Pablo U Wa1

Pablo U-Wa - Part. #2

Pablo U-Wa - Part. #1

Elargissons cette interview, les élections prévues le 30 octobre en Côte d’Ivoire ont été annulées. Quelle est ta vision de la situation là-bas ?
Pablo U-Wa:
Alors moi je pense que c’est tout à fait normal, on ne peut pas faire des élections quand un pays est divisé en deux, sinon on fait des élections avec la moitié du pays, ce qui n’est pas correct. Et si ça a été annulé, je pense que c’est bien sage de l’avoir annulé et de prévoir des choses plus saines. Il faut comprendre que la Côte d’Ivoire est un exemple dans l’Afrique de l’Ouest pour ce qu’on peut appeler aujourd’hui la délivrance et la liberté. Parce que l’Afrique n’est pas encore libre, on ne peut pas se le cacher, l’Afrique est encore sous la force du colonialisme et si la Côte d’Ivoire a réussi à dire non et la Côte d’Ivoire à réussi à travers son président à dire stop au colonialisme aujourd’hui, je pense que c’est un bon exemple pour tous les autres pays africains pour faire les choses dans les normes. Parce que l’Afrique aussi a besoin de démocratie et de sa liberté. Ce qui importe aujourd’hui c’est que les élections vont avoir lieu. On ne sait pas dans quelles conditions mais ce que je conseillerai à mes frères ivoiriens c’est de comprendre que la décision de la Côte d’Ivoire et l’avenir de la Côte d’Ivoire appartient et doit appartenir à la Côte d’Ivoire sinon à l’Afrique.

Comme tu le disais l’influence du colonialisme et donc de la France pour la Côte d’Ivoire est indéniable. Comment analyses-tu cela? Est-elle justifiée ?
Pablo U-Wa:
Oui cette influence est justifiée. Aujourd’hui je peux citer quelques exemples, on peut regarder tout autour de nous. On apprécie un président dans toute l’Afrique quand son gouvernement s’entend avec l’Occident. Tant que le président ne s’entend pas avec l’Occident, celui là est un mauvais président. Et celui qui s’entend avec l’Occident, c’est celui qui ne se bat pas pour son pays c’est ce qui est l’exemple aujourd’hui : Gbagbo pour qui je ne prends pas parti, que je ne choisis pas mais dont je suis pour les idées. Gbagbo a été élu par le peuple. Ce n’est pas un président qui a fait un coup d’état pour en arriver là. Ce n’est pas un président qu’on a pris comme une boite, et on l’a mis là pour dire dans ta boite on regroupe tout et on récupère pour nous, il a été élu par le peuple. Si les Africains doivent être conscients de l’avenir pour l’Afrique, il faut qu’ils sachent que le président du peuple et élu par le peuple, et être président dans ce pays là, ce sont les présidents qui seront pour le bien, pour la défense et pour le maintien de la sécurité et le bonheur de ce pays.
Gbagbo est le président qu’il faut à la Côte d’Ivoire parce que c’est lui que la Côte d’Ivoire a choisi. Et je pense que le colonialisme est justifié dans le sens où ce ne sont pas les Ivoiriens qui se battent pour le faire partir, parce que ce sont eux qui l’ont mis là. La preuve c’est que c’est l’Occident qui veut l’enlever. Et pourquoi? L’Afrique est libre. L’Afrique peut décider. Les Ivoiriens sont libres donc les Ivoiriens peuvent décider.
Alors dans un coin de ma tête, j’ai une petite idée: je dis toujours je ne peux pas me battre parce qu’il me manque un bol de riz tandis que j’ai des cargos et des camions de kalachnikov. Si je peux m’acheter des camions de kalachnikov, je ne pourrais jamais me battre parce qu’il me manque un bol de riz. Si j’ai pu m’acheter des armes, c’est que je peux m’acheter mon bol de riz. D’où sortent les armes pour pouvoir attaquer le gouvernement alors qu’on se plaint ? C’est là la vraie question. Et d’où sortent les armes alors qu’en Afrique il n’y a pas une usine d’armement. C'est là la question qu'il faut se poser.
Gbagbo il a tout donné. Il a été l’unique président à avoir dit : « On tue ma famille et je partage tout avec toi pour qu’il y ait la paix. » Personne ne l’a fait. Je veux dire encore une chose : il a été élu, il a été très bien élu. En France on a vu l’élection de Jacques Chirac qui a été élu, mais mal élu, parce qu’il fallait contrecarrer le Front National. Il n’y avait pas à contrecarrer quelqu’un pour mettre Gbagbo au pouvoir, ils l’ont choisi. Donc laissez les Ivoiriens soutenir leur président et se battre pour leur bonheur.
