BigURoy front2

Big Youth & U-Roy @ L'EMB (95)

Mercredi 28-01-2015
EMB, Sannois (95)

Les deejays vétérans sont à l'honneur pour ce 'From Jamaica Tour 2015' qui en est déjà à sa quatrième date francilienne ce soir. Et il ne faut pas être en retard ! 21 heures, le groupe se met en place et les têtes sont connues puisqu'il s'agit du même backing band que la précédente tournée d'U-Roy à l'exception du bassiste.
Les deux choristes Winsome Benjamin et Richie Kanary chauffent brièvement la salle qui se remplit et c'est Big Youth qui entre en piste sur le Satta riddim pour « I Pray Thee ». Suivent « Every Nigger Is A Star » et « Jim Squeechy » sur le Stalag riddim. On ne peut pas faire plus classique puisqu'on suit pour le moment la tracklist du Reggae Sunsplash de... 1982 !  Sur « House Of Dread Locks », Big Youth chevauche le Curly Locks riddim et en profite pour enlever son chapeau et ébrouer sa crinière qui, il faut le dire, a perdu un peu de sa superbe. Le deejay donne de sa personne sur scène interprétant des chorégraphies plus ou moins farfelues, lançant ses jambes, sautillant, transmettant ainsi son bonheur non dissimulé d'être là ce soir. Tout cela ne l'empêche pourtant pas d'être sérieux pour une brève intervention sur ce monde de fous qui ne pense qu'à la guerre. Il poursuit avec « Ten Against One » enchainé avec « Roll River Jordan » (puisque ces deux titres partagent originellement le même riddim) avant de finir en français avec un : « Mademoiselle... Madame... Monsieur...» suivi d'un cinglant «Big up U-Roy, wherever you are... bombaclaat ! » ponctué par un éclat de rire général.
Il continue avec « Isaiah First Prophet Of Old », avant d'interpréter le fameux « S-90 Skank ». Il nous offre alors une balade en moto totalement débridée, qu'il mime, bien évidemment, accompagné des choristes qui ne manquent pas une occasion de se faire remarquer, dans le bon sens du terme, partageant de bonnes vibrations avec le public. On reste sur la route mais en s'éloignant du Reggae avec la reprise de « Hit The Road Jack » popularisé par Ray Charles avant de terminer avec le très world music « A Luta Continua ». Il conclut avec un « Je t'aime ! » et quitte la scène.

Bien que le temps semblait manquer pour Big Youth - il n'interprètera pas entre autres son célèbre « Cool Breeze », pourtant apparemment prévu - , il va falloir patienter deux petites minutes pour accueillir celui que l'on surnomme affectueusement le « papa de tous les deejays ». Mais ce n'est pas un problème, l'ambiance est bonne dans le public comme sur scène et le groupe entame le Pass The Koutchie riddim et Richie prend le micro pour faire chanter le public et le maintenir à la bonne température. Il annonce alors qu'il est l'heure d'accueillir « the godfather, the originator of dancehall ! ». U-Roy arrive alors tranquillement, les mains dans les poches de son costume vert et jaune, arborant le même style de chapeau décoré de plumes que Big Youth, avant de lancer son gimmick phare : « Wake the town, tell the people ! ».

C'est donc sur le riddim de « Girl I've Got a Date » d'Alton Ellis, que le deejay entame son set avec « Wake The Town ». On est loin de l'exubérance scénique de Big Youth, mais le flow est toujours autant maitrisé et efficace. Il poursuit avec un autre classique « Flashing My Whip » sur le « Only A Smile » des Paragons popularisé par Dennis Brown notamment. Vient alors le très anglais et excellent « True Born African » avec Derrick 'Stewie' Stewart à la batterie qui électrise totalement la salle, suivi du tout aussi dynamique « Money ». U-Roy nous rappelle alors qu'avec cette tournée, il assure la promotion de son dernier album « Pray Fi Di People » sorti en 2012. Il interprète alors « Border Line » puis le titre éponyme à l'album qui font retomber un peu l'ambiance temporairement.
Les classiques reviennent donc en piste avec « Jah Jah Call You » et surtout « Runaway Girl » que le public reprend en chœur, « oh oooh, oh oh oh oh, oh oh.. ». La symbiose est toujours présente pour la reprise du titre d'Errol Dunkley « OK Fred ». Même s'il n'y a pas de grand discours du deejay entre les chansons, ou d'interactions franches avec le public, l'osmose est totale. Il revient avec son dernier album pour une combinaison avec Winsome Benjamin, « Ebony Eyes », avec un vrai jeu de scène entre les deux protagonistes. Il poursuit avec « Power Of Love » sur le riddim de Guess Who's Coming To Dinner, puis « Believers In Jah » et « Same Vibe » qui reprend le « Same Song » d'Israel Vibration mais où les différentes maisons rasta deviennent des quartiers de Kingston puis des nationalités au couplet suivant.
Il est temps alors de présenter l'ensemble du groupe qui assure depuis 2 heures sur « Natty Kung Fu » et son entêtant « natty go deh, go deh,... natty hang on, hang on... ». Lloyd 'Obeah' Denton opère donc aux claviers, Winston 'Bopee' Bowen à la guitare et  Derrick 'Stewie' Stewart à la batterie. On apprend par la même occasion que ce dernier donne des cours à l'école de musique du Edna Manley college. Le concert se termine avec « Natty Rebel » qui reprend (faut-il le préciser ?) le « Soul Rebel » de Bob Marley et que le public reprend encore une fois en chœur sûrement familiarisé avec la version des Gladiators. Il n'y aura pas de rappel mais il n'y a pas de sensation de manque ou d'inachevé pour cette soirée. Le partage a été total avec une excellente ambiance aussi bien sur scène que dans le public. Reveillez la ville et dites-le aux gens !

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