seyni pablo moses

Pablo Moses + Seyni & Yeliba @ Le Plan (91)

Dimanche 28-10-2007
Le Plan - Ris-Orangis (91)

La Jamaïque salue l'Afrique. Tels sont le nom et le concept de cette tournée qui regroupe deux pointures du Reggae avec un grand R. Annoncé pour 20 heures, nous arrivons tranquillement à 20h40. Malheureusement, le concert est déjà commencé et c'est sur le Satta riddim que nous entrons dans la danse. C'est Tu Shung Peng, qui assure la première partie de cette soirée. Ce collectif, né dans le sud parisien il y a quasiment dix ans, vient de sortir son premier album mais n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il a déjà réuni autour de lui de nombreux chanteurs jamaïcains comme notamment Ken Boothe ou Justin Hinds. Ce soir, Ras Daniel Ray les accompagne. C'est donc "Pie Pie Pie" sur le riddim original des Abyssinians qui nous plonge dans ce bain musical. Le morceau nous est présenté dans sa version extended ce qui permet de mettre vraiment en avant les musiciens. Bien plus qu'un simple backing band, Tu Shung Peng est une entité à part entière. Ras Daniel Ray poursuit avec "Mama and Papa" sur le riddim Shaolin, où sa mère tient une place importante, avant d'entamer "Man Of The Mountain" extrait de l'album "Around Tu Shung Peng". Vient ensuite "Lovin' Jah" au chant sucré et printanier avant de reprendre avec l'album Around Tu Shung Peng et le morceau "Can You Be My Princess" dédicacé évidemment à toutes les femmes dans le public. Le public apprécie le son mais il est temps de le mettre un peu plus en mouvement. « It's all about gettin' sportive, getting active... Jump, jump, jump, jump ! » Voilà comment Ras Daniel Ray introduit le Ska "Olympic" avant de terminer avec "Vision Land", une nouveauté. Il faut souligner l'harmonie du groupe sur scène avec l'ingénieur du son : un réglage parfait et dynamique. Fab' Wize est complètement intégré au groupe et n'est pas une simple pièce rapportée comme c'est souvent le cas. D'ailleurs avant de quitter la scène, Manu, au mélodica et sampleur, le remercie comme il se doit. La première partie s'achève ainsi, ce fut court mais très agréable.

Quelques trois quarts d'heure plus tard, le temps du changement de plateau, c'est Yeliba qui prend le relais musical. C'est l'occasion de se remémorer les premiers concerts avec Rockers Melody notamment puisque le guitariste, Georges King, était déjà présent sur scène il y a maintenant un peu moins de dix ans.
L'instrumental introductif "Genèse" permet de familiariser notre oreille au son du balafon qui impose une vraie dynamique à ce Reggae africain. Seyni fait son apparition sur le deuxième morceau "La Force". On semble suivre le schéma de l'album "Liberté" puisqu'on continue avec "Africa" sur lequel Seyni fait chanter le public « en faire effondrer le plafond », puis le titre éponyme à cet album live. Seyni en profite pour nous faire un cours d'histoire concernant l'indépendance de la Guinée Conakry. Même s'il officie principalement au chant, il se permet également des solos de djembé ravageurs tandis que son frère Naby Kouyaté donne la touche africaine à ce Reggae yankadi. Il manque peut être seulement des chœurs féminins pour améliorer le show.
On poursuit avec "Mon Pays" qui est salué des les premières notes par une bronca du public. Une petite Marseillaise fait même son apparition au milieu du morceau. Après "Rastaya", Seyni entame un discours qui parait un peu enfantin, « il ne faut pas polluer la planète mes amis », avant qu'un pseudo Natural Mystic riddim résonne dans la salle. Après un dernier morceau rapide, Seyni nous annonce qu'il va laisser « la place au grand frère » et quitte la scène. Même si beaucoup l'ont découvert récemment, il ne faut pas oublier qu'il fait parti des vétérans avec une carrière qui a commencé il y a plus de vingt ans. Après un peu plus d'une heure de prestation scénique parfaitement cadrée entre des artistes qui se connaissent bien et auquel le public a réagit positivement, on nous annonce « à dans pas longtemps avec Pablo Moses ». Vu que c'est le même backing band, on s'attend à une petite pause. On enlève le balafon que l'on troque pour un second clavier puis c'est l'attente pendant une demi heure.

Le groupe entre en scène pour une brève intro avant que Pablo Moses les rejoigne pour "Spirit Of Jah" enchaîné avec "Dubbing Is A Must" sur lequel le public reprend en chœur la fin du refrain « Reggae Music ! ». Inévitablement, nous avons le droit à une version « dubwise » sur la fin avec les rires étranges de la part de Pablo Moses. La pression retombe un peu du côté du public sur "Give I Fe I Name" et "Will Power" avant de remonter avec "Pave The Way", de l'album éponyme réédité en 2005 sur le label de Groundation, "Young Tree". Les cuivres sont digitaux. En effet, Bouyax aux claviers dispose d'un instrument reproduisant de manière synthétique, et beaucoup moins chaleureuse il faut le reconnaître, les cuivres. C'est mieux que le clavier pur pour l'imitation mais ce n'est pas encore ça. Pablo Moses fait chanter le public à coup de « Hey hey ! Yow yow ! ». Le même accueil chaleureux est réservé à "A Song", le « pull up » est même réclamé mais ne sera pas obtenu, néanmoins un tonnerre d'applaudissements conclura la chanson.
Suivent "Freedom For The Africans", " Give Up" puis on reprend l'album "Pave The Way" avec "Proverbs Extractions" et "Africa Is For Me". On continue avec "Rasta" et Pablo quitte la scène.
C'est Naby Kouyaté qui vient prendre la température de la salle pour savoir si le public en veut encore. Assurément la réponse est oui. Pablo revient en nous remerciant, car il sait que certains devront aller travailler le lendemain, avec "Life Is A Big Shot" puis "Ready, Aim, Fire" qui conclut en apothéose même si des cuivres véritables manquent. Le public repend en chœur le refrain dans une seconde partie Dub avant que Pablo ne quitte définitivement la scène sur un énorme solo de guitare de Georges King. Pas moins de huit albums ont été visités au cours de cette soirée car il ne faut pas l'oublier, même si la carrière de Pablo Moses est restée assez discrète, elle a le mérite de ne pas avoir connu d'interruption. Le show, de qualité, se termine après un peu moins d'une heure et demie avec un groupe qui contrairement à ce qu'on voit d'habitude n'est pas resté effacé derrière le chanteur mais participe à part entière au spectacle.

Nous avons passé un très bon concert pour cette soirée malgré deux déceptions : une attente un peu longue entre les groupes et un concept de soirée « Jamaica greets Africa » mal interprété. On s'attendait en effet à ce que le son africain déborde sur la prestation jamaïcaine ce qui n'a jamais été le cas. Les salutations n'auront été que lointaines. Cependant il faut le reconnaître, on ne s'est pas ennuyé une minute durant la prestation de chaque artiste.

No votes yet.
Please wait...