ethiopian

Harry Toddler + The Ethiopians @ Le New Morning (75)

Samedi 10-09-2005
Le New Morning - Paris (75)

Le concert été annoncé à 20 heures, mais une heure plus tard on se tasse encore devant l'entrée du New Morning, sur ce petit trottoir étroit. C'est malheureusement le seul moment de la soirée où l'espace manquera, car le public n'est pas au rendez vous ce soir, moins de 200 personnes. L'annulation de Winston Jarret annoncée depuis le concert de la veille a dû en refroidir plus d'un. Déjà déprogrammé faute de visa l'année dernière avec les Heptones et Pablo Moses, c'est cette fois en raison de la catastrophe que connait actuellement les Etats Unis que le chanteur ne pourra pas être présent ce soir.

Une fois entré dans la salle, c'est en compagnie du Positive Vibration Sound que l'on attendra les artistes. Et on les attendra assez longtemps, certainement le temps de n'oublier aucun spectateur, déjà trop peu nombreux. Et étant donné l'ambiance timide de la soirée, le DJ du soundsystem parisien fera une séance d'éducation, histoire et Rastafari au programme, entre deux dubplates de Ken Boothe ou Winston McAnuff ou entre deux Dubs signés Jah Shaka et Disciples.

C'est vers 22 heures que le MC de la soirée introduira le premier artiste, il s'agit d'Harry Toddler. Trop peu connu en France, le DJ est un ancien du Scare Dem Crew auprès desquels il fera ses premiers pas avec notamment Elephant Man, il joue d'ailleurs au maximum de la ressemblance vocale avec ce dernier.
Il chantera, entre autres, le morceau "Dem A Carry My Name" que l'on connait en featuring avec Red Rat ou encore "Get U Coffin" sur le Punaany riddim.
Un bon show, même si on aurait apprécié quelques morceaux de plus, après moins d'une heure, Harry Toddler rend le micro Coffee, le MC de la soirée. Il reviendra pour deux titres après un rappel, peu bruyant mais énergique.

23 heures, le backing band, très bon, ne bouge pas, et l'artiste le plus attendu ce soir arrive: Leonard Dillon 'Ethiopian' est là, mais malheureusement, très lucide il s'excuse dès le début de sa prestation, il sait que sa voix n'est plus au niveau mais nous assure qu'il fera de son mieux pour nous satisfaire. Et effectivement, il ne parvient plus à monter dans les aigus, il conserve une très bonne voix rauque qu'un toaster pourrait lui envier, mais plus moyen de pousser sur les aigus, passages qu'il laissera au clavier. Ce dernier est d'ailleurs essentiel au backing band assurant les cuivres et solos de percussions, en plus de la rythmique et des chœurs... Le duo basse batterie a également été excellent.
Leonard Dillon chantera moins d'une dizaine de titres et l'on peut percevoir très facilement à quelle frustration il est sujet : une si belle voix qu'il ne parvient plus à exploiter. Il nous rappelle malgré tout qu'il est là pour notre plaisir et qu'à défaut de voix, il a beaucoup d'énergie, et effectivement il assure un jeu de scène impressionnant pour un homme de son âge. Nous ne lui demanderons pas en plus l'endurance, moins d'une heure après être monté sur scène, Leonard Dillon nous quitte quelques secondes puis revient après un chaud rappel, et repart deux titres plus tard.

Un bilan mitigé donc pour ce concert, avec une bonne découverte en la personne d'Harry Toddler pour beaucoup mais décevant car les parisiens n'ont pas joué le jeu pour honorer la venue d'une légende du Reggae, même s'il n'est plus à son meilleur niveau, Leonard Dillon porte toujours en lui une grande partie de l'âme de cette musique.

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