festival de marne 2007

Festi'Val de Marne 2007 @ Parc Interdépartemental des Sports (94)

Samedi 20-10-2007 - Festi'Val de Marne 2007
Parc Interdépartemental des Sports - Choisy le Roi (94)

C'est par une belle mais fraîche après-midi que nous nous rendons au Parc Interdépartemental des Sports de Choisy le Roi. Il est 16h30 tout juste passé. Le parc vient d'ouvrir ses portes mais le public afflue déjà dans un flot continu de personnes. Par rapport à la précédente édition, rien n'a changé : les deux chapiteaux sont là, seul le soundsystem extérieur est absent.
Comme annoncé, il est 17 heures quand les premières notes s'échappent, même si tout le monde n'est pas encore arrivé. C'est Broussaï qui ouvre la danse. Ce groupe qui est né à l'aube de l'an 2000, vient de Mâcon nous apporter quelques vibrations francophones. Après un medley musical introductif, c'est "Avec Des Mots" de leur dernier album éponyme qui résonne sous le petit chapiteau. Le public se met tranquillement en mouvement. Vient ensuite "Larmes Du Crime" issu de leur album précédent. Thomas, le batteur du Homegrown Band, assiste quelques temps au concert. Broussaï enchaîne leurs titres, toujours dans la même veine et avec un message qui passe facilement au public. Après 45 minutes, le show se termine, l'organisation semble vouloir éviter tout retard dans la programmation.

Il est donc temps de changer de chapiteau pour assister au concert de Winston McAnuff. Comme la veille au Festival Picardie Mouv', le Homegrown Band s'échauffe avec un medley instrumental avant que l'Electric Dread ne débarque sur scène dans un costume noir et or. Il alterne ses compositions plus récentes avec ses tubes d'hier, le tout joué de manière dynamique et énergique. "What A Man Sow", "Hypocrites And Parasites", "What The Man A Deal With", "Rock Soul". Tous ces titres sonnent comme autant d'hymnes. Pourtant même si Winston se démène sur scène, il n'a pas l'énergie explosive de la veille. Le show est cependant assuré. Il poursuit avec "Sun Setting In The Sea", "Fear" ou encore "Head Corner Stone". Comme la veille, il termine en fanfare avec "Common Sense" puis "Peace". Il sert quelques mains dans le public et quitte la scène. On ne peut en rester là – surtout qu'il reste, en théorie, une dizaine de minutes. Le public scande « Winston ! Winston ! ». L'Electric Dread ne peut que revenir après une telle ovation. Il revient donc avec "Rastafari Is His Name" du projet avec "A Drop" avec Bazbaz. Le public bat une mesure Nyabinghi en harmonie avec le groupe. D'un coup Winston s'écroule littéralement sur scène et reste au sol quelques secondes avant de se relever aussi rapidement. Il assure le spectacle jusqu'au bout. La reprise d'"Unchained" conclut définitivement son set avec ses derniers mots pour le public : « A la prochaine ! Je t'aime ! ».

Le silence tombe à peine sur le grand chapiteau qu'on entend déjà les basses qui proviennent du petit chapiteau. On ne verra pas l'entrée de Nucleus Roots puisque le show est déjà commencé. Ce soir Nucleus s'est déplacé dans sa structure minimale. Paul Lush à la console et Megadread au chant, enfin, il officie en tant que deejay plutôt que chanteur. Les présentations et salutations se font sur le premier morceau. Comme toujours ça bouge autant sur scène que dans le public même si l'ambiance soundsystem a du mal à s'établir complètement. Le mur de son n'est pas au programme. La majorité des titres sont maintenant connus pour ceux qui ne découvrent pas le groupe de Manchester. Ainsi on retrouve "Irie Meditation","Jah Rule" ou le plus récent "Lie Dem A Tell" issu de "Heart Of The Matter". Habituellement assurée live par Moses ou Simon Dan, la première partie des morceaux n'est qu'une version studio mixée en direct tandis que Megadread explose sur les secondes parties. La nouveauté est aussi au rendez vous : nous avons ainsi le droit à un titre apparemment appelé "Warrior" que Mark d'Iration Steppas semble jouer régulièrement. Mais pour le public le meilleur titre est assurément "Fari People" qui est accompagné d'une très grosse réaction. Suivent "Picture On The Wall", originellement interprété par les Natural Ites (Ossie Gad l'interprète lui-même quand il tourne avec Nucleus Roots d'ailleurs), puis "Faraway" sur une reprise du Dub Fire d'Aswad et "Run Come Quick". On rappelle alors au groupe que l'heure tourne « Last one ! ». Ce sera donc la dernière. Megadread entonne « Jah Jah we love you, Jah Jah we love you » et sur la fin de la chanson, les ingénieurs sur le coté de la scène leur font des grands gestes avec des lumières dans les mains, histoire de ne pas les manquer... Quarante cinq minutes de Nucleus c'est vraiment trop court.

