takana zion

Takana Zion

Quelle est l'origine de ton nom de scène ?
Takana Zion :
Mon nom de scène est Takana Zion. Bon, quand j'ai commencé le Rap, les gens m'appelaient Mooz Bee en rapport à un rappeur guinéen qui était le plus jeune de son groupe de Rap et comme j'étais très jeune aussi et que mon nom commençait par M - Mohammed Moktar Hyacin. Le groupe s'appelait Kill Point et les gens m'appelaient Kill Pointe aussi. Et quand j'ai commencé à vraiment me faire remarquer dans le milieu Rap, du Dancehall et du Hip-hop en Guinée, les gens m'ont demandé de chercher un nom propre à moi. Il y avait une chanson "Maka Takana" avec Yatsou du Sénégal et « Maka takana » ça veut dire « Mets le feu sur le mic' » en wolof. Donc les gens m'ont dit : « Toi c'est pas Mooz Been, c'est Mooz Bee Takana ». Et en sousou, Takana ça veut dire « détruis la ville », donc moi j'ai pris Takana. Et au fur et à mesure Mooz Bee a disparu, mais Takana est resté et après la révélation de Rastafari a fait que le mont Zion est venu se rajouter à Takana et donc c'est ça Takana Zion.

Peux-tu nous parler de tes débuts musicaux, car tu viens du milieu du Rap et maintenant tu es dans le monde du Reggae ?
Takana Zion :
Oui, j'étais dans le milieu du Rap, du Dancehall et du Hip-hop et donc j'étais dans un groupe de Rap qui s'appelait Unique Espoir et qui était composé de trois personnes. Mais moi j'étais plus dans le Ragga que le Rap. Et avant ça moi je chantais à la maison, dans la cour, devant ma famille et c'est ainsi que c'est parti. Et finalement j'ai décidé de chanter du Reggae parce que j'ai trouvé, tu vois, dans le Reggae, il y a une certaine maturité. Le Reggae est plus spirituel, il a plus d'impact sur les gens dans le monde entier que le Rap. C'est pour ça que j'ai décidé de chanter le Reggae en étant rasta aussi, Selassie I.

Sur ton album "Zion Prophet", quel morceau te tient le plus à cœur, s'il y en a un ?
Takana Zion :
mmmh, c'est vraiment difficile, j'aime les écouter tous. C'est comme si tu demandais à une maman : « parmi tes enfants, quel est celui que tu aimes ? » donc c'est une question à laquelle il est difficile de répondre mais moi, j'aime souvent écouter "E Oulé Fu", le treizième morceau.

Tu cites dans tes inspirations actuelles, Sizzla. Cautionnes-tu la totalité de ses propos ?
Takana Zion :
Tu sais, moi j'aime beaucoup Sizzla Kalonji, ce qu'il fait, ses techniques vocales. Il est très productif. Il a sa vision du monde et ses lyrics, ça dépend de lui, moi je ne suis pas là pour juger. On a beaucoup de points communs ensemble. Il parle de black supremacy, moi je parle aussi de suprématie noire d'une certaine manière. Il parle du rapatriement, je suis pour le rapatriement. Il a foi en Selassie, moi j'ai foi en Selassie. Il aime et il a foi en l'Afrique, tout comme moi. Il chante contre les battyman (homosexuels ndlr) mais moi je n'ai pas chanté de textes sur les battyman parce que ça ne m'intéresse pas pour le moment et j'ai beaucoup de choses à chanter. Chacun a son combat, chaque artiste a sa mission. C'est normal que Sizzla soit choqué par rapport à l'homosexualité, par rapport à moi qui vit en Afrique et qui ne voit pas autant d'homosexuels. Moi je ne les vois même pas sur mon chemin et je ne les cherche pas non plus et donc je n'ai pas besoin de chanter sur eux. Par contre Sizzla, il en voit beaucoup et je viens d'apprendre qu'il y a une église homosexuelle en Jamaïque et cela va de soit que le frère soit en rage contre eux. Mais moi je ne suis pas d'un côté ni de l'autre, qui a raison et qui a tort... et ce que je peux te dire c'est que j'aime Sizzla Kalonji et sa musique.

Avec qui aimerais-tu partager une scène ou un studio, avec quel artiste aimerais-tu collaborer ?
Takana Zion :
avec tous les bons artistes, ceux qui sont conscients et qui ont des messages positifs pour l'humanité, avec Yaniss Odua, pleins de frères ici... mais (rires) j'aimerais bien aussi avoir une session de studio avec Sizzla Kalonji car lui c'est le modèle.

Tu es assez attendu en live de ceux qui ont écouté ton album. Comment le public a-t-il déjà réagit à tes premières prestations sur scène ?
Takana Zion :
à Paris, c'était trop nice, à l'Elysée Montmartre, le 6 juin 2006, les gens ils ont vraiment kiffé et on l'a fait aussi. Quand on a fait le Trabendo avec PierPolJak, ils ont kiffé. On a fait plein de dates comme ça où les gens ont kiffé la vibes de I n'I. Et donc je profite de l'occasion pour lancer un appel à tous les massives de Paris à venir au maximum au Cabaret Sauvage parce qu'on va mettre ça vraiment haut. Là, on vient de l'Afrique, on a la rage et on est impatient de monter sur scène et de montrer ce qu'on peut faire : des millions et des millions de bonnes choses.
Tu vas faire aussi quelques dates en Afrique...
Takana Zion :
en Afrique, exactement en Guinée, oui ce sera le 1er décembre au Stade du 28 septembre devant 25 000 personnes. Les gens, ils ont beaucoup d'énergie et ils vont bouger. Il faut noter quand même que 85% des concerts en Guinée réussissent. Donc la Guinée, c'est vraiment un peuple qui aime bouger et quand le frère Tiken Jah est venu, il a été accueilli royalement. Depuis 6 heures jusqu'à 22 heures, les enfants étaient au stade.

