dour 3

18th Dour Festival Part. #3 @ Dour (BE)

Dimanche 16-07-2006
Dour - Belgique

Ce'Cile (15h-16h)
Le dimanche, l'ambiance reprend là où Elephant Man l'avait laissée. C'est "Love Mi Punaany Bad" quand j'arrive sur la "Red Frequency" (deuxième plus grande scène, en plein air)...
Après General Degree, Ce'cile enchaîne sur scène pour un style plus chaloupé que la veille, convenant plus au public féminin imposant et à la canicule (33 °C). La fatigue ne m'aide pas à être ouvert d'esprit, je prends donc mes photos rapidement.
Pour son crédit, elle joue très bien la « pin'up R&B qui bouge tout le temps son popotin ». On aime ou on n’aime pas.

Les Wampas (15h20-16h10)
Je décide de rejoindre Djinn sur "The Last Arena" pour les Wampas qui mettent le feu, ou plutôt la poussière... En effet, le vent a tourné et balaye toute la poussière des jours précédents qui était restée sur scène... Il faut aimer le Rock et la voix si spéciale de Didier Wampas, le seul à pouvoir chanter aussi faux et tout de même rendre bien ! Il le sait pertinemment, et utilise son air innocent d'un enfant qui chante faux pour sortir des succès comme "Manu Chaos" ou "Petite fille", l'occasion à toute une smala de donzelles de monter sur scène, et lui, beuglant qu'il veux mourir écrasé par une meute de filles… Bref, un bon moment de détente ! Il continue avec "Kiss" puis "Chirac En Prison". Il n'arrête pas, allant de la scène à la « soundboard », porté par le public, sans artifice puis debout sur une chaise. On sait de qui s'est inspiré le leader de Dionysos, Mathias Malzieu... Ça met l'ambiance, c'est festif, avec des paroles quelques fois « sans queue ni tête » ou avec un fond enfantin, comme "Les Bottes rouges", mais c'est ça qu'on aime chez eux ! La fin de leur prestation indique que T.O.K. a dû reprendre le flambeau de l'autre côté.

T.O.K. (16h-17h)
Et oui, comme je l'annonçais Dour est appréciable pour ça : l'heure est respectée à la minute près. Cela explique peut-être l'énorme compteur horaire près de la place centrale servant de cantine géante à ciel ouvert. T.O.K. est bel et bien là, ils en profitent pour maintenir l'intérêt des massifs [sic] et massives, dont une qu'ils feront monter sur scène pour du « frotti-frotta ». Ce boys band rendra hommage à Sizzla qui n'est pas venu, malgré sa programmation il y a un mois. Ce crew est efficace, avec de belles voix, même si leur jeu de scène, très orienté pour les filles et à cent lieues de Rastafari, peut ne pas plaire aux « Roots men ». Mais le public est venu en grand nombre pour eux et l'ambiance est chaude.

Luciano & Andrew Tosh (18h-19h)
Dès la reprise de son illustre aïeul ("Equal Rights"), on remarque que la parenté n'est pas à prouver, de par sa voix très semblable... On se prend à rêver : nous voilà vingt-huit ans en arrière et en Jamaïque pour un concert mythique... Son fils a débarqué sur un monocycle, allez savoir pourquoi. Après deux chansons de son répertoire, Luciano est annoncé. Bien vite, il impose son rythme lover mais conscient, en totale fracture avec le début de la journée, même si Andrew Tosh a fait une parfaite transition ! Vu le temps qu'il reste au « messager de Jah », il n’enchaîne que des tueries... "Silver And Gold", enfin du Roots Reggae avec le Hard Times riddim. A la différence de l'après-midi, les rangs sont moins serrés dans le public. C'est sans doute dû à l'assommoir qu'est devenue la "Red Frequency", chauffée à blanc par le soleil, la fatigue, et au tempo qui permet de se poser et d'en profiter (les jambes refusent parfois de supporter votre poids au bout de quatre jours...). On en arrive au Doctor's Darling riddim toujours aussi massif avec "Stay Away". Luciano est en harmonie vocale avec ses trois choristes. Une guitare wah-wah, dans une intro, met la puce à l'oreille, et tout de suite le messager entame "Legalize It". Cette chanson emblématique signe le retour du fils prodigue, qui, par ces intonations uniques, nous rend nostalgiques. Cependant, il faut reconnaître que l'échange entre les deux chanteurs ne sonne pas du tout, ils se gênent vocalement. Mais ne boudons pas notre plaisir. Ça reste mythique ! Andrew laisse Luciano finir son show avec "I Will Survive" (rien à voir avec l'interprétation de la veille, c'est sur le Angel riddim chanté sur un 7'' avec Selah). Luciano continue donc cette chanson sur un duo avec sa première choriste. Puis c'est "It's Me Again Jah" qui signe la fin de son heure de concert, avec une partie bien sentie en a cappella, montrant qu'il n'a rien perdu de son enfance.

