manjul takana winston

Manjul + Takana Zion + Winston McAnuff @ Le Cabaret Sauvage (75)

Dimanche 18-11-2007
Le Cabaret Sauvage – Paris (75)

C'est par une froide soirée du mois de novembre que nous approchons le Cabaret Sauvage. L'ouverture des portes était annoncée pour 18h30, nous sommes donc présents à l'heure dite. Malheureusement, les grilles sont encore fermées alors que les gens s'agglutinent devant cette salle qui a connu bien des Dub Meetings à l'heure où ils étaient encore des Paris Dub Club. Il faudra attendre un peu plus d'une heure dans le vent glacial avant que les portes n'ouvrent. C'est finalement autour de 20h20 que des excuses sont présentées au public pour l'attente avant que le concert ne commence.

Manjul et ses musiciens prennent alors place pour leur medley introductif. Depuis leurs premières dates au mois de mai, ils commencent à vraiment maîtriser l'art de la scène. Manjul qui se faisait discret n'hésite plus à motiver le public et si les premiers concerts semblaient quelque peu hésitants, aujourd'hui le show est parfaitement rodé. Le public est maintenant dans l'ambiance et le spectacle se poursuit avec "Any Which Way" sur lequel la flûte de Rico fait des ravages suivi de "If They Only Knew". Le public qui, pour beaucoup, suit de près le travail de Manjul, apprécie comme il se doit et quand Manjul introduit Assetou Kanouté qui entre sur scène, elle est accueillie sous un tonnerre d'applaudissements. Elle nous interprètera "Chant Nyahbingi", "Bara" et "Djoliba" issus du dernier album en date de Manjul "Jahtiguiya". Adama Yalomba prend alors, avec décontraction, son tour de chant avec "Africa Is Calling (His Children To Go Home)" suivi du Ska "Spread The Good Things" auquel le public réagit vraiment chaleureusement, comme à chaque fois. Les solos de chaque cuivre et le jeu dynamique d'Yvo à la batterie font de ce morceau une réelle réussite en live. Manjul est vraiment à l'aise ce soir et demande au public de réagir encore plus qu'il ne le fait déjà. La confiance prise avec le nombre de concerts grandissant et la présence annoncée - et cette fois ci certifiée - de Takana Zion n'y est sûrement pas étrangère à ce comportement non plus.

Le public est bouillant, c'est à dire à point pour accueillir Takana Zion. Le groupe entame un medley de ses titres et le public exulte. Beaucoup sont venus voir cette révélation de l'année concernant le Reggae africain mais mondial également. Ils jouent donc dans ce medley "Zion Prophet" suivi de "Jah Moves With Me", "Depuis A Siinge", "Conakry", et "E Oulé Fu" sur lequel Takana fait son entrée. Il commence son set avec "Oh Jah" que le public reprend d'ailleurs en chœur, preuve qu'il connaît le répertoire du Zion Prophet. C'est d'ailleurs avec ce titre éponyme à son premier album – qui subira un pull up inévitable devant la réaction du public – qu'il poursuit. "Jah Moves With Me" et "Depuis A Siinge" subissent également leur pull up règlementaire. Assurément Takana Zion est un homme de spectacle et se sent sur scène comme chez lui. C'est un singjay à part entière aussi bien à l'aise sur du Nuroots que sur du Dancehall comme il nous le prouve avec "I Tan Didi". Le show continue avec "La Voie de Mount Zion", "Conakry” ou encore "Sweet Words". Le concert se déroule tranquillement, tous les voyants « positivité » étant au vert. Vient alors "E Oulé Fu" l'un de ses morceaux préférés comme il nous le confiait en interview quelques jours avant le concert. La section cuivres, au grand complet ce soir, se donne à fond, tout comme le public qui répond plus que présent dès qu'il est sollicité sur cette version de plus de 10 minutes. Le groupe entonne alors le riddim "Step One" qui faisait partie du medley introductif. La boucle est bouclée et le set africain de cette soirée s'achève ainsi après une heure et demi de vibrations positives.

Après trois quarts d'heure nécessaires au changement de plateau pendant lesquels nos oreilles sont abreuvées du premier album de Bishob (une autre perle sortie des studios de Manjul et qui sort le lendemain chez Makasound), c'est l'heure de retrouver Winston McAnuff en combinaison avec Java. L'Electric Dread nous avait laissé avec deux excellentes prestations lors de ses deux derniers concerts avec le Homegrown Band. Ce soir, la vibration est différente. Le set commence avec "Rock Soul" suivi de "Treat Me Good" puis "Wandering Drummer Messenger". Le public répond favorablement mais ce n'est pas l'émeute. Il est vrai que le projet "Paris Rockin'" a de quoi déconcerter les puristes du genre. Et même sur scène Winston ne crée pas de nuage de poussière comme il l'a fait lors de sa prestation tonitruante lors du Picardie Mouv'. On continue avec "Quiet Room" et "Reach Out And Touch H.I.M." avant que Winston ne prenne sa guitare pour nous gratifier d'une petite session acoustique. Personne n'en perd une miette et c'est seulement à la fin que le public jubile. Après cette parenthèse, la session Paris Rockin' reprend son cours avec "Ras Child", "Don't Play" puis "Wretched State" qui sonnait l'entrée de Winston en tenue de boxeur lors du Paris Rockin' Tour.
On change alors de projet avec "Sort Me Out" issu de "A Drop" avec le Bazbaz Orchestra tandis que le passé refait surface puisque c'est "Peace" qui est joué ensuite. Nous pouvons alors comparer cette version avec celles jouées avec le Homegrown.
Malheureusement, il n'y a pas photo pour ce qui est du ressenti. C'est après ce morceau qu'R-Wan fait son entrée sur scène pour "Paris Rockin'" et réussit à vraiment mettre le feu au public. Le groupe s'éclipse alors, avant de revenir pour "Return To Sender" puis une seconde interprétation de "Rock Soul". Encore une fois, le cycle est complet.

Ainsi s'achève ce bon concert et cette excellente soirée passée au Cabaret Sauvage.

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