C'est l'heure d'Alton Ellis maintenant. Après le Dub anglais de Nucleus, on ne s'attend pas du tout à la même ambiance. Le groupe est déjà en place : contrebasse, cuivres. L'atmosphère sera feutrée. Tout le monde retrouve ses marques avec un petit medley dans lequel on reconnaît "Still In Love With You" ou "I'm Just A Guy". Cette légende de la musique jamaïcaine entre alors en scène pour nous interpréter ses plus grand succès et ils sont nombreux. Il commence avec "Girl I've Got A Date" puis "Rocksteady". Pour celle-ci, il nous demande de chanter avec lui : « if you know the song, sing along ! ». Nul besoin de le demander, le public reprend déjà en chœur les refrains et reprend les « Yeah, Yeah ! » qu'Alton lance sous le chapiteau. Viennent ensuite "Let Him Try" et "You've Made Me So Very Happy". Il nous rappelle que c'est Aspo qui joue derrière lui. C'est vrai qu'Alton avait un peu éclipsé leur nom sur l'affiche, mais en tout cas, leur prestation est parfaitement orchestrée. Les pull up se suivent tellement le public connaît ses hymnes. Alton coupe chaque début de chanson par un « Rewind dat ! ». Ce sera le cas pour "Breaking Up Is Hard To Do" où s'opère la surprise du concert, Alton nous présente et appelle sur scène son fils, Christopher Ellis. Même si le charisme n'est pas encore au rendez-vous, la voix elle ne laisse aucun doute sur le talent. On apprend qu'un album intitulé "Presenting Another Ellis" est également prévu. A suivre... Les titres s'enchaînent : "I'm Still In Love With You", "My Willow Tree". Alton commence puis « Rewind dat ! » et c'est son fils qui reprend la même chanson. Il n'y a pas de doute, il ne peut pas renier son fils qui a hérité de la même voix. La prestance sur scène par contre est encore à travailler. Nul besoin de rouler des mécaniques pour assurer sa présence sur scène. On s'achemine tranquillement vers la fin du set avec "La La Means I Love You", Alton s'amuse toujours autant à faire chanter le public. Le public en redemande encore et il sera exaucé puisqu'Alton revient avec "I'm Just A Guy" puis le Ska "Dance Crasher" conclut définitivement le show.

On se précipite sous le petit chapiteau pour la prestation de Manjul que l'on suit quasiment sur chaque date. Ce soir il joue en anorak, il faut dire qu'on est loin des chaleurs africaines. Ses musiciens habituels sont là, seule la section cuivre est différente puisqu'il s'agit de celle du Homegrown Band. On commence avec un medley reprenant des morceaux de ces dix dernières années. Même si beaucoup le découvrent ce soir, Manjul commence à avoir un sacré bagage musical internationalement reconnu. On reconnaîtra dedans "Nou Le Sak Nou Fe" issu de l'album éponyme. Ce soir, le son sonne moins africain comparé sa prestation au Glaz'Art. Pourtant les instruments traditionnels sont là avec aussi bien Mohamed Fofana au balafon et à la flûte peuhl qu'Adama Yalomba au kamale n'goni (un genre de kora). Les derniers réglages de son et changement de micro se font sur les premières chansons, "Any Which Way" puis "If They Only Knew" une de ses rares chansons en lead complet, sortis en Afrique en CD sur un Various Artists de Humble Ark, "United Voices of Africa", et qui sortira en 45 tours très prochainement. On continue avec quelques titres issus de son dernier album "Jahtiguiya" comme "Chant Nyabinghi", "Bara" et "Djoliba" avec la chanteuse Assetou Kanouté qui encore une fois laisse une forte impression à tous, aussi bien ceux qui la connaissent déjà que ceux qui la découvrent ce soir. Après ses trois titres, elle quitte la scène toujours aussi radieuse et heureuse d'avoir pu nous faire vibrer au son de sa voix. Adama la suit mais revient pour chanter pour une version particulière de "Africa Is Calling (His Children To Go Home)", issu de "Faso Kanou". Il est suivi du Ska "Spread The Good Things" auquel le public réagit vraiment chaleureusement. Un autre medley suit. Il s'agit de chansons de Takana Zion (parmi lesquelles "I Tan Didi") qui malheureusement ne sera pas là ce soir car il n'a pas eu son visa. Manjul semble l'avoir vraiment mauvaise, c'est déjà la deuxième fois qu'il n'a pas son visa : « Conakry, Takana Zion te préfères à Paris ! ». Il sera quand même ici par l'esprit, et "Conakry" sera décliné en version Dub. Le set se termine comme il a commencé avec le riddim "Step One" qui clôturait le premier medley introductif, la boucle est bouclé et le voyage terminé. As it was in the beginning, it shall be in the end...

