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Festi'Val de Marne #19 @ Choisy le Roi (94)

Samedi 15-10-2005
Parc interdépartemental des sports, Choisy le Roi (94)

Cette 19ème édition du festival de Marne fût, à n’en pas douter, marquée par la qualité de l’affiche Reggae proposée avec au programme des artistes à dimension aussi bien internationale que locale, le tout agrémenté par différents soundsystems.

Arrivés sur les coups de 16h30, notre première surprise fût bien entendu la petite annonce indiquant que le festival était complet. Malgré que de nombreuses personnes se retrouvèrent « à la porte », on ne peut que se réjouir du fait que la jeunesse francilienne a su répondre présente pour ce genre d’évènement.
A l’entrée du festival, c’est le Easy Style Soundsystem au contrôle et qui fait bouger les massives sur des big tunes Nuroots (Luthan Fyah, Turbulence, Capleton, Warrior King), de quoi se mettre en appétit avant d’attaquer les têtes d’affiche.

Tout juste le temps d’effectuer un petit repérage des lieux et de constater la présence de stands de la sécurité routière et de la prévention santé (à noter la distribution gratuite de protections auditives à l’entrée, big up l'organisation), que le son envahit déjà nos oreilles. 17 heures, direction le petit chapiteau où se tient le live de Tu Shung Peng en featuring avec Ganja Tree et Difanga. Une bonne prestation, et les personnes présentes à ce moment n’oublierons pas la superbe reprise du "Night Nurse" de Gregory Isaacs par Difanga.
Pas le temps de respirer, le grand chapiteau accueille le soundsystem Demolisha accompagné de quelques figures montantes de la scène française : Straïka D, Azrock, Mad Killah, Saika; ce dernier fait le MC pour le crew et ambiance le grand chapiteau qui se rempli rapidement. Avant d’entamer les prestations individuelles, c’est sur un mix du Doctor's Darling riddim que les deejays du Demolisha finissent leur intro. Straïka D arrive alors et au bout de quelques minutes le grand chapiteau s’anime de plus en plus. Straïka montre ses qualités vocales sur des gros riddims, notamment le Hard Times. Jolis shows qui ne demandaient qu’à être plus longs, 12 minutes par artiste c’est quand même short.

Déjà 18h30, on traverse notre petit carré d’herbe, le lieu s’est bien rempli et les massives squattent la pelouse, zigzag entre les chapiteaux. Nous arrivons au petit chapiteau, où débute N’Zela, musique à consonance Africaine, là encore le public était au rendez-vous. A gauche de la scène, on pouvait trouver le stand de N’Zela avec des CDs promotionnels distribués gratuitement. Un bon son Reggae qui fait danser les massives sur des rythmes chaleureux. Il était accompagné d’un remarquable artiste qui traduisait le son de l’Afrique par sa flûte.
Les groupes s’enchaînent alors à un rythme effréné entre les 2 scènes. Pas évident dans cette situation de pouvoir profiter pleinement du festival car nous n’avons malheureusement pu assister à tous les lives; il en est de même pour les soundsystems qui se tenaient à l’entrée du site, du haut du camion aménagé. Ce camion mérite bien quelques mots car en plus de nous proposer de la musique, il mettait à disposition des sanitaires propres (bien agréable) et servait gratuitement du thé à la menthe... que du bonheur. Aller aux toilettes avec les deejays au dessus de sa tête et un gros "Jah Jah City", c’est quand même fun. Les massives dansant dans la file d’attente, bonne ambiance sur le festival!
Derrière les grilles qui délimitent le parc, les personnes n’ayant pas de billets s’amassent. Lorsqu’à un moment, une vingtaine de ces personnes envahissent le parc en passant par-dessus les grilles! La sécurité n'en refoulera que quelques uns.