Qu'écoutes-tu comme musique ? Que du Reggae ou c'est assez ouvert ?
Takana Zion :
je suis ouvert à toutes sortes de musiques. Voilà pourquoi j'ai chanté le morceau "Sweet Words" qui fait un peu Blues dans l'album. Parce que la musique est tout simplement le reflet de la personnalité de l'artiste et je suis quelqu'un de très ouvert donc cela va de soit que ma musique soit ouverte aussi. Et donc dans ma musique tu peux trouver des influences Nyabinghi, Reggae, Rap, Rocksteady, tu peux trouver le Blues dedans et aussi les sons folkloriques africains aussi, des mélodies purement africaines traditionnelles.

Quel est l'album que tu as vraiment apprécié dernièrement ?
Takana Zion :
quel album m'a beaucoup touché dernièrement? Peut-être "Welcome To Jamrock" du fils de Bob Marley, Damian Marley.

Penses-tu que le studio de Manjul, Humble Ark, est, et deviendra encore plus, le centre africain du Reggae actuel ?
Takana Zion :
exactement, tu as dit le mot. Humble Ark est quand même un carrefour en ce qui concerna la musique Reggae en Afrique. Tout le monde connaît Humble Ark, du Nigeria en passant par le Ghana et sait qu'il y a un studio opérationnel à Bamako. En Afrique, j'ai fait beaucoup de pays mais il n'y a pas de studio comme ça. Il y a la sœur Rita Marley qui a construit un studio dans la montagne au Ghana, ils ont installé le matériel mais il n'a pas commencé à fonctionner encore. Donc le Mali, c'est le carrefour du Reggae grâce à Ras Manjul et Tiken Jah Fakoly.

Abordons un sujet un peu plus triste, comment as-tu réagi à l'assassinat de Lucky Dube, une autre grande figure du Reggae en Afrique ?
Takana Zion :
ça nous a beaucoup choqué parce que ça fait mal de voir encore des hommes qui se sont battus pour la vérité, l'égalité et la justice, mourir de cette façon. Lucky Dube, il a combattu pendant toute sa carrière musicale l'apartheid. Il a défendu l'amour ici. Il a vraiment beaucoup de thèmes qui resteront gravés et que tous les enfants du monde entier liront. Et donc ça nous a fait mal de perdre Lucky Dube dans ces conditions. Il est très dangereux d'avoir la vérité en sa possession. On dit qu'il a été tué à cause de sa voiture mais ceux qui l'ont tué n'ont pas pris sa voiture après l'avoir tué. C'est pour ça que nous ne pouvons pas croire du tout que Lucky Dube a été assassiné à cause de sa voiture. Il était respecté par le peuple, par les jeunes et les vieux, les gens du ghetto et ceux de la haute classe. Donc je me demande comment on peut tuer un grand artiste comme ça à cause d'une voiture. Ce n'est pas possible. Alors que son âme repose en paix. En Guinée, on a voulu faire un mouvement devant l'ambassade sud-africaine pour vraiment montrer nos condoléances au peuple sud-africain et au peuple africain. Donc rest in peace rastafari lion...

Quels sont tes projets musicaux ?
Takana Zion :
yeah man ! Il y a des projets, là je suis en train de préparer mon prochain album. Je suis en train de bosser sur les titres, j'ai reçu les riddims et je bosse ça pour mettre ça plus haut.
Ce sera toujours avec Manjul aux commandes ?
Takana Zion :
Manjul, je vois pour bosser sûrement avec lui dans son studio. Il va faire aussi d'autres morceaux à part, histoire d'avoir plusieurs couleurs dans l'album. Il y a aussi un festival qu'on prépare en Guinée pour rendre hommage à Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié. On a décidé de faire un festival sur l'unité africaine. Et à la fin, on va construire un centre culturel qui porte le nom de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Premier. Dans ce centre culturel il pourrait y avoir une école de musique, une bibliothèque spécialisée sur l'histoire noire, l'ethiopianisme... On va donner des cours d'anglais gratuits, des cours de patois, des cours d'amharique. Il y aura aussi des salles de conférences et des salles de concerts. C'est ce qu'on prévoit pour les années à venir par la grâce de Jah.

L'interview se termine, as-tu un message à faire passer aux membres de JAHSound.net ?
Takana Zion :
aux membres de JAHSound.net, je dis tout simplement big up parce que ça fait longtemps qu'ils diffusent la musique de I n'I et donc beaucoup d'amour de bénédictions et de force spirituelle à vous frères. Et merci beaucoup pour le soutien et l'encouragement. J'espère qu'on va continuer à bosser ensemble.

Yes merci à toi !
Takana Zion :
Selassie I !

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