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18th Dour Festival Part. #1 @ Dour (BE)

Vendredi 14-07-2006
Dour - Belgique

Pour la troisième année consécutive que nous allons à Dour, Belgique, Météo France annonce que le soleil sera de la partie ! Ouf, la plaine de la Machine à Feu (le site du festival) ne se transformera pas en bain de boue... La Machine à Feu est une friche industrielle mitoyenne des terrils qui résultent de l'ancienne activité minière locale. Même si la poussière est déjà présente ce vendredi, malgré l'herbe et la paille à certains endroits, le site et l'organisation sont toujours au top niveau. Après prise des consignes dans le parc presse, nous nous dirigeons vers le chapiteau "La Petite Maison dans la prairie". Le festival comprend six scènes dont quatre couvertes, assurant ainsi une sécurité si intempérie il y avait.

High Tone (16h35-17h40)
Nous voici donc propulsés devant la scène. Malgré le beat Reggae de la première tune et le Dub de la seconde, High Tone réchauffe "La Petite Maison" avec "Worse & Worse". Du coup, sous les acclamations, ils poussent les BPMs et mixent vite pour sortir une Drum n'Bass allant jusqu'à la Jungle. Le flot de la grosse caisse « informatique » combinée à la déflagration de la basse provoque la transe. J'en suis très étonné, et quand je décolle les yeux de mon objectif, je me rends compte que le public est aux anges : ça slamme, c'est pour dire! Il n'en fallait pas plus pour mettre en extase le public étourdi par la poussière, la chaleur et une première grosse journée de chauffe (le jeudi 13 de 13h à 5h du matin)... Après un court entracte, High Tone revient pour un Dub électro binaire qui laisse présager une nouvelle explosion dans les aigus qui ne viendra pas cette fois-ci ("Bad Weather"). Le dernier morceau sera plus paisible, plus hypnotique.

Groundation (18h20-19h20)
Dès le « soundcheck », le public est en effervescence. Considérant que tout est bon à prendre chez Groundation, nous profitons des vingt minutes de balance pour rallonger un concert qui sera forcément trop court (une heure). Après dix-huit années d'expérience, les roadies de ce festival sont les plus professionnels et les plus rapides que je connaisse... De toute façon ils n'ont guère le choix : ils ne peuvent accorder à un artiste un dépassement de plus de cinq minutes, il en va de leur petite pause du matin (de 6 h à 11 h). Le show de Groundation déjà abouti, Harrison Stattord est sûr de tirer le meilleur parti de l'ambiance déjà euphorique... notamment avec "Weeping Pirate" et "Jah Jah Know". Sur "Babylone Rule Dem", le groupe décontracté paraît très enthousiaste : ils veulent faire plaisir à toute "La Petite Maison" remplie à craquer. Ça enchaîne vite avec "Congress Man". Tel « un nain sous speed », le chanteur développe sa voix particulière avec le soutien des deux choristes sur "Undivided" au final spécialement explosif. Mais bien vite il faut laisser retomber la magie pour donner leur chance aux suivants.

Dread Pressure Soul Remedy Sound System (19h30-20h20 et 21h25-22h15)
Après quelques soucis techniques, notamment le manque de basses, le sound se lance... Néanmoins, "La Petite Maison dans la prairie" semble trop grande pour ce sound qui a disposé ses deux « murs » de chaque côté de la scène... Résultat: le milieu n'a pas vraiment de basses, et quand nous sommes en face d'un mur, nous entendons l'autre avec un retard... Mais le pire survient quand on retire les bouchons... car pour couvrir la surface gigantesque du chapiteau, les aigus sont au maximum, annihilant tout public situé au-delà la soundboard... Massacre des tympans, tout le monde fuit malgré une bonne sélection. L'absence de chanteur se fait sentir sur les dubs très nombreux que nous sort le Dread Pressure crew; à noter l'incontournable Peter Broggs "Love In A Higher Region" ! Ainsi ils font plus office d'entracte musical qu'autre chose...

I Wayne, Fire Star, Harmony & the Lava Band & special guest I Will (20h20-21h20)
I Will donne le coup d'envoi au Lava Band chargé de réchauffer l'ambiance... et de ramener les brebis « Reggae addicts » sous le chapiteau de "La Petite Maison". Après deux morceaux, il laisse la place à Harmony pour le même créneau. Mais à part faire dodeliner les filles de la tête avec son Rn'B US, il n'arrivera pas à réunir le public avec sa prestation, ce que Fire Star réussira beaucoup plus aisément à faire avec des tunes Dancehall. Il s'agite et transmet forcément plus d'énergie que toute la mollesse d'un Harmony n'aurait pu en libérer. I Wayne arrive enfin avec sa choriste pour un show écourté de moitié. Les 10 x 2,5 kW sont très bien utilisés par le Lava Band. L'air devenu dur comme l'acier ondule. I Wayne suit le rythme, le martelant de sa voix, similaire aux premières années d'un Sizzla, le tout sans le moindre pull up. "Can Satisfy Her" arrive déjà, signifiant la fin proche de la prestation de I Wayne qui ne partira pas sans nous gratifier de "Living In Love".

Don Letts Dub Cartel feat. Kenny Knotts (22h20-23h55)
Après une pause méritée à déambuler dans le festival, faire des rencontres, « taper la discute » avec des francophones (2/3 de la population du festival), nous retournons sous "La Petite Maison dans la prairie" qui sera bien agréable lorsque la fraîcheur des terrils arrivera, quand dans l'après-midi elle nous préservait des coups de soleil.
J'apprécie vite la sélection dirigée par Don Letts, et me rapproche de la scène... Un son toujours aussi propre sous ce chapiteau laisse présager une des meilleures soirées Dub de Belgique. Est-ce dû à la sono en « château de cartes » façon soundsystem. Les dubs sont bien gros, comme je les aime, à l'image d'une inspiration bien nette de la basse sur une seule note mais suivie d'une expiration hyper saccadée, donnant un riddim très « wicked ». D'ailleurs, je ne dois pas être le seul à apprécier car Kenny Knotts arrive bientôt pour poser dessus... « Rasta far I ! Selassie I ! Gimme dubwise ! » Je ne m'attendais pas à ça sous le nom de Don Letts Dub Cartel. La surprise est toujours merveilleuse, ils sont à la recherche de réaction du public, d'ailleurs ils l'auront en sortant le "Almighty Jah" de Alpha & Omega featuring Dub Judah.
Enchaînant les versions d'un "World A Reggae Music", continuant leur exploration avec Dawn Penn "You Don't Love Me (No, No, No)" et vérifiant les fondements Reggae de chacun avec Toots & The Maytals "54-46 That's My Number"... Sans surprise, tout le monde reprend en choeur! Leur show peut paraître éclectique, il en faut pour tous les goûts. Mais Kenny Knotts veille au grain, et lorsque sur un sample aux paroles ultra connues, Dan Donovan colle un riddim « nazebroque », Kenny éructe : « Pas un riddim de bomboclat ! C'est pas babylone ici, c'est rastafari ! »
A regretter, la figuration de Don Letts, laissant son acolyte se charger du mix et Kenny Knotts du « mic ».

Iration Steppas feat. Kenny Knotts (23h55-01h20)
Ashanti 3000 & Dub Action feat. Kenny Knotts (01h20-02h30)
Aba Shanti I (02h30-5h00)

« Iration Steppas come to share with you a love that's pure and true »

figure le passage de témoin Mark Iration, une fois de plus venu seul mais secondé par l'infatigable Kenny Knotts... Après cette introduction aux productions d'Iration Steppas, Mark poursuit avec Sista Rasheeda... Le faux rythme, alors donné par les dubs plus massifs d'Iration, désarçonne quelque peu Kenny Knotts... Il faudra attendre le retour de Peter Broggs "Love In A Higher Region" pour que tout le monde retrouve ses petits... Notamment Kenny qui, sur la version de Dub Creator, lâchera un "Who A Burn Di Faya" dévastateur. Il sera alors suivi du "Star Dub" où Mark profitera de toute la profondeur des basses qu'apportent les 25 kW de la sono. Il continue sur sa lancée avec en dubplate Michael Rose "General, Iration Steppas Are The Generals". Sous la basse abyssale cadencée du "général" tous les massives répondent présents.
Bientôt Mark Iration doit laisser sa place à Ashanti 3000 & Dub Action, fondateur du label Hammerbass, qui lancera le "Skenga" chanté par Natty P sur un riddim monumental de Manasseh. L'ambiance quelque peu tendue d'Iration Steppas laisse ainsi la place à une sélection Dub Stepper finissant par de la Drum n'Bass façon Fat Boy Slim, élevant un peu plus le rythme de la soirée...
Et c'était sans compter sur l'arrivée du londonien Aba Shanti I qui après deux plates Old Roots lancera un « Bonjour! » et interpellera la foule pour savoir si tout le monde est réveillé ! Assurant seul la sélection et le chant d'une voix très claire, il produit un show de très grande qualité, comme à son habitude, mêlant Reggae Old Roots et Dub profond avec des plates légendaires comme l'indétrônable Max Romeo "Chase The Devil" dont Aba ne se lassera sans doute jamais.

Quatre heures du matin approchent, je sors faire un tour dans le festival où déjà les deux plus grosses scènes en plein air ("The Last Arena" et "The Red Frequency") sont fermées au public. La fréquentation est sans pareil sous le "Dance Hall" où la techno fait le plus d'adeptes, suivi de très près par le chapiteau "Eastpak Tent" avec l'électro Hip-hop de TTC qui secoue très fort le dancefloor. Aba Shanti I arrive juste derrière, à noter que je ne compte pas les affalés et autres endormis qui sont plus que nombreux dans "La Petite Maison dans la prairie". Ainsi, le Reggae Dub n'est pas encore la pierre angulaire de ce festival, ce qui sera réparé le lendemain avec la plus grande scène réservée toute la journée pour le Reggae et le Dancehall... Il est l'heure d'aller planter la tente si on veut être productifs le lendemain...

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