culture freeman

Bush Chemists Sound System + Weeding Dub @ Le Kiosk (59)

Samedi 02-04-2005
Le Kiosk - Lille (59)

Je m’apprête à vous raconter la meilleure soirée Reggae que j’aie vécu depuis mes 12 ans, autant dans l’ambiance que dans la qualité du show. Il y a quelques jours, j’apprenais que Bush Chemists venait jouer à Lille, avec Weeding Dub dans une salle/boite, Le Kiosk. Hier soir, en voulant regarder sur le site de la salle en question à quelle heure commençait la soirée, j’apprenais que Culture Freeman et Kenny Knots seraient de la partie : ça s’annonçait lourd.
Arrivée à 23h30 sur les lieux, le doute me titille : il n’y a pas eu de flyers, et il n’y a personne dans la salle... Je demande donc confirmation, et le site n’avait pas menti : Kenny Knots et Culture Freeman seront bien là! Il faut juste patienter quelques heures. Weeding Dub, soundsystem originaire de la région Nord, commence sa session et teste ses machines tant qu’il n’y a personne. On sent qu’il s’y connaît, de par sa maîtrise du matériel et son maniement du mélodica. Tant pis pour les absents, on en profite quand même; les dubs s’enchaînent, le son du mélodica retentit dans toute la salle, qui à elle seule commence à rendre une ambiance assez mystique avec le brouillard des fumigènes. Une version UK de "One Step Forward" par ici, une autre de "I’ve Got Cocaïne" par là, sans oublier l’excellent "Justice" sorti de son album "Steppactivism" (en featuring avec Vibronics, Manutension et Zion Train) : « I have a dream... »
La salle se remplit doucement, trop même, mais le son commence à monter et les basses à faire vibrer le plancher.
Weeding Dub continue dans sa lancée, en poussant petit à petit la puissance du son sur des dubs anglais à réveiller les morts, et réussit à faire danser tout le monde.

A 01h15, la salle est à moitié pleine, et c’est Doogie Wardrop, le selector de Bush Chemists qui vient s’installer près de Romain aka Weeding Dub, suivi de près par Kenny Knots et Culture Freeman. C’est avec un grand sourire et une danse timide qu’ils vont apprécier la fin de la session de Weeding Dub, mais on sent que Doogie Wardrop s’impatiente devant les platines autant qu’un enfant devant ses cadeaux de Noël... Dix minutes plus tard, Romain de Weeding Dub demande au public d’accueillir les grands Bush Chemists : tout le monde fait un mouvement en avant et se resserre sur le devant de la salle, ça y est, on va pouvoir apprécier la vibe anglaise comme il se doit.
Les trois hommes s'installent et Doogie Wardrop, qui n’en peut visiblement plus d’attendre, ne nous ménage pas et commence avec du très lourd : "Jah Bless I" de A Jones & Ma-Kaya Crew! A partir de ce moment-là, c’est une véritable discussion musicale que le chanteur Kenny Knots et le toasteur Culture Freeman vont échanger; le public est déjà en transe, et au moment de la version, c’est Kenny Knots qui prend le micro et se met à chanter. Sa voix est magnifique, je ressens alors une « double-transe » de la part des massives qui sont ce soir particulièrement réceptifs à la vibe anglaise. Culture Freeman, petit homme aux allures de Jah Shaka, enchaîne sur un toast ressemblant aux deejay’s jamaïcains dans les soundsystems des années 70 : il répète sans cesse avec un flow hallucinant « Love is all I got and Love is all I bring... »
On passe à un titre de Kenny Knots, "Going Home", tiré de l’album "Gi Me De Music" en featuring avec Bush Chemists, d’abord en vinyl, puis repris en live par celui-ci, et enfin en version toastée par Culture Freeman. Culture Freeman est pour moi et visiblement pour tout le monde une révélation en live puisqu’il réussit à chaque fois à déchaîner tout le monde : la salle prend clairement l’allure de la fin du film « Babylon » avec un deejay toastant à tue-tête et des massives sautant autour de lui sur des rythmes endiablés... Cela devient plus qu’hallucinant dans le public lorsque Doogie Wardrop enchaîne avec le "Beat Round The Bush" de Lutan Fyah : le plancher risque de craquer !
Kenny Knots prend le relais sur la version pour chanter "What A Lovely Day", suivi de Culture Freeman qui reprend « Love is all I got and Love is all I bring... »
On ne quitte pas des yeux les deux hommes qui s’échangent des phrases conscious et des sourires prouvant la montée en puissance de la vibe. Pour faire encore mieux, encore plus, Doogie Wardrop nous joue un "Straight Up" de Faithfull, toujours enchaîné par Kenny Knots et Culture Freeman sur la version, qui cette fois reprennent en coeur « Steppa dub ya... Rasta Love ! »
Jah Mason est aussi au goût du jour avec son "Rainbow Circle Throne" : le plancher tient bon, chose étrange car la salle est maintenant remplie à craquer et je ne vois aucune personne sans mouvement autour de moi ! Kenny Knots reprend sur la version, « Live it up, Live it up right », et Culture Freeman nous lance sa chanson "Conqueror" issue de son album du même titre, toujours en featuring avec Bush Chemists.

C’est ensuite sur un steppa riddim que Kenny Knots reprend la chanson "I Dont Want To Be No General" de Dennis Brown, pour enchaîner sur son très connu "Never Get Burn". Décidément, les artistes aiment Lille ce week-end : comme Chronicle, Kenny Knots s’essaye volontiers sur des « Je t’aime » destinés au public ! Des tunes de Gregory Isaacs, Sister Rasheda, Leroy Mafia suivront dans cette wicked session, et à 04h15, c’est enfin le "Light Up Your Spliff" de Culture Freeman qui arrive, en live & direct! Le plancher tient toujours sous les sauts des massives, et on aperçoit à travers les fumigènes et la lumière rouge des néons le warrior Culture Freeman qui saute au rythme du son, rappelant encore le chanteur d’Aswad à la fin de « Babylon »...
On termine avec des brand new du label de Doogie Wardrop, Conscious Sounds, avec un excellent Pablo Gad et toujours en version Kenny Knots et Culture Freeman qui échangent toast et chant, avec toujours le même sourire de satisfaction...
Les trois hommes saluent la foule qui refuse de les laisser partir; Weeding Dub est revenu pour terminer la soirée mais personne ne veut quitter les Bush Chemists qui acceptent volontiers de continuer encore un peu, quinze minutes seulement, et c’est alors au dub hardcore que la session vire, avec un Kenny Knots qui soulève ses genoux à la hauteur de son nombril, un Culture Freeman qui lui descend les siens jusqu’au sol, et un Doogie Wardrop nous offrant une chorégraphie des plus spectaculaires que la session va se terminer. Comment, 05h40, vous êtes sûrs?
Weeding Dub termine la soirée avec ses productions, mais la foule a malheureusement été poussée –trop loin? –et la salle se vide petit à petit...

---
Un énorme Big Up à tous ceux présents lors de cette session qui je pense restera longtemps dans la mémoire des Lillois. Big Up aussi à Romain pour l’organisation de cette wicked soirée...

No votes yet.
Please wait...