rootsdanslavallee 2006

Festival Roots dans la Vallée 2006 @ Salle de la Buissonière (77)

Samedi 18-11-2006
Salle de la Buissonière - Vaux le Pénil (77)

Pour la deuxième année consécutive, JAHSound.net se fait le partenaire de l’évènement Reggae incontournable de cette fin d’année en Seine et Marne, le Festival Roots dans la Vallée qui donne rendez-vous aux massives pour une 8ème édition qui s’annonce encore bien sympathique. En effet, après Horace Andy en 2005, c’est au tour d’Anthony B de venir enflammer la ville de Vaux-Le-Pénil. Une affiche haute en couleur et une fois de plus éclectique, avec cette année la programmation d’un groupe de Rap, made in U.S.A !
Nous arrivons avant l’ouverture des portes et pouvons assister à la préparation des divers stands. A noter la présence de stands d’informations (Sida, Sécurité routière, Croix-rouge) et d’une exposition photos sur le Pérou de Philippe Dély. Mais aussi la possibilité d’acheter des CD’s, Vinyles ou encore T-shirts, etc.
19h50, les portes s’ouvrent au public et nous pouvons constater que la salle de la Buissonnière se remplie rapidement. C’est parti pour ce festival, qui débute sur la petite scène avec Mo’Kalamity & the Wizards, avec une introduction sur le James bond theme.
Vous avez pu découvrir ces 7 musiciens (batteur, bassiste, guitariste lead, guitariste choriste, clavier choriste, chant lead et flûte traversière) et la voix authentique de Mo’Kalamity. Des textes toujours conscients, militants et remplis d’amour, fidèles aux racines du Reggae qui se veut de véhiculer un message au plus grand nombre. Ce que le groupe retranscrit parfaitement sur scène.
Nous sommes sous le charme de cette voix à la fois douce et affirmée, qui saura nous rappeler certaines intonations empreintées à la Soul music. Avant chaque chanson, Mo’Kalamity prend le temps d’expliquer le contenu de ses textes et leurs origines, on ressent alors le fait que ses chansons sont bien plus qu’une simple musique et se transforment en « armes lyriques » pour diffuser un réel message destiné à faire réagir les gens, et refléter une réalité trop souvent inégalitaire.
Le groupe a joué des morceaux de leur premier album "Warriors Of Light", disponible depuis mars 2006 et totalement auto-produit par l’association du groupe The Wizards (l’Assos'pikante). Avec entre autre les titres "We’ve Got The Power", "Petit Bonhomme" en featuring avec Djoko, "Reggae Vibration", "Faith", etc. Mo’ et son band ont réussit à bien chauffer l’ambiance, ce qui n’est pas toujours évident lorsque l’on passe en premier dans un festival. Le public était au rendez-vous et en redemande à la fin de la prestation. Une très bonne découverte pour beaucoup, qui ne nous a pas laissé indifférents.
Nous nous dirigeons ensuite vers la grande scène pour une célèbre formation qui nous vient des Pays-Bas : Rude Rich and the High Notes, changement de style et place au Ska/Rocksteady ! Ca démarre plutôt fort avec en introduction le classique Swing Easy riddim enchaîné avec le Rockfort rock. Effet garanti en reprenant ces deux riddims « foundation ».
Le chanteur fait alors sont apparition sur un autre grand classique : "Love and Affection". De quoi ravir les fans de oldies. Malgré le fait qu’une large partie du public soit présent pour Anthony B, notre groupe Hollandais fait sauter une partie de la salle avec ses reprises imparables. Pas le temps de s’arrêter, on continue avec le "Ska beat" et "Prince of Peace". Ils nous ferons aussi une chanson de leur premier album, "Right Track" avant de repartir dans une série de reprises. Amateurs du style, vous aurez reconnu la big tune "Love Me Forever". Sans oublier la période Studio One, avec un clin d’oeil des musiciens sur le "Hot Milk" de Jackie Mittoo. Décidément ils nous ont concocté une grosse playlist fondation ce soir. Rude Rich finira sa prestation avec deux titres hommages à Derrick Morgan et une de The Upsetters "Walk Down The Aisle".
Ce fut un très bon show qui nous a fait bouger pendant un peu plus d’une heure, en choisissant des chansons dont on ne se lasse jamais. Le public semble avoir été conquis.
Direction l’autre bout de la salle et sa petite scène pour découvrir le Chief Rockers Soundsystem, qui nous vient de Paris. Animé par Tarzan (Soul Stereo), aux platines on retrouve Ewone. Une session qui en aura certainement surpris plus d’un, choisi visiblement pour amorcer l’artiste suivant, qui reflète les couleurs du Hip-hop. C’est l’occasion pour certains de se poser tandis que d’autres dansent sans problème sur des gros sons « East Coast ». Heureusement que le DJ a préparé des classiques (Method Man, Redman, Busta Ryhmes, etc.) et bien sûr le "Welcome to Jamrock" de Damian Marley qui aura littéralement mis la salle en effervescence.
Les massives sont maintenant bien dans l’ambiance pour accueillir un groupe US, Beat Assaillant. Un style Hip-hop aux intonations jazzy qui surprend par son côté musical. Nous apprécions le fait que ce soit un « vrai » groupe de scène avec, une section cuivre, un synthé, guitare et basse, mais aussi des choeurs pour accompagner le chanteur. Toutefois, faire ce choix de programmation pour un festival Reggae peut sembler étonnant, surtout si certains n’étaient pas prévenus de la venu d’un groupe de Rap. Il y avait néanmoins une bonne « vibes » qui se diffuse dans la salle et nous sommes loin des stéréotypes du Rap US, le flow de Beat Assaillant est singulier et apaisant, rajoutez à cela un effort incontestable sur la réalisation des mélodies et instrumentales, vous obtenez ce cocktail explosif from New-York. Pas d’insultes à tout va comme nous pouvons l’entendre dans beaucoup de chansons de Rap Us, pas d’excentricité, mais au contraire un groupe qui a du style et de la classe, un jeu de scène travaillé qui ne nous a pas laissé indifférents. Nous avons découvert les chansons issues de son premier album "Hard Twelve".
Second interlude avec les Chief Rockers, cette fois le festival retrouve la « vibes » Reggae. Une sélection classique pour les connaisseurs, ce qui permet de remettre les massives dans le bain. D’autant plus lorsqu’il commence par lancer un Doctor's Darling riddim sur un beat largement accéléré, ou encore Fantan Mojah et son "Dem A Build Get Man". Bien qu’il reste encore la tête d’affiche à passer, on s’aperçoit qu’une partie de la salle fatigue, il est alors près de minuit. Le selecta balance alors "Jah Jah City" de Capelton, réaction immédiate dans toute la salle sur le flow du prophet, le refrain sera repris en choeur par le public.

