picardie mouv 2007

Festival Picardie Mouv' @ Théâtre de La Faïencerie (60)

Vendredi 19-10-2007
Théâtre de La Faïencerie - Creil (60)

Alors que nous sommes encore abasourdis par le meurtre de Lucky Dube, le Picardie Mouv' s'apprête à entamer la soirée consacrée au Reggae pour la seconde édition de ce festival. La précédente édition avait donné lieu à deux soirées consacrées à notre musique préférée avec les Congos et Alpha Blondy en tête d'affiche. Ce soir la Faïencerie de Creil, c'est une affiche pas moins alléchante qui nous a attiré : Neg'Marrons, Winston McAnuff, Adrian Sherwood et Lee Perry.

Nous arrivons vers 20h30. Le public ne semble pas encore au rendez vous. 21h00 comme annoncé, Lion Scott, l'animateur de la soirée, entre sur scène pour nous lire le programme des festivités. Quelques minutes après, c'est donc Neg'Marrons qui investissent la scène devant quelques 300 personnes. Les hostilités commencent fort sur un riddim Dancehall. Jacky et Ben J entonnent des titres comme "Donne Toi Les Moyens" ou "Produit De Son Environnement". Un « Vous connaissez Sa Majesté Impériale... Bob Marley » vient conclure la chanson ; le Roi du Reggae est apparemment devenu Empereur. Les Neg'Marrons reviennent avec un nouvel album cette année, ils nous présentent donc deux titres qui en sont extraits, "On Fout Le Feu" et un autre dédié à tous les sans papier, ceux dans la précarité. Ils reprennent ensuite des titres comme "Quitter Son Pays" ou "Dance Hall Phenomen" pendant lequel ils nous apprennent à danser le Dancehall. Que ce soit le Thunderclap ou le Pon de River, ces danses n'ont plus aucun secret pour nous maintenant. Ils justifient ensuite le fait qu'ils soient en première partie toujours en prose : « ceux qui ont la puissance, commencent la danse ».

Ils maintiennent la pression avec "Tout Le Monde Debout" mais sans Mr Vegas, enchaîné sans transition avec "Le Bilan", qui a fait découvrir le Truth & Rights riddim à beaucoup de non initiés. Mais les morceaux nous donnent l'impression de ne pas être joués jusqu'au bout. Ils poursuivent toujours sans transition avec "Bisso Na Bisso", tout ceci nous donne véritablement un medley de leurs titres les plus connus. Ils continuent avec "Fiers D'etre Neg'marrons", "Enfants Du Ghetto" puis "Lève Toi, Bats Toi". « C'était en 97-98, pour tous les anciens! ». En effet, leur premier album a déjà 10 ans. On nous présente alors les membres du One Family Band (nous reverrons le batteur Thomas avec le Homegrown Band) et tout le monde disparaît après une heure de spectacle. Les Neg'Marrons ont assuré un très bon show.

Lion Scott, animateur sur Générations et frère de Joey Starr, reprend le relais et tente de motiver les troupes. Il aurait aimé plus de monde alors il nous dit : « maintenant tu prends ton téléphone et t'appelles tes amis car c'est ici que ça se passe! ». En attendant le prochain groupe, Ziat I du label Prolifik Records est annoncé aux platines à coté de la scène. Lion Scott annonce une session strictly early digital mais en fait ce sera une plutôt Reggae avec un grand R car il y aura surtout du Roots comme Scotty sur le Stop That Train, Toyan sur le Revolution riddim ou même Cornell Campbell avec "Jah Jah Me Born Yah".

Après une vingtaine de minutes de mix, c'est Adrian Sherwood qui prend les commandes de sa console sur scène. C'est alors que Lee Perry entre en scène avec son sac de voyage et un bonnet avec des fausses dreadlocks vissé sur le crâne. Toujours aussi excentrique, il enchaîne les morceaux quasiment sans jamais s'arrêter de déambuler de gauche à droite comme un lion en cage. Dans les paroles, Jésus Christ est présent aux côtés de l'Inspecteur Gadget. Entre deux chansons, il troc son bonnet pour sa casquette fétiche avant de reprendre nécessairement son bonnet à locks pour une interprétation de "Curly Locks" que l'on connaît tous, chanté par Junior Byles mais que ‘Scratch' a produit. C'est enfin l'heure de ses "tubes".

Viennent ensuite "War Ina Babylon" de Max Romeo qui devient « War In The White House », "Vampire" de Devon Irons ou "One Step Forward". Les deux hommes ont déjà collaboré par le passé et semblent s'entendre à merveille, chacun dans des univers parallèles. Après une heure de pitrerie en tout genre, Lee Perry reprend son sac et repart vers des contrées encore inexplorées par l'esprit humain...

Nous sommes alors reparti pour une session Early Digital du même acabit que la première avec notamment "Uptown Top Ranking" d'Althea & Donna avant que la fin soit vraiment digitale avec Garnett Silk, Gregory Isaacs, Barrington Levy ou encore Eek A Mouse.

Après cette session, le Homegrown Band entre sur scène avant de se lancer dans un medley instrumental, histoire de se mettre en jambe et ramener le public clairsemé prés de la scène. Winston McAnuff jaillit littéralement des coulisses tel un boulet de canon pour nous interpréter "Time Is Running Out" issu de son dernier album sorti chez Makasound, "Pick Hits To Click". Après ce premier morceau, Winston prend le temps de rendre hommage à Lucky Dube et lui dédie "What Man Sow". Viennent ensuite "Hypocrites And Parasites", "What The Man A Deal With" et "Secret". Après ses grands classiques, Winston revient sur des productions plus récentes avec "Rock Soul", extraite de son dernier projet "Paris Rocking" avec Java.
Après une demi-heure de concert, Winston est toujours autant déchaîné, on apprendra plus tard qu'il était pourtant malade ce soir. Chaque claquement du pied sur le sol fait levé un nuage de poussière dans les airs. L'Electric Dread alterne ses titres des années 70 et ses compositions les plus contemporaines avec tout autant de succès. "Sun Is Setting In The Sea", dans une excellente version très musclée, côtoie ainsi "Fear" puis "Sentenced", issu d'une expérience encore différente "A Drop" avec Bazbaz, avant "Headcorner Stone". Winston s'amuse avec le pied du micro qui malheureusement ne revient pas et laisse tomber le micro au pied des spectateurs. L'incident est sans gravité, Winston reprend son show endiablé.

"Common Sense" puis "Peace" aux cuivres explosifs terminent le set d'une heure toujours avec la même dynamique. Seulement, c'est un peu court pour une telle débauche d'énergie. Winston revient donc pour "Rastafari Is His Name" et sa reprise de "Unchained" de Bob Andy devant une centaine de personnes, les autres ayant déjà déserté. Il ponctue le tout par un « Je t'aime! A la prochaine! » et c'en est terminé.

Cette année encore, le Picardie Mouv' nous a assuré une très bonne soirée avec cette programmation, même si le son était un peu trop poussé dans cette salle qui n'a jamais été comble. On se donne donc rendez-vous l'année prochaine pour à nouveau se rassaner - rassembler en picard - au son du Reggae.

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