L'heure entre Luciano et Buju Banton sera mise à profit pour faire le tour du village associatif près de la "Last Arena". Il y a de tout: du cybercafé au café techno, les traditionnels stands de t-shirts et autres goodies jusqu'au coin recharge gratuite de téléphones portables, celui où on se refait une beauté avec des lingettes ou du déodorant, on peut même se brosser les dents et se laver les mains tout en repartant avec un bob ou une casquette, se faire masser par des "infirmières" sexy en bas résilles qui vous enduisent de crème solaire ou encore faire laver son linge et le récupérer propre et sec en quelques heures et gratis... Des stands, pour la plupart gratuits, pour le bien-être du festivalier, qu'on ne voit nulle part en France ! Nous poursuivons vers l'espace restauration où beaucoup sont attablés à cette heure où le ventre crie famine. Pour satisfaire tous les goûts et pour pas trop cher, il y a tous les types de restauration; et bien sûr vous pouvez manger liquide, n'oublions pas que nous sommes en Belgique, patrie de la bière et du houblon! Je ne suis pas loin de la "Eastpak Tent" (qui contient un plancher !), j'en profite pour aller jeter un oeil et une oreille à des "vieux de la vieille" du Rock Garage français !
La Souris Deglinguée (19h-19h55)
J'arrive un peu à la fin, mais j’ai le temps d'estimer que les voix ne sont pas à la hauteur... Ça chante faux quasiment tout le temps (il faut s’appeler Didier Wampas pour que ça passe), vraiment trop Punk pour moi (damned ! My punk's spirit is dead !), même si la base est très solide avec de bonnes rythmiques basse - batterie - saxe. Ma critique est-elle justifiée ou est-ce mon oreille qui est dorénavant marquée à jamais par le timbre des douces et puissantes voix de la Jamaïque ? Je me tourne vers le public qui ne bouge pas beaucoup et fait limite la gueule. Je sais bien par expérience que la musique Rock - Punk - Garage colle rarement le sourire, mais là on assiste bel et bien à l'euthanasie d'une souris aphone. Allez je profite du point de vue pour immortaliser le coin cantine du festival, avec au loin le "Dance Hall" (le plus imposant des chapiteaux) dont la toile a pris une robe saumâtre (la poussière...).

Buju Banton (20h-21h)
Enfin le soleil passe derrière les terrils, et Buju Banton en profite pour montrer le bout de son nez après une intro - medley bien sentie par ses musiciens, parmi lesquels il faut souligner la présence de Mikey Chung, dit "Mao", guitariste hors pair, faisant souvent un trio gagnant avec Sly & Robbie. Après cette arrivée énergique suivie de "Only Man", ses chœurs arrivent pour "Tra La La" compilé avec "Up Close". Ce concert semble parti pour faire le maximum de titres en un minimum de temps, multipliant les morceaux à deux titres. Ainsi, après "Champion" et "Mr Nine", c'est "Shiloh" avec "Destiny" qui est joué, puis "Not An Easy Road" avec "Give I Strenght". Le synthé en jingle, un jam de caisse claire, des cuivres synthétiques pour le "Mighty Dread" tiré de l'album Unchained Spirit. Sur "Hills And Valley", les choeurs contrebalancent bien la grosse voix graveleuse de Buju Banton, qui arbore une croix en or éthiopienne sur son cœur. Ce morceau se finit par un solo classieux de Mao ! C'est l'accalmie avec "Untold Stories", extrait de Til' Shiloh, démontrant qu'il peut tirer le meilleur de l'ampleur de son don vocal. Pour l'avant-dernière tune, ce sera Studio One style, avec une reprise de Delroy Wilson, "Movie Star". Bizarre qu'il décide de faire cette chanson alors qu'il a deux plates sur ce riddim, partagé notamment avec Cocoa Tea pour "Too Young" ainsi qu'avec Wayne Wonder pour "Bonafide Love". Buju Banton pour sa sortie, nous réserve une des meilleures: "Murderer", également tirée de Til' Shiloh finalisée avec "Our Father". Un show Nuroots rempli à ras bord de tubes, toujours conscients et spirituels.

