bout de ce projet. Il y a donc Nono de In Out Experience qui a toujours été là quand j’en avais besoin et qui m’a soutenu. Franck Boré, qui est le guitariste, qui est toujours là et qui n’a pas hésité à venir apporter son p’tit doigt de guitariste. Sting qui est un super bassiste parisien et qui a toujours été là quand j’ai eu besoin. Il fait partie de ma famille, ma famille musicale et aujourd’hui cette équipe qui continue à suivre mon projet. Ce sont des gens que je peux compter dans ma famille musicalement parce qu’ils sont des musiciens qui sont sains d’esprit et qui ont une volonté qu’il faut d’ailleurs allouer à tous les musiciens qui font partie de ce mouvement là parce que ce n’est pas un métier facile.

Pourra-t-on les voir dans les concerts qui vont venir ?
Pablo U-Wa:
Oui oui, justement Nono à la batterie, il sera toujours là, Sting il est toujours là à la basse, Charlie aux claviers, il sera toujours là, il y a Philippe au trombone qui est là, Olivier le saxophoniste qui est là, Rhym qu’on a connu sur d’autres scènes avec Tiken Jah, qui jouait déjà avec moi avant de jouer avec Tiken Jah, elle sera là en tant que choriste. Agathe Sarrawi aussi sera là pour les chœurs. Tous ces musiciens là seront bientôt sur scène au festival Noisy Reggae le 29 octobre à Noisy le Grand.

Cet album a-t-il eu un accueil favorable ? As-tu déjà eu des retours depuis la sortie ?
Pablo U-Wa:
Le combat continue parce que cet album vient de sortir. Et il y a un travail qu’il faut mettre en place, qu’on a mis en place, et qui fait son petit chemin. C’est vrai qu’on a commencé par un clip qui est diffusé depuis fin juin sur M6. Ce clip passe correctement, les gens l’apprécient et jusqu’à présent ça passe encore et il y a un travail promotionnel qui se fait aussi en parallèle : presse, radio, tout ça. Le retour, ce qui est déjà intéressant, c’est qu’il y a des échos, des échos positifs. C’est ça que je trouve très intéressant.

Tu es fortement impliqué dans la scène française depuis une vingtaine d’années, comment vois-tu son évolution ?
Pablo U-Wa:
Aujourd’hui je pense que l’entrée du tuyau se resserre un peu parce que les choses deviennent de plus en plus difficiles. Est-ce pour étouffer le Reggae ? Mais bon, d’après mon vécu, je pense que le Reggae est une musique solide qui va encore faire son chemin alors peut être qu’il y a un moment de repos mais la scène parisienne peut rebondir, peut nous faire sa p’tite surprise encore une fois et rebondir et remettre encore les artistes Reggae sur scène. J’y crois très très très fort et je pense que cette scène, il y a une chose qu’il faut attribuer à l’esprit parce que tout va avec les évènements, parce que simplement le Reggae bouge avec les évènements, le Reggae bouge avec la vie de tous les jours. Il faut comprendre que si aujourd’hui il y a un calme c’est parce que les gens ont besoin de réfléchir et dire le meilleur des choses et apporter les meilleurs éléments. Ce que je peux souhaiter à cette scène parisienne : relevez la tête et écoutez un peu plus le Reggae.

Tu as un site internet bien conçu (www.pablo-uwa.com), est-ce un outil de communication indispensable en ce 21ème siècle ?
Pablo U-Wa:
Au départ, moi je suis quelqu’un de très enraciné donc c’est vrai que tout ce qui est informatique, je le trouvais un peu fictif mais j’ai trouvé à travers Internet qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire et Internet nous apporte beaucoup. Ce site aujourd’hui a été conçu pour mieux diffuser des informations, pour mieux partager notre univers et je crois que le site et le réseau Internet nous apporte beaucoup dans notre métier.

Tu as grandi en Côte d’Ivoire et par la suite rejoint la France. Comment les gens perçoivent-ils rasta là bas ?
Pablo U-Wa:
La Côte d’Ivoire est un pays formidable. C’est un pays formidable dans le sens où moi-même comme je suis arrivé ici très jeune je n’ai pas eu le temps d’analyser ce bonheur. Parce que quand un enfant à 11 ans débarque dans un pays, il n’a pas le temps de comprendre ce qui se passe dans ce pays là, il est guidé. Ça a été mon cas. J’avais même peur que mon père un jour vienne ici et me trouve avec une barbe, avec des dreadlocks. Mais quand mon père est arrivé ici, il était heureux de me voir comme ça... et curieux ! Il m’a posé toutes ces questions (Pablo prend une voix douce ndla) : "mais qu’est ce que ça signifie ? C’est quoi (Pablo touche ses dreadlocks ndla) ? Pourquoi tu as ces cheveux ? C’est une histoire ? Il y a quelque chose ?". J’étais très heureux de lui faire comprendre et de lui expliquer ce que c’était le rastafarisme.
Et là ! Je suis reparti en Côte d’Ivoire pour la première fois, là je me suis senti chez moi. Parce que je n’étais pas rejeté, j’étais même adoré. Donc le rastafarisme, on va dire aujourd’hui : "mais c’est dans l’Histoire. Il y a beaucoup de Reggaemen qui sortent de la Côte d’Ivoire. Et on a l’impression que la Côte d’Ivoire est quand même la troisième capitale du Reggae (après Kingston et Londres ndla)". Parce que le Reggae est bien reçu, les rastas sont bien reçus et respectés.

Pablo U-Wa - Part. #2

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