19 heures, c’est le moment attendu par beaucoup de monde, car dans le grand chapiteau c’est une valeur montante du Roots Reggae qui s’apprête à jouer.
Les premières notes du bassiste résonnent dans le parc, c’est parti! La foule se précipite et court dans le grand chapiteau (quelle ambiance!), les plus malins étant arrivés avant pour avoir les meilleures places.
Groundation qui a su, comme a l’accoutumée, faire vibrer un public connaisseur, conquis et convaincu par la qualité du son Roots. Ils nous offrent un show où l’on n’a pas le temps de s’endormir! Leur passage ne durera qu’une heure, ce qui est très peu pour ce groupe, qui nous a habitué a de longs Dubs et à varier les tempos. Alors imaginez en une heure, les chansons s’enchaînent, le public est vraiment chaud, nous avons droit aux dernières chansons de l'album "We Free Again", puis, un superbe medley de leurs anciens albums ("Dragon War", "Babylon Rule Dem", etc). Le percussionniste nous fait toujours autant bouger, et Marcus Urani au clavier met le feu sur un solo pendant "Undivided".
Une réelle frustration pour tout le monde au bout d’une heure, et malgré de nombreux rappels, le groupe ne reviendra pas sur scène. Vraiment dommage pour les grounded.

20h30, c’est au tour de Jim Murple Memorial d’assurer le show. Les 7 musiciens au style vestimentaire parfois décalé, entament leur récital de Rythm n’Blues jamaïcain avec un panache qui ne laisse pas le public indifférent et qui visiblement connaît bien les chansons du groupe. D’excellents passages Rocksteady/Ska, qui ont permis aux plus virulents de faire des slams/jumps dans la foule (attention ça remuait dans les premiers mètres devant la scène!). Une petite note négative tout de même, dans la gestion du son, le volume du micro de la chanteuse était couvert par les instruments... dommage.
Outre ce fait, un groupe qui met vraiment le feu, sur des instrus vraiment traditionnelles au Rocksteady/Ska. Les musiciens ont eux, leur style particulier, charismatiques et se fondent vraiment dans l’ambiance de la musique. La bonne humeur et la joie!
Dans le petit chapiteau c’est l’heure de Two Tone Club, un groupe français de Ska, qui rassemble son public, et fait découvrir aux autres leur originalité.

22 heures : c’est le moment tant attendu avec sous le grand chapiteau, le backing band No More Babylon qui s’échauffe sur un gros riddim Studio One, en faisant monter la pression pour la venue de l’unique, Mr Ken Boothe. Et c’est une ovation lorsque le crooner jamaïcain, tout de blanc vêtu, arrive sur scène. Il n’a rien perdu de ses capacités vocales. Cet artiste, longtemps comparé à Otis Redding, nous dévoile une fois de plus son charisme en chantant avec aisance et profondeur ses plus beaux tubes tels que "When I Fall In Love", "Artibella", les gros classiques en medley : "Moving Away", "Everything I Own", "I Don’t Want To See You Cry", "Set Me Free", "Christopher Columbus" (excellente version, avec un discours sur la colonisation par les Européens de la Jamaïque et la condition d’esclave des Indiens).
A 57 ans, Mr Rocksteady a confirmé son statut de chanteur jamaïcain incontournable mais surtout nous a montré qu’on pouvait compter sur lui et son talent pour quelques années encore, et cela à notre plus grand bonheur.
Plusieurs messages pendant le show, messages essentiellement d’Unité et de rapprochement des peuples. De respect et d’Amour.
Encore bravo au backing band qui s’est parfaitement entendu avec Mr Boothe, une big vibe, une bonne ambiance dans le festival!

Pour conclure, on va féliciter l’organisation pour son respect des délais de passage, même si certains artistes auraient mérité plus de temps, il ne faut pas être mauvais joueurs étant donné la programmation qu’ils ont préparé et le prix du festival, 12€ pour une telle affiche, on ne peut se permettre de se plaindre.
Notons également que le stand « Snack » n’était pas à la hauteur de la demande. Beaucoup trop de monde, de queue, et à 21 heures il n’y avait plus de boisson et de sandwich. Ce qui parait étonnant pour un festival qui en est à sa 19ème édition. L’organisation aurait vraiment dû prévoir deux stands sur le parc pour satisfaire tout le monde. Mais la bonne ambiance et la vibe des artistes ont pallié ces petits dysfonctionnements.
Alors le mot de la fin: à l’année prochaine!

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