Eek-a-mouse (22h-23h)
Après une intro - medley laissant présager une acoustique « dubbesque », Eek-a-mouse arrive doucement, sans effusion de la part du public. Avec des riddims sortis des catacombes, car très lents et sur un ton grave et monocorde, des lyrics à part, il hypnotise. La nuit, quasiment tombée maintenant, rend le jeu de lumières magnifique: toute la scène est peinte de rouge, jaune et vert. Le Real Rock riddim et cuivres aux synthés sont de la fête, mais la façon de chanter d'Eek-a-mouse a un peu changé par rapport à l'énorme "Anarexol" : je trouve que sa voix n'est pas vraiment claire, comme noyée dans les basses. Puis vient "Terrorists In The City". Le public répond aux provocations: il parle souvent de ganja, prenant des postures bestiales, mais il reste plutôt statique. Un parapente à moteur, survolant le public qui l’acclame, vient saluer la performance du « roi du Reggae » pendant "Pretty Girl". Ça doit être quelque chose de voir tous ces massives extatiques devant ce monstre à la voix facétieuse. Cette tune se poursuit par un dubwise puis "Ganja Smuggling" toujours sur le même riddim, tout de même cuté par deux « pull up » pour saluer le big morceau que voici. D'ailleurs, ils le font durer jusqu'à plus soif, Eek-a-mouse ne lâche jamais le micro une fois lancé, certains sifflent car ils voient l'heure défiler après un autre morceau très similaire. La basse annonce ensuite, et le « roi » confirme, que ce sera la dernière mais pas n'importe laquelle: "Wa Do Dem". Echange avec le public pendant les douze minutes qu'elle durera, finissant sur un set de percus.
Cependant, ce live me laissera sur ma fin car, malgré son style unique peuplé d’onomatopées, je l'ai ressenti comme monotone et très répétitif, et pour finir un festival de quatre jours, plus de diversité dans le choix des chansons aurait probablement été préférable. Mais il faut quand même avouer que les versions des chansons étaient énormes et le public n'a cessé d'en redemander ! Est-ce pour ça que les techniciens qui vinrent ranger le matériel se sont vu envoyer tous les détritus que la "Red Frequency" pouvait compter sous des sifflets assourdissants?! Ou était-ce pour participer à la collecte des déchets du festival dans un bon esprit et sous la provocation rigolarde des techniciens et du public ? Je crois sincèrement que les massives n'en avait pas encore eu assez. Pas assez d'Eek-a-mouse, pas assez de Reggae music, pas assez de vibes alors qu'il n’est que 23h ce dimanche, tandis que les chapiteaux fermeront à 5h. Sûrement pour un repos bien mérité des riverains tout proche (trop) de la "Red Frequency", dans cette petite ville d'à peine 17 000 habitants.

L'année dernière, le festival affichait complet pour la première fois en dix-sept ans, cette année encore ce fût le cas (134 000 personnes en quatre jours !). Il faut toutefois concéder que le Reggae, pour la première fois à Dour, a rassemblé plus de monde devant la grande scène le samedi que tous les autres styles de musique les autres jours. Alors que dès le vendredi c'était complet ! Bref, les massives n'ont jamais aussi bien porté leur nom que cette année à Dour !

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Report & photos réalisés par Djinn & Zuvassin, qui remercient pour leur aide rastabird, Charlotte, occidental rasta, Victor & empress ginger. Vous n'y étiez pas mais le coeur y était.
Retrouvez l'ambiance unique de ce festival avec NetFestival et TéléMoustique, www.netfestival.be/pages/news.php?id=39 et sur le site officiel du festival, www.dourfestival.be
A l'année prochaine !

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