expo ethiopie

Exposition Ethiopie chrétienne @ Musée en Piconrue (BE)

du 01-12-2007 au 27-04-2008
Musée en Piconrue - Bastogne (BE)

Le monde du Reggae et plus particulièrement le mouvement Rastafari est très lié à l'Ethiopie. Ce pays, qui a su préserver son indépendance à travers les siècles, a su également se forger une identité propre autour, notamment, de l'église. Dès le début, le mouvement Rastafari a été sensible à cette identité en reconnaissance l'essence divine d'Haïlé Selassié. Faut-il rappeler que Bob Marley à la fin de sa vie a été baptisé par l'Abouna Yesehaq et a reçu le nom de Berhane Selassié : Lumière de la Trinité ?
Le Musée en Piconrue à Bastogne (Belgique) est consacré à l'art religieux et croyances populaires en Ardenne et Luxembourg. Dans le cadre d'une exposition temporaire, il nous présente cette Ethiopie chrétienne jusqu'au 27 avril 2008.
Après s'être acquitté des droits d'entrée, nous pouvons admirer dans le hall d'entrée, une énorme fresque visible de l'extérieur du bâtiment illustrant notamment certains passages de la vie du Christ mais également ce qui ressemble à des massacres de populations païennes certainement. Les personnages sont caractéristiques de la peinture éthiopienne classique : les grand yeux, le dessin simple et la représentation des visages toujours plus ou moins de face. Seuls les personnages mauvais sont représentés de profil. Dans ce couloir sont présentés également une reconstitution d'une des stèles d'Axoum qui tient plus de l'obélisque que de la stèle. Juste derrière elle se trouve une grande croix de procession en bois. Voilà qui annonce déjà plus d'un émerveillement en perspective.

Nous entrons alors dans la première salle consacrée à l'Ethiopie en général et plus particulièrement à ses populations. Aux murs, des cadres nous présentent les différentes populations autochtones aux différentes régions de ce pays grand comme deux fois la France. Dans la salle, des colonnes en verre arborent des objets usuels et des parures ethniques. La majeure partie de la salle est occupée par une reconstitution d'un intérieur : meubles, poteries, vêtements, vannerie... Des armes traditionnelles sont aussi exposées. Sur notre droite, une grande armoire vitrée nous permet de commencer l'immersion dans l'Ethiopie chrétienne avec quelques objets usuels notamment une croix de procession et des parchemins montrant Saint Georges – patron de l'Ethiopie – terrassant le dragon ou une scène de la vie courante. En venant nous nous attendions à voir quelque chose de plus grandiose mais ce n'est que la première salle d'introduction où résonne de la musique traditionnelle éthiopienne.
Nous poursuivons donc la visite en pénétrant dans la deuxième salle consacrée à l'Histoire de l'Ethiopie des temps les plus anciens jusqu'aujourd'hui. Derrière des vitres, beaucoup de livres et de reproductions de documents anciens comme des gravures ou des photographies. Nous voyageons dans l'Abyssinie de Theodoros II ou Ménélik puis dans l'Ethiopie d'Haïlé Selassié Ier. Le voyage se termine avec des bandes dessinées, quelques billets ou autres étiquettes de bière.
Avant de quitter cette deuxième salle, nous pouvons admirer une très belle toile retraçant la sortie des tabots de la cathédrale d’Aksoum, ancienne capitale du royaume du même nom avant sa disparition au XIIème siècle. C’est encore aujourd’hui la capitale religieuse de l'Église éthiopienne orthodoxe. Les tabots sont des copies de l’Arche d’Alliance présents dans chaque église. Elles ne sont exposées au public que sous de lourdes étoffes lors de certaines processions rituelles.
La troisième salle nous ouvre alors les bras, pour une plongée dans ce christianisme qui n’a que peu évolué depuis le IVème siècle et la conversion du roi Ezana. Dans les vitrines, les croix de procession, croix de cou ou autres sistres révèlent leur beauté. On trouve aussi des icônes, sous formes de diptyque ou triptyque, ces panneaux de bois peints qui s’ouvrent pour laisser apparaître quelques figures pieuses. Les murs sont parés de grandes fresques qui racontent la vie du Christ ou de Marie (communs aux autres courants du christianisme) mais aussi des épisodes de la vie des grands saints éthiopiens. On retrouve alors encore Georges terrassant le dragon. On peut voir aussi Za Michael Aragawi (un des neufs saints qui évangélisa l’Ethiopie) qui reçut l’aide d’un énorme serpent envoyé par Dieu pour fonder le monastère de Debre Damo en haut d’un plateau inaccessible. On n’y accède encore aujourd’hui que par une corde pour affronter la falaise de quelques 20 mètres de haut. Samuel de Waldebba, qui dompta un lion par la force de son esprit pour en faire sa monture après que celui-ci eut mangé son âne, est ici aux côtés de Gabra Manfes Qeddus. Ce saint qui vécut plus de 500 ans, est représenté au milieu des lions et des léopards, sa barbe et ses cheveux étant si longs et épais qui couvraient entièrement son corps. Enfin, Talkla Haymanot, à qui Dieu donna trois paires d’ailes lorsque Satan voulu l’empêcher d’aller à Jérusalem. Il est représenté avec une seule jambe, ayant perdu l'autre au cours d’une très longue retraite. Aux milieux des anges, archanges et autres saints, l’Ethiopie déploie tout son art au service de la religion.

Une vitrine nous présente également Lalibela. Ce site, qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978, est une merveille. Bâtie sous le règne du roi du même nom, elle se veut une reproduction de Jerusalem qui est rendu difficilement accessible de part la présence musulmane dans la région en cette fin de XIIème siècle. Sa particularité est ses églises creusées dans la roche. La légende raconte qu’elles auraient été sculptées par les hommes le jour et par les anges la nuit. Lalibela est la deuxième ville sainte d’Ethiopie derrière Aksoum.
L’exposition se termine dans le cloître avec des grandes peintures d’églises, représentant Theodoros, Marie ou encore Yared qui voit son pied transpercé par la lance du roi Gabra Meskal alors qu’il chante à la gloire du Seigneur. Les deux ne se rendent compte de rien tellement ils sont sous l’emprise du chant. Yared, qui a reçu la révélation de la musique religieuse par trois oiseaux venus du jardin d’Eden, est à la base de toute la liturgie éthiopienne qui suit encore aujourd’hui ses règles. On peut également voir ce qui ressemble au sommet du toit d’une église avant de nous diriger vers la sortie de cette exposition.
Cette exposition temporaire dure encore quelques temps, n’hésitez pas à faire le déplacement à Bastogne pour un dépaysement total.

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