caen sounds meeting

Caen Sounds Meeting @ Big Band Café (14)

Vendredi 08-02-2008
Big Band Café - Hérouville Saint Clair (14)

Ça bouge du côté du Calvados, et quoi de mieux pour JAHSound.net que de se rendre à la soirée Caen Sounds Meeting pour confirmer que la scène Reggae est aussi active dans cette partie reculée de la France ?
Le rendez-vous était donc fixé dans la banlieue caennaise, et plus exactement à Hérouville Saint Clair, pour ce deuxième volet du Caen Sounds Meeting, puisque la date du 8 février faisait suite à celle du 1er février, dans laquelle pas moins de 6 soundsystems avaient assuré l'ambiance (Lion Freecaency, Messenjah, 220, Shashamane, Roots Fyah et Shabrak). Officiellement l'ouverture des portes était programmée à 22 heures et c'est avec un certain retard que nous arrivons sur les lieux. Les parkings bondés ainsi que les nombreux fumeurs à l'extérieur sont des signes qui ne trompent pas : les massives ont répondu présents ! En effet, le Big Band Café, salle de type « Scènes de Musiques Actuelles », est déjà bien remplie. Au-delà d'une affiche attractive, il est clair que le prix d'entrée relativement faible (4 euros la soirée ou 6 euros les deux) était un argument commercial imparable, qui nous en sommes sûr, a dû convaincre un certain nombre de spectateurs présents ce soir.
Le concept de la soirée était simple : 6 soundsystems de Caen et ses environs se partagent la soirée à raison de 2 sets de près de 30 minutes chacun avec un ordre de passage tiré au sort. C'est sur la sono du Dub Livity Soundsystem que les diverses formations ont pu nous proposer une sélection relativement large en matière de styles. C'est donc sur la fin du set du Clean Heart Soundsystem, composé de Skipah, Critik et Mr Polo, que nous débutons ce meeting. Nous sommes immédiatement plongés dans le bain avec des artistes tels qu'Anthony B, Chakademus, T.O.K. ou encore Degree. On appréciera la bonne présence au mic de ce sound qui terminera sa session avec un style résolument Dancehall.
Puis l'Original Faya Crew prend la relève en débutant par du lourd avec notamment une reprise de "Pass The Dutchie", "54-46, That's My Number" de Toots and the Maytals, Junior Cat, etc. ainsi que quelques dubplates, et pas des moindres : "Chase The Devil" de Max Romeo, "Truth and Rights" de Johnny Osbourne, etc. Si le set commença par de gros classiques, il s'orientera progressivement vers des sons plus récents : 2 titres d'Alborosie dont le fameux "Herbalist", 2 tunes de Straïka dont une dubplate sur le Liberation riddim (« Qui est le crew qui mettra le faya ce soir ? »), Big Red, Saïk et sa chanson "Ok"... Parallèlement, il convient de souligner la prestation de deux chanteurs issus du Dark Critik dont la prestation, marquée par un débit très fluide, aura conquit une majorité du public.

Ensuite, on retrouve le soundsystem Dem a Com. Cette formation nous offre un son très Roots ce qui créé une rupture avec la fin de session de l'Original Faya Crew. Parmi la sélection, on reconnaitra quelques fondations comme Abyssinians, Dawn Penn et son titre "(No, no, no) You Don't Love Me"... mais aussi des références plus contemporaines comme l'indétrônable titre "La Caraïbe" de Yaniss Odua.
Dub Livity assure la suite des festivités et commence par un morceau dans lequel est remixé le refrain de "I Shot The Sherif" de Bob Marley. La marque de fabrique Dub Livity est tout de suite perceptible : effets, son nettement plus fort, animation en anglais, etc. On notera de plus que le soundsystem n'est pas venu seul puisqu'il est accompagné de Prince qui tiendra en partie le rôle de maître de cérémonie et proposera même une chanson. Si Dub Livity aime rappeler que « Reggae music is an international music », il le prouvera à plusieurs reprises avec, entre autres, une production japonaise et même une production caennaise.
L'entrée du One Dread Soundsystem sera étonnante puisque ses membres débutent leur set par un son Hip-hop d'Arrested Development ("People Everyday") et le tube de Shaggy "Boombastic". La suite sera plus « conventionnelle » avec du Anthony B, Sizzla, le Golden Hen riddim ou encore le Reverence riddim et 2 titres de Caporal Nigga. Contrairement aux autres soundsystems qui développent un style posé pour présenter les différentes tunes, le One Dread se distingue par un côté euphorique qui donnent une impression d'en faire trop. Quoi qu'il en soit, le public ne semble pas gêné, bien au contraire s'il on se fie aux nombreuses personnes qui dansent.
C'est enfin au tour du Create a Sound d'entrer en piste. Le son redevient Roots avec des artistes comme Steel Pulse, Buju Banton, Shinehead ("Jamaïcan in New York") et même un petit riddim Ska en fond sonore pour présenter la future soirée qui se tiendra à Berck sur Mer (62) le 23 février 2008 avec en tête d'affiche Carlton Livingston et le Soul Stereo soundsystem.

Vous l'aurez donc compris, le deuxième volet du Caen Sounds Meeting rencontra un réel succès de part la présence d'un large public et l'esprit dans lequel cette soirée s'est déroulée. Loin d'être dans une logique de clash, les soundsystems ont joué jusqu'à 4 heures du matin pour la même cause : celle du Reggae. Éclectisme en terme de styles et de programmation, partage de la scène avec quelques singers (dont certains « blazes » nous ont échappé... mille pardons !), sont les ingrédients qui ont permis à des massives réceptifs de passer une bonne soirée.

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