Il y a encore un exemple que j’aimerais bien souligner: parmi tous ces gens qui parlent pouvoir, qui crient pouvoir, qui est ce qui nous parle de plan politique? Qui est ce qui nous parle de projet politique? Il est le seul qui a parlé pour la santé des Ivoiriens, qui a parlé de sécurité sociale. Il est le seul à avoir dit que les Ivoiriens sont les premiers producteurs de cacao. Pourquoi ils ne bénéficient pas de ce produit là? Pourquoi la Côte d’Ivoire qui est le premier producteur mondial de cacao n’a pas la bourse du cacao? Et pourquoi la bourse du cacao se trouve à Londres, si on est les premiers producteurs de cacao? C’est là qu’il faut se poser des questions. C’est le seul qui a pu le dire. C’est le seul qui a réussi à dire que tous les enfants ont le droit d’aller à l’école, et donc à l’école gratuite. Dans son pays, parmi tous ceux qui parlent, il n’y en a pas un seul qui nous a proposé un projet, alors s’il a ce projet, qu’on le laisse le mettre en place. Je crois que celui-là parle pour le bonheur de la Côte d’Ivoire, et c’est lui qu’il faut à la Côte d’Ivoire.

Au cours des précédentes campagnes pour les élections, il y a eu beaucoup de problèmes autour de l’ivoirité, peux-tu nous en parler ?
Pablo U-Wa:
Alors je pense que l’ivoirité, avant de comprendre ce que c’est, on doit rentrer dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Parce que je me rends compte aujourd’hui qu’autour de nous et même en Occident, on parle d’un problème mais on a jamais cherché à comprendre d’où sort le problème avant même de juger le problème. Moi je dis qu’il y a un problème. Gbagbo il est arrivé hier. Quand je dis hier, c’est que ça fait 5 ans qu’il est là. Pourtant ça fait 30 ans qu’il se bat contre Houphouët-Boigny. Il n’y a jamais eu d’élection en Côte d’Ivoire. C’est ça qu’il faut que les gens sachent. L’ivoirité, lui l’a trouvé là. Et l’ivoirité, vous savez d’où ça vient ? Ça vient de Dakar. Depuis 1960. C’était les étudiants ivoiriens qui y allaient parce que dans le temps, l’université se trouvait à Dakar, donc tous les Africains allaient à Dakar. Et c’est là, la communauté ivoirienne s’est réuni là bas, ils avaient leur communauté et ils ont mis en place pour leur communauté l’ivoirité pour s’identifier. Et ça personne ne le savait à part les anciens au temps d’Houphouët-Boigny. Quand Houphouët-Boigny est mort, je ne sais plus si c’est en 93, par-là (Houphouët-Boigny est décédé le 7 décembre 1993 ndla). C’est donc ce même Houphouët-Boigny après sa mort qui a mis son fils Bédié. Avant juste ils avaient bien préparé leur coup, quand il est mort, ils ont mis Henri Konan Bédié. Quand Henri Konan Bédié est arrivé, c’est lui qui a sorti pour la première fois l’ivoirité. Mais quand je parle de ça c’était déjà dans les années 93-94, ok ? Quand c’est arrivé là, il a eu le conflit avec Alassane Ouattara qui était le Premier ministre et comme Henri Konan Bédié était le président de la République, il a traité Alassane Ouattara d’étranger. C’est comme ça qu’Alassane Ouattara a fuit la Côte d’Ivoire pour s’exiler en Europe. Il y a beaucoup de chose à apprendre de cette histoire donc l’ivoirité existait déjà. Quand Ouattara était ici en 99, fin 99, au moment où Konan Bédié était au pouvoir et encore là il faut comprendre, j’aurai une petite parenthèse pour tout à l’heure. Il y a eu un coup d’état fin 99 par Gueï, le général Gueï. Quand Gueï a fait un coup d’état, il est venu, il a eu ce discours en disant: je suis venu pour balayer, donc balayer, organiser ensuite des élections. Les Ivoiriens n’ont pas eu envie d’avoir un président militaire. Mais le problème de Ouattara existait encore. Quand il a eu à préparer des élections, le général Gueï, Laurent Gbagbo avec tous les anciens politiques on dit: en fait Henri Konan Bédié est parti, le pays est presque à genoux. Il faut rappeler tous nos frères qui sont en exil pour revenir, pour qu'on fasse des élections. C’est comme ça qu'Ouattara est rentré en Côte d'Ivoire. Il y a eu des soupçons disant que c'était lui qui avait organisé le coup d'état. Je ne sais pas, ça n'a pas été prouvé mais c'est des soupçons qui étaient dans l'air. Qu'est ce qui c'est passé entre temps ? Il y a eu la préparation des élections. Ouattara devait se présenter mais en fait quand Henri Konan Bédié était là dans la constitution il était dit que Ouattara n'était pas Ivoirien et pour se présenter, il fallait être Ivoirien. Il y a eu un forum de réconciliation qui a été organisé. Il y a eu des élections. Ouattara n'a pas pu se présenter parce que personne ne pouvait changer la constitution de la Côte d'Ivoire sans referendum. Ce referendum qui a été refusé par le parti d'Alassane Ouattara qui est le RDR (Rassemblement Des Républicains ndla) et il demandait simplement qu'il fallait donc changer cet article.