Nous sommes donc repartis pour le grand chapiteau pour une dernière fois et, exceptionnellement ce soir, nous devons attendre un peu dehors, puis aussi à l'intérieur. Enfin le Tado Experience Band prend place en musique sur le Real Rock riddim. Les choristes arrivent pendant un deuxième morceau instrumental. On nous précise qu'il arrive dans une minute ou deux. La choriste qui semble mener le groupe leur annonce alors : « Satta Massa Gana ! ». Le groupe s'exécute donc pour un Satta riddim. A la fin du morceau, Doctor Alimantado entre en scène avec un pupitre et des feuilles à la main : aurait il besoin des paroles de ses propres chansons ? Il est affublé d'une blouse blanche et d'un stéthoscope. Sa voix, quant à elle, est éraillée mais ça ne l'empêche pas de discourir déjà. En fait, il nous explique que ce n'est pas son premier passage sur scène en France mais c'est son premier passage officiel. En 91-92, il est déjà venu à la demande de son ami Simon (et oui Sim's) pour remplacer Lee Perry. Il ne pouvait refuser car Lee Perry est comme un père pour lui. Il a donc assuré au pied levé un show avec en première partie sa femme à ce que nous comprenons. Les non anglophones ne seront pas à la fête ce soir car le docteur a beaucoup à nous raconter.
Cette fois c'est parti en musique mais il ne peut s'empêcher de revenir entre chaque chanson pour un discours. Il nous parle alors notamment de la police qui n'est constitué que de simples hommes. Un spectateur qui n'a sûrement pas tout compris hue quand Alimantado dit le mot « police ». Le docteur le reprend immédiatement. Il lui dit de ne pas huer la police car sinon il pourrait se faire abattre comme un chien dans la rue et ne pourrait rien faire. Il poursuit avec "Ride On" au cours duquel il checke le public. La disposition de cette scène permet un vrai contact avec ce dernier et il en profite. Un autre discours sur les voisins et la fraternité précède "Poison Flour" sur le "Man Next Door" de John Holt salué comme il se doit avec un pull up de rigueur. Les chansons et les longs discours alternent inlassablement mais lassant une partie du public qui ne comprend pas tout de ce qui est dit. Sur "Oil Crisis", il appelle Winston McAnuff à venir le rejoindre. Il fera un passage éclair quelques minutes plus tard. Un peu plus tard également, il nous interprète "No Gwan So" le premier titre de la compilation "House Of Singles" puis nous raconte l'histoire de la pochette de "Best Dressed Chicken In Town". Quand il est arrivé à Kingston, il avait un pantalon, enfin plutôt une moitié et il n'avait même pas de fermeture à glissière. C'est comme ça qu'est arrivé le poulet le mieux habillé de la ville. Il poursuit notamment avec "Blessed Is That Land Africa", "Mary Lou", "Can't Conquer Natty Dreadlocks"et "Oh My Brothers And Sisters". Le guitariste Jerry Lyons se permet à un moment un solo avec les dents. Il est 23h15 - heure théorique de la fin de son set - quand il appelle alors Alton Ellis qui entre en scène. Tout le monde sur scène essaye de lui voler son chapeau. Après cette apparition, Alimantado nous présente son groupe, on apprend ainsi qu'aux chœurs on retrouve sa fille et une des choristes a apparemment participé aux projets Abacush et African Woman Abroad. Il chante encore un peu, reprend sa blouse qu'il avait enlevée puis quitte la scène.
Ainsi s'achève cette soirée consacrée au Reggae dans le cadre de la 21ème édition du Festi'Val de Marne. Un grand merci aux organisateurs ainsi qu'aux artistes qui ont vraiment assuré.

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