Avec plus de 30 minutes de retard, la grande scène s’éclaire enfin et les premières notes se font entendrent. Le moment tant attendu par un bon nombre de massives arrive enfin. Un des rois du Ragga/Nuroots à Vaux-le-Pénil, Anthony B est bien là !
On commence tranquillement avec deux chansons interprétées par le bassiste du band, lorsque Anthony B débarque sur scène, c’est toute la salle qui se réveille d’un coup. L’attente est vite oubliée au son de la légendaire gimmick « yakayo », en courant d’un bout à l’autre de la scène. Il commence avec des chansons assez tranquilles, mais très rapidement nous fait vibrer sur les classiques de son répertoire. Le ton monte avec "What A Pump" sur le Doctor's Darling riddim, puis avec "Good Time". Il reprendra rapidement le refrain de "Rivers of Babylon", avant de nous faire découvrir 2 chansons tirées de son nouvel album intitulé "Suffering Man". Deux chansons relativement calmes, le temps de reprendre des forces pour la suite. Au passage nous aurons droit au Cuss Cuss riddim, version accélérée. Laissant présager qu’on allé monter d’un cran dans l’ambiance. S’en suit un regain d’énergie avec "Good Cop, Bad Cop", puis "Reggae Gone Pon Top" sur le Intercom riddim, les massives semblent bien réceptifs et Anthony B sait jouer avec son public, faisant des breaks en plein milieu d’une tune et repartant sur un flow de toaster. Une transition toute trouvée avec un léger passage de la chanson "My Crews Roll High" sur le même riddim.
Cette fois c’est parti, la salle est en ébullition lorsque les premières notes du Truth and Rights riddim se font entendrent et sa tune "Powers of Creation", le refrain sera repris par une large partie du public. On continue avec un titre que vous avez pu retrouver sur l’album "Judgment time" : "God Above Everything", qui n’est pas près de faire retomber l’ambiance. Mais ce soir à Vaux-le-Pénil, le public est venu mettre le feu et ça se ressent !
Il finira son show sur l’énorme hit "Police", qui a mis le feu à la salle. Plus de 1000 personnes reprenant le refrain, cela fait du bruit. Un moment inoubliable pour les massives présents. Il partira comme ça, nous laissant sur notre fin, même après 1H30 de show on en redemande. Ce fut toutefois une occasion incroyable de pouvoir apprécier Anthony B dans cette petite salle où il a parfaitement interagit avec son public.

L’organisation a une fois de plus misé sur des groupes peu connus voire inconnus du grand public (Mo’Kalamity & the Wizards et Beat Assaillant), mais elle a aussi assuré la crédibilité du festival avec la venu de Rude Rich & the High Notes qui est un acteur incontournable de la mouvance Ska/Rocksteady en Europe et surtout d’Anthony B, la valeur sûre du Ragga/Nuroots international. Une affiche éclectique dans les époques, mais aussi dans les styles cette année avec Beat Assaillant, qui reste néanmoins une belle découverte et surtout un pari audacieux. Le public est resté dans la bonne ambiance tout au long du festival et Anthony B a réussi sans aucun problème à remettre le feu dans toute la salle dès son arrivée, jusqu'à la fin de son show.
Une organisation parfaitement mise en place, des bénévoles agréables et soucieux du bon déroulement de la soirée. N’oublions pas la décoration du festival confiée à deux associations : 20 Méka et Armature, qui ont réussient à nous concocter une salle bien chaleureuse. Vite... l’année prochaine !

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