L'ivoirité n'est pas un article politique. Ça n'a jamais été marqué dans la constitution de la Côte d'Ivoire. Il y a juste à dire que si tu n'es pas de mère et de père ivoirien, tu ne seras pas candidat aux élections, point. Donc il y a eu ce problème qui n'a pas été résolu et il y a les élections. Gbagbo a remporté ces élections parce que le général Gueï a perdu et a même fuit avec les urnes parce que le peuple n'en voulait pas, soit disant qu'on ne voulait pas de militaire au pouvoir. C'est le peuple qui est allé chercher les urnes et dépouillé les urnes et c'est là qu'on découvre que Laurent Gbagbo était président. Arrivé au pouvoir, ce problème d'ivoirité existait encore. Et le problème d’Alassane Ouattara qui n’était pas Ivoirien existait, et il fallait qu’il soit ivoirien absolument, alors voilà ce que Gbagbo a proposé: un forum de réconciliation nationale qui a duré 3 mois, où tout le monde avait le droit de parler (…) pour pouvoir retrouver l’esprit de tout le monde, pour pouvoir trouver une solution à ce problème. La seule chose qu’il fallait faire c’était un referendum. Ce referendum a été refusé. C’est un problème qui en est resté là.
Je fais une parenthèse en disant, on parle d’ivoirité, on parle d’étranger mais je rappelle une chose: au temps d’Houphouët-Boigny, Alassane Ouattara était le Premier ministre en Côte d’Ivoire et c’est lui qui a créé la carte de séjour en Côte d’Ivoire. Il n’y avait pas de carte de séjour en Côte d’ivoire. Alors quand tu crées une carte de séjour dans un pays, c’est pour qui?

Pour les étrangers ?
Pablo U-Wa:
Oui, à mon avis c’est pour les étrangers les cartes de séjour. Pourquoi on a créé cette carte de séjour? L’ivoirité, Laurent Gbagbo l’a trouvé là, la carte de séjour, il l’a trouvé là, la constitution, il l’a trouvé là. Laurent Gbagbo, il a été élu par le peuple. Il n’est rien d’autre que le président de ce pays. C’est pas à lui de changer la constitution, il l’a trouvé là. C’est le peuple qui doit décider pour changer la constitution. En 2002, il y a eu le coup d’état, la tentative plutôt je dirais. Laurent Gbagbo au moment où il mettait ce projet en marche, la sécurité sociale, le cacao. Qu’il fallait dire pour le cacao maintenant au lieu d’acheter aux intermédiaires et les vieux qui travaillent dur et qui ne bénéficient pas de ce travail. Il faudra directement acheter à ces vieux. Dans le temps, le prix de cacao était, je parle en français, 1 franc 50 du kilo alors que la p’tite plaquette de chocolat coûtait 10 francs. Il a dit OK, ça va plus être comme ça. Il faut acheter directement aux vieux qui travaillent et ce sera 7 francs du kilo. Ça a été appliqué. Quand ils ont mis ça en place après il y a eu la reconstruction du pays donc des projets. Il s’est rendu compte qu’il y avait de l’argent de la Côte d’Ivoire qui était stocké au Vatican, qui était stocké dans le monde entier du temps d’Houphouët-Boigny. Je rappelle qu’il y a une basilique en Côte d’Ivoire (la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro ndla). Cette basilique n’appartient pas à la Côte d’Ivoire, ça appartient au Vatican. Et la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny a construit pour le Vatican (pour 250 millions d'euros ndla). Donc l’argent de la Côte d’Ivoire était stocké là bas. Au moment où il a cherché cet argent en Italie, il y a eu une tentative de coup d’état. J’étais bien à Abidjan, j’étais là bas. Je n'y étais paspour la musique, j’étais là bas pour des vacances. J’ai vu cette histoire. Il y a eu une nuit où 200 personnes ont été tuées. 