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Max Romeo + Livin' Soul @ Le Plan (91)

17-02-2008
Le Plan - Ris-Orangis (91)

En ce dimanche soir, une foule compacte s'est rassemblée devant la salle du Plan à Ris-Orangis. Il s'agit de voir une légende vivante du Roots, Max Romeo. Seconde date en région parisienne, après l'Elysée Montmartre le 2 février, ce dimanche sonne pratiquement la fin d'une longue tournée française couvrant l'ensemble du territoire avant qu'il reparte en Europe délivrer son message. Livin' Soul, groupe Reggae français, assurera la première partie.
Livin' Soul est déjà sur scène et le style plait au public présent. Il faut dire que la voix si particulière du chanteur, Seb Daugas, ne laisse aucunement indifférente : un peu perçante sans être désagréable ou agaçante, elle correspond à ce rythme lent et lourd Roots qui rappelle les années fastes du Reggae. Le backing band est talentueux : le guitariste, lors de leur départ de scène, a fait un excellent solo et il y avait également un saxophoniste. Quand le rythme s'accélère pour un Reggae festif, les sonorités se font entrainantes. Leur album "Sweet Lane" a été repris avec brio pour un concert d'une heure.
Malheureusement très peu connus, ils sont à découvrir sur leur site Internet (www.livin-soul.net). Agréablement interactif, il comporte une section audio, vidéo, un formulaire où vous pourrez déposer vos encouragements, une section « tour dates », etc. A voir absolument.
L'intermède se fait sous les sonorités DJ jamaïcaines. Une excellente transition qui sera de courte durée.
Nambo Robinson arrive sur scène où il jouera le rôle de « chauffeur de salle », et cela lui va comme un gant, il faut avouer. Nous avons l'habitude de le voir lors des tournées Mediacom où il assurait déjà les cuivres de The Ethiopians et de Max Romeo en 2004 pour leur tournée européenne, ainsi que pour Junior Murvin et U-Roy l'année dernière dans cette même salle.
Le backing band débute sa prestation vers 21h45. Les deux premiers titres sont des riddims pour le moins connus, puisqu'il s'agit du Last War riddim (désormais incontournable et rendu célèbre par Collie Budz et son titre "Come Around") et du Rockfort Rock riddim. Classique et pourtant cela a toujours le même effet : une réaction immédiate de la salle aux premières notes. Le public est en grande forme et le fait entendre.

Après cette mise en bouche, Nambo Robinson annonce Max Romeo. Une ovation bruyante l'accueille, alors qu'il entonne "One Step Forward". Les connaisseurs sont présents, on entend par ci par là des personnes reprendre les refrains et parfois les titres entiers sans se tromper ! Max Romeo est en terrain conquis et continue avec les titres ayant bâti sa forte réputation. Il continue dans le classique et nous délivre son message rasta avec notamment "Melt Away", "Selassie Forever" ou encore l'excellent "A Litte Time For Jah". Le concert semble monter en pression; il y a très peu d'interruptions, ce qui donne l'impression au final d'une seule et même piste jouée rendant la qualité de sa prestation excellente. Il entame une ode à la Jamaïque, "We Love Jamaica", titre musicalement entraînant mais malheureusement paradoxal en cette période où l'on décompte plus de 1 000 assassinats en 2007. Ce qui l'amène à dénoncer ces temps périlleux avec son titre "Perilous Time", titre de son album sorti en 2001, ou bien encore "Living On A Timebomb". Pour la promotion de son dernier opus, "Best Of", il choisira de nous délivrer une version alternative, comme il le précise, de "Wha You Ago Till Jah Seh", dont la mélodie fait penser légèrement à un accordéon. En outre, il chantera "Valley Of Jehoshaphat", "Uptown Babies Don't Cry", "Marching", "Every Man Ought To Know", "Let The Power Fall On I" ou encore "Milk And Honey".
Ce qui est plaisant, c'est l'énergie dégagée par Max sur scène : il sautille, communique avec le public, distribue des bouteilles d'eau au premier rang. Il a 60 ans, et en paraît 30 ans de moins. Il se permet même trois pulls up (« demandés » par le public, de plus en plus avide de cette mode). Cette jeunesse aura, sans doute, surpris tout le monde.
C'est bientôt la fin du concert et il nous offre une succession de ses titres majeurs sur un rythme effréné : "Chase The Devil" (où il tendra la perche pour laisser le public chanter), "Three Blind Mice", et évidemment "War Inna Babylon". Et encore une fois, la communion avec le public est parfaite et l'intensité des titres s'en trouve multipliée. Il quitte la scène sous l'ovation du public.

Le rappel est dédié au Ska avec notamment "Jamaican Ska". Il quitte définitivement la scène du Plan avec "My Jamaican Collie", dédicacé aux planteurs, en avouant que l'herbe française peut être bonne, mais qu'il préfère celle de son pays; ceci tout en plaisantant et faisant réagir le public par la même occasion. Il est un peu plus de 23h15 et nous quittons une salle encore bouillante avec d'excellentes sensations et de frais souvenirs.
Avec une première partie assurée avec panache par Livin' Soul, Max Romeo s'est rappelé aux souvenirs des amoureux du Reggae. Un excellent concert pour faire la promotion de son dernier opus « Best Of » qui nous l'espérons tous ne sera pas un album venant clore une carrière si bien remplie. Après des déclarations controversées sur le Reggae en Jamaïque (propos recueillis par le Jamaica Gleaner en 2007), il prouve qu'il n'y a pas besoin de faire des pulls up incessants, de faire du Dancehall, et d'avoir des lyrics agressifs pour être ovationné et apprécié du public. Le Plan a frémi sous les vibrations mystiques de Max Romeo, et nous en demandons encore.

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