ras shiloh

Ras Shiloh - Part. #1

Ras Shiloh: Hey ! Mais t'as vu le show qu'on vient d'avoir! Non mais t'as vu Michael Prophet à l'instant là ! Sa voix n'a pas bougé d'un poil depuis toutes ces années ! C'est la première fois que je vois Michael Prophet et je n'ai jamais vu Linval Thompson sur scène non plus !

Michael Prophet se fait un peu rare en Europe, et dans les médias aussi. Je n'ai pas trouvé des masses de choses sur lui sur Internet non plus...
Ras Shiloh:
Oui, mais parfois c'est mieux comme ça. Ca multiplie le plaisir quand tu as la chance de le voir.

Bonsoir Shiloh, merci de me recevoir. Je sais que ton temps est précieux et que tu ne veux pas rater une miette du show de Linval Thompson !?
Ras Shiloh:
Yes, greetings in the name of the most high ! Rastafari ! bienvenue !

Tu es né et as grandi à New-York n'est ce pas ?
Ras Shiloh:
Oui et New-York, Brooklyn, c'est vraiment ma ville. J'y ai une partie de mon cœur. A New-York quand j'étais tout jeune, on m'appelait 'Big Belly Bwoy' (rires) puis j'ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Oui, c'est à New-York que tout a commencé quand Bally m'a entendu chanter et qu'il a tout de suite dit : « Mais tu n'es pas un DJ, tu es un chanteur ! ». Il m'a vraiment donné ma chance. Mais maintenant j'habite en Jamaïque depuis quelques années parce que c'est là-bas le meilleur endroit pour faire du Reggae. C'est là que tout se passe dans le Reggae business. Si tu veux sérieusement être dedans il faut être en Jamaïque. A New-York, ils surfent plutôt sur la vague du Dancehall... La musique Roots pour moi est la meilleure qui ai jamais existé, la musique Roots n'a pas de frontière, la foule est toujours très mélangée, c'est positif. Des gens de toutes origines viennent pour partager ensemble une même énergie. Si quelqu'un marche sur le pied de quelqu'un d'autre ça n'est jamais un problème, juste de l'amour !

A quel âge t'es tu tourné vers rasta ?
Ras Shiloh:
Je ne dirais pas comme ça; je n'aime pas le mot tourner, je tourne le cornmeal (semoule de maïs, ndlr), je tourne le porridge (rires). J'ai découvert rasta vers 15/16 ans et j'ai compris que j'étais rasta. J'ai alors laissé pousser mes dreadlocks...

Mais les dreads ne sont pas indispensables pour être rasta (je lui fredonne Morgan Heritage "Don't Haffi Dread")...
Ras Shiloh:
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça, pour moi les dreads sont partie intégrante de rasta. Les locks, c'est aussi un moyen de montrer à Babylone que je ne suis pas d'accord avec ce système. Maintenant, il est vrai qu'il y a des « wolves » et que certaines personnes sans dreads vivent purement, dans l'amour de Jah, c'est parce qu'ils ne savent pas encore qu'ils sont rastas !

Quels sont tes souvenirs de Bagnols 2005 ?
Ras Shiloh:
Je ne trouve même pas les mots tellement c'est big là-bas ! Tu vois, des vibes comme ça, tu ne les trouvent pas partout, loin de là ! Ca me réchauffe le cœur. Ca fait tellement plaisir de voir la France qui bouge comme ça. Tout est bon là-bas : le crew du festival, le public et la programmation...
Il se passe beaucoup de choses positives en France. Je viens de découvrir le "Hand Kart Band". Hey, je veux faire une tournée avec eux ! C'est eux qui m'ont accompagné ce soir! Ils sont excellents non ? Ils ont vraiment une bonne énergie, j'aime le travail que l'on a fait ensemble. Comme le "Artikal Crew", c'est aussi un groupe français de Montpellier et c'est un très bon groupe aussi. Le clavier (Denis 'Chunky' Hutchinson, ndlr) jouait avec Garnett Silk, original ! Et je reste en contact avec eux, certains disent que si tu n'es pas jamaïcain tu ne peux pas faire de Reggae mais ils n'ont pas compris que peu importe d'où tu viens, si la grâce de Jah te touche, si il te dit que tu dois accomplir ce travail, tu dois le faire, ton origine n'a pas d'importance. On est pareil, si je me coupe, si tu te coupes, on saignera du même sang, on est un même peuple.

Tu as déjà joué en Afrique ?
Ras Shiloh:
Non, pas encore mais j'en brûle d'envie ! C'est comme si on m'appelait là-bas ! Je crois que j'irais jouer gratuitement : pour un bon gîte, le couvert et le vol ! Les gens veulent du Reggae en Afrique. J'aimerais tant, mais ça va venir, au bon moment ! The right place at the right time !

Un nouvel album ?
Ras Shiloh:
Oui man ! Il s'appelle "Coming Home", avec des belles combinaisons : Morgan Heritage, Bascom X, dans un style différent de ce qu'on lui connaît, Norrisman, Natural Black, etc. Et crois moi, ça a pris 3 ans pour cet album alors je sais que les gens attendent le meilleur de moi. Ras Shiloh ne fait pas d'album bâclé, on prend notre temps ! Et vraiment il faut que je remercie Bobby Digital, c'est le meilleur producteur ! Il m'a aidé à garder la tête hors de l'eau, il m'a beaucoup encouragé, vraiment big up Bobby Digital, fondation man ! Bobby Digital est plus qu'un producteur, c'est un père, c'est un chanteur, il fait les chœurs sur le morceau avec Natural Black. Ce disque sort chez VP Records et du morceau 1 au morceau 17, que du pur feu!

Un petit mot sur Joseph Hill ?
Ras Shiloh:
Culture ne peut pas mourir, Culture se multiplie. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu son fils, j'ai eu la chance dernièrement de participer au concert hommage à Joseph Hill en Jamaïque et je t'assure, quand son fils est arrivé au milieu de la scène, man ! « Natty never get... » hooouuu ! Si tu entends son fils, tu sauras que Culture ne peux pas mourir. Il faut rendre hommage à Joseph Hill où qu'il soit, il doit être dans la salle du trône maintenant, le travail qu'il a fait parle de lui-même et j'ai une pensée pour sa femme qui traverse un moment difficile, ainsi que toute sa famille, car je me sens concerné, c'était un peu notre père à tous. J'avais eu la chance de faire 3 mois de tournée avec Culture, Third World, Steel Pulse et Maxi Priest aux Etats-Unis.

Désolé mais il faut qu'on arrête là parce que Linval Thompson va commencer et je ne veux absolument rien rater. Merci, c'était agréable ! Protection et guidance ! Remercions le très haut !

Merci à toi de m'avoir accordé de ton temps. Prends soin de toi et à bientôt j'espère.

Ras Shiloh - Part. #2

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