3 heures du matin, les gens étaient bien dans leur lit. 4 heures du matin ils dormaient bien. Des gens brusquement arrivent armés jusqu’aux dents, plus armés que l’armée même du pays, ils viennent avec des armes, tuent des gens. Ils ont tué des ministres, ils ont tué des gens. Ces gens ont été repoussés jusqu’au nord. Alors est ce que c’est Laurent Gbagbo qui a pris les armes pour tirer sur les gens ce soir là, alors qu’il était au Vatican ? Qu’est ce qu’il a fait quand on lui a dit ça ? Il est revenu, il est rentré, il a déversé sa colère parce que c’est un être humain. Ils ont tué son ministre de l’intérieur. Ils ont tué ses amis. Il a déversé toute sa colère et il a accepté quand même le dialogue. Au moment où on dit la Côte d’Ivoire est coupé en deux, qui est ce qui a coupé la Côte d’Ivoire en deux ? Ce ne sont pas les rebelles qui ont coupé la Côte d’Ivoire en deux. Parce que si les rebelles voulaient, ils avaient le force d’obtenir ce qu’ils veulent, ils ne seraient pas partis jusqu’au nord. Parce que le jour où ils ont tué les gens, 3 heures – 4 heures du matin, ils étaient à Abidjan. C’est parce qu’ils n’ont pas eu suffisamment de force qu’ils ont été repoussés jusque là bas. Qui les a repoussés là bas ? L’armée ivoirienne, c’est pas l’armée française ni l’ONU. Par contre, une semaine après, on a vu que la barrière était faite entre Yamoussoukro et Bouaké, il y a 50 kilomètres, les centres je veux dire. Là, il y avait les barrages de l’armée française, les rebelles d’un côté, les Ivoiriens de l’autre. Alors c’est là qu’il faut se poser la question. Parce que le pays peut être bien barré, coupé en deux, mais qui coupe ? Ce ne sont pas les rebelles qui font le barrage. C’est l’armée française. Parce que je rappelle encore que le 4 novembre 2004, la Côte d’Ivoire était libérée. Et la Côte d’Ivoire a même reçu les félicitations de l’ONU. Parce que quand Gbagbo a pris le temps de s’armer et aller avec ses hélicoptères à Bouaké pour détruire les sites d’armement des rebelles, on a jamais dit qu’on avait tué un rebelle mais qu’il détruit les sites d’armement. Et quand ils sont descendus à Bouaké, il n’y avait aucun rebelle. C’est le troisième jour qu’on entend que des militaires français ont été tués. Alors je mets un point pour dire: ces militaires ont été tués, c’est malheureux. Ça c’est des choses qu’il faut comprendre. Pourquoi ces militaires ont été tués ? Et le site d’armement a été bombardé à Bouaké, alors qu’est ce qu’ils faisaient à Bouaké? C’est normalement les rebelles qui sont à Bouaké. Pourquoi ce sont des militaires français qui ont été bombardés ? Et où sont les enquêtes? Parce qu’il n’y a même pas eu d’enquête après que le gouvernement français décide d’aller détruire les armements et aller tuer les Ivoiriens. Même quand quelqu’un se suicide en France on fait des enquêtes. Même quand quelqu’un se suicide! Alors imagines quelqu’un qui a été tué, on peut quand même faire des enquêtes. Et moi je sais que comme le disait quelqu’un: j’aime les feuilletons comme Columbo, comme j’aime bien les beaux feuilletons de Navarro. C’est pas en 5 secondes que Navarro fait ses enquêtes. Donc quand des gens ont été tué, on fait des enquêtes. Pourquoi au juste on nous refuse de faire ces enquêtes là ? Est ce que c’est parce dans les cercueils qu’ils transportaient c’était des diamants, c’était de l’or, des rubis ? Là, c’est là qu’il faut se poser des questions. Je préfère m’arrêter là.

Ton compatriote Tiken Jah Fakoly a reçu des menaces contre sa vie et a dû s’exiler au Mali je crois. As-tu eu des menaces?
Pablo U-Wa:
Non, on ne peut pas dire que Tiken Jah a eu des menaces. Alors qui est Tiken Jah ? C’est un artiste comme moi, c’est un artiste comme tous les artistes. Pourquoi recevrait il des menaces ? Non. On l’a poursuivi ? Où est ce que ça a été écrit? Sur quel média on a annoncé qu’il était recherché ? Il y a une chose qu’il faut savoir, c’est quand tu aimes ton pays... Moi dans ma tradition, on dit: quand tu aimes une femme et quand elle porte une jupe déchirée, c’est toi qui lui dis : Chérie, ta jupe est déchirée, est ce que tu peux la changer? Alors quand tu aimes une femme, c’est toi qui l’habille. Si tu salis ta femme... Qu’est ce que tu diras si quelqu’un d’autre la salit ?
Il faut quand même comprendre que Tiken Jah ne peut pas être menacé en Côte d’Ivoire parce que le jour où il a écrit "Mangercratie", il y a des Ivoiriens qui l’ont appréciée. Et c’est en Côte d’Ivoire que ça a commencé avant d’arriver ici. Alors pourquoi la Côte d’ivoire le rejetterait. Il y a des gens qui disent bien des choses et qui vivent en Côte d’ivoire. Alpha Blondy vit en Côte d’Ivoire, pourquoi il n’est pas menacé ? Alors moi je pense qu’il est facile de dire je suis menacé alors qu’il n’y a pas de preuve. On lui a déjà tiré dessus? Moi je sais qu’il y avait quelqu’un, qui était artiste, qui avait sa vie menacé parce qu’une fois on lui a tiré dessus. C’était Marley. Et il est resté, quand il est parti à Londres, il est revenu en Jamaïque parce que c’est là son sang. Jusque là c’est en Jamaïque qu’ils ont enterré Marley. Moi si j’aime mon pays et que je dis des choses pour faire avancer les choses dans mon pays, des gens peuvent me dire : non ce que tu dis, c’est pas bon. Et je comprendrai. J’ai une tête pour réfléchir. Je ne peux pas fuir mon pays et aller dans un autre pays et de là bas parler. Je vous donne un exemple : l’ennemi te donnera les moyens si t’as besoin de ces moyens pour tuer ta propre mère. Si je parle mal de la Côte d’Ivoire aujourd’hui en France, je suis sûr que je suis au top ! Si Tiken Jah parle mal de la Côte d’ivoire, il sera soutenu en France. Parce que ça ne va pas entre la Côte d’Ivoire et la France, pas les Français, faut pas confondre les choses. Parce qu’il y a un système, il y a un gouvernement qui est en place, il y a un problème. Aujourd’hui pourquoi un militaire dans le pays arrive aussi facilement sur une radio en France pour menacer le pays en Afrique, alors que moi qui suis artiste, j’ai déjà du mal à aller faire diffuser ma musique sur cette radio ? C’est qu’on soutient ces actes. Si Doué, le colonel Doué, a eu le courage de de s’exprimer à la radio ici en France pour lancer des menaces contre le président Ivoirien, c’est qu’on lui en a donné les moyens. Il n’a pas agressé quelqu’un à la radio pour arriver là. On lui a donné les moyens parce qu’il était capable de dire des conneries sur son pays. Moi je suis ivoirien, bien que je vis en France depuis 20 ans et suis français de nationalité. Mais là où je suis né, je sais et je ne cautionne pas l’injustice. Parce que si la Côte d’ivoire est injuste demain, je lui dirais aussi. Si l’Afrique est injuste demain, je lui dirais aussi. Que ce soit contre la France ou la Côte d’Ivoire, peu importe. Si n’importe quel pays se met en face de la France pour être injuste envers la France, je le dénoncerai aussi. Parce que la France aussi est mon pays. Je vis là. Plus de la moitié de ma vie, je l’ai passé ici. Je connais plus la France que la Côte d’ivoire. C’est mon pays aussi, et quand il y a des choses qui vont pas, je le dis.
Ce qu’il faut comprendre c’est qu’on est dans un pays où l'on cautionne les actes des opposants. Dans quel pays on peut bien voir que des gens qui prennent des armes pour tuer des gens sont ceux qui méritent le pouvoir? On l’a vu à Marcoussis. Quand ils ont pris les rebelles, ils ont ramené les rebelles ici pour les dorloter, pour leur donner tout ce qu’ils veulent en disant que ceux là, ils sont mieux armés que l’armée du pays donc ils sont capables de gouverner le pays.
Et il leur fallait le ministère de la Défense, le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Justice. Où est ce qu’on a vu ça ? Alors pourquoi on poursuit les criminels ? Alors pourquoi on lutte contre le terrorisme ? Je pense que si on est venu leur tendre la main, dire : vous avez le pouvoir, c’est vous qu’il nous faut. Et le problème de la Corse. Cet homme là qui a tué, Colonna il s’appelle. Pourquoi le rechercher ? Est-ce qu’il est recherché pour être président de la République ? Ou il est recherché pour être mis en prison ? Je pense qu’il y a un problème.

No votes yet.
Please wait...