queen ifrica

Queen Ifrica

Queen Ifrica, merci d'accorder un peu de ton temps. Le show était très court mais intense ! Mais comme tu n'étais pas annoncée ça reste une bonne surprise de te voir sur ce tour !
Queen Ifrica:
je sais, mais au début de l'année prochaine, en mars il y a une tournée prévue. Donc là, c'est juste pour amorcer et en mars, il y aura les choses sérieuses !

Tu sais déjà avec qui tu partageras l'affiche ?
Queen Ifrica:
non, ils ne m'ont pas encore dit ça.

Tu as un album à venir bientôt ?
Queen Ifrica:
oui, ça y est : mon premier album. Il s'appelle "Fyah Muma". Il est sorti maintenant ! On l'a même amené avec nous en Europe, il est disponible là ! Mais je travaille déjà sur le suivant, il y aura des combinaisons cette fois.

Est ce que tu as des enfants ?
Queen Ifrica:
oui ! J'ai deux enfants : une fille de 5 ans et un garçon de 13 ans et quand je suis en tournée c'est ma mère, mes tantes, ma famille qui prennent soin d'eux. Je les appelle beaucoup quand je suis loin, mon fils, lui il veut toujours le dernier téléphone, le dernier cri... Et ma fille, elle, veut une guitare !

J'ai pu lire que tu participais à un programme qui tente de freiner le crime dans le ghetto, peux tu nous en parler ?
Queen Ifrica:
yeah ! Il s'agit de “The Committee For Community” (le comité pour la communauté). Il s'agit d'un groupe et nous agissons en tant qu'artistes, ils ont d'abord contacté Tony Rebel qui a ensuite invité Luciano et moi même. Il y a aussi des gens de ces communautés avec nous. Ce que l'on fait c'est aller dans les communautés chercher les habitués des rixes dans les différents quartiers et on les emmènent dans des endroits tenus secrets. Là, on les amènent à discuter de leurs différences et on arrive à des conclusions qui peuvent vraiment aboutir à un cessez-le-feu et à établir une certaine confiance entre eux . Et ça marche ! C'est en place depuis un an maintenant.

Tout ça sonne très positif !
Queen Ifrica:
On s'est rendu compte que ces jeunes renfermaient beaucoup d'amour et la plupart de ceux qui sont dans ces gangs n'ont pas eut l'amour d'un père et d'une mère en grandissant, leur père est mort par la violence des armes, des choses comme ça, et dans la tranche d'âge 24/30 ans, si tu les serres dans tes bras tu comprends vraiment la raison de leur colère tu sais, ils sont toujours sur le fil du rasoir...

Et ce projet inclut il aussi de la musique ?
Queen Ifrica:
oui ! On joue là-bas, on baisse les armes et on y va pour parler. On a fait un concert gratuit pour eux. Ca n'avait jamais eu lieu dans cette communauté et l'argent récolté a été partagé entre les quatre communautés du programme (Kingston 13 et du côté de Waltham Park), certains ont monté une boutique, d'autres ont monté un projet communautaire ou acheté des fournitures pour la rentrée scolaire ou même tout simplement ouvert un compte.

Mais toi tu n'as pas grandi à Kingston ?
Queen Ifrica:
non, je suis née à St Catherine et j'ai grandi à Belfont (St James), à la campagne. C'est pour ça que je me sens si touchée, je sais aussi ce qu'est la vie sans violence...

Te rappelles tu du Ja'Sound Festival ?
Queen Ifrica:
Comment pourrais-je oublier ! (rires)
C'était un merveilleux festival. L'énergie là-bas était puissante et j'espère y retourner un jour.

Pourrais-tu nous dire un mot à propos de Miss Lou ?
Queen Ifrica:
Miss Lou était une grande révolutionnaire, une grande dame. C'est elle qui a fait que la langue jamaïcaine a brisé les barrières et elle l'a fait de manière rebelle dans le sens où elle voulait que notre langue, notre culture soit ce qu'elle était vraiment: la nôtre. Elle a emmené cette culture là où elle n'était pas toujours la bienvenue et a réussi à la faire aimer.
La Jamaïque est triste de sa disparition parce qu'on trouve des gens passionnés mais pas animés d'une passion comme celle que Miss Lou avait. Elle était tellement dévouée à ce qu'elle a fait ! Jusqu'au dernier instant elle a été 100% Jamaïcaine dans tous les sens du terme! Elle va beaucoup manquer aux Jamaïcains. Quand on voyage à travers le monde, en Europe ou aux Etats-Unis et que l'on rencontre des gens qui parlent notre langue et qui te disent qu'ils l'ont apprise à travers la musique et qu'ils aiment tant ça, tu te dis : « waow ! » et ça c'est en grande partie grâce à Miss Lou. Qu'elle repose dans une grande paix avec beaucoup d'amour.

Un message spécial pour les lecteurs de JAHSound.net ?
Queen Ifrica:
l'Internet, c'est là que tout le monde est en ce moment. C'est bon si ça permet de dire des choses constructives qui d'une certaine manière t'élèvent. Nous sommes très sensibles à ce qui est en train de se passer au Darfour, au Soudan où il y a un génocide et quand tu vois que notre couleur de peau ou notre religion peut nous tuer ! C'est la guerre de religion ! Aucun d'entre nous ne sait exactement qui est le tout puissant. On aime un individu pour ce qu'il représente et l'on devrait apprendre à tous s'accepter les uns les autres quel que soit notre choix religieux. Se tuer mutuellement ne peut rien résoudre car la vie continuera toujours, le tout puissant a créé la vie pour nous tous, tu sais. Il faut que l'on soit plus tolérants, il faut accepter le soleil, la lune et arrêter de vouloir changer la création. Juste vivre comme UN peuple, tel qu'IL nous a créé !

Merci pour cet entretien et tes mots de sagesse.
Queen Ifrica:
merci au créateur, yes rasta !

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