reggaetime02

Reggaetime #02 @ Salle Ravenne (28)

Samedi 21-10-2006
Salle Ravenne - Chartres (28)

JAHSound.net se rend en ce samedi 21 octobre 2006 à Chartres, à l’occasion de la soirée Reggaetime#02 (la première édition avait eu lieu à côté de Chartres, avec la présence du chanteur jamaïquain Winston McAnuff), en hommage Fluoman, qui nous a quitté l’hiver dernier. Ce célèbre artiste-peintre français laisse derrière lui près de cinq cents œuvres. Il a beaucoup travaillé avec des artistes tels que The Congos, Lone Ranger (présents ce soir), ou encore Ras Michael, Culture, et le roi du Reggae, Robert Nesta Marley lui-même, qu’il a rencontré personnellement en Jamaïque en 1980. Fluoman a vécu à Chartres pendant plusieurs années, entre 1980 et 2000, où il donnait des cours de dessins dans un lycée, et profitait de son temps libre pour voyager, surtout en Afrique.
Reggaetime #02 est organisée par l’association chartraine Onsfoudkilao ?
Pour cette seconde édition, la salle Ravenne à Chartrexpo a été choisie pour cette soirée qui s’annonce grandiose (c’est une salle non-fumeur, ce qui rendra la soirée beaucoup plus agréable pour beaucoup, notamment pour les toiles de Fluoman qui y sont exposées).
Ce soir, différents artistes et amis de Fluoman sont présents afin de lui rendre hommage et de lui dire au revoir une dernière fois : Dazibao Family (Chartres), avec au sein du groupe le fils de Fluoman au saxophone, Soul Stereo (Paris) accompagné de Lone Ranger (Jamaïque), Jim Murple Memorial (Paris) et enfin The Congos (Jamaïque). Une affiche d’exception !
Cette soirée est en préparation depuis un an, et a demandé beaucoup de travail: elle a surtout été possible grâce Elijah, le fils de Fluoman, au soutien de la mairie de Chartres et des quelques soixante-dix bénévoles qui ont assisté l’association "Onsfoudkilao ?" dans cette aventure.
Arrivé vers 20 heures dans la grande salle Ravenne, Mass I Sound (Paris) assure un warm-up musclé, dans le style Roots & Culture, à base de grosses basses qui font vibrer la salle ! Looter au contrôle, seul derrière les platines, nous présente ses dubplates 100% maison !
Des riddims qu’il a composé lui-même, toujours dans le style Roots-UK-Stepper. Une énorme combinaison Rod Taylor/Yami Bolo invite les massives à prendre place devant la scène. Ranking Joe à suivre sur une version massive, vient lâcher son flow inimitable ! Avant de commencer pour de bon la soirée, Sista Naïma vient poser sa « sweet voice » sur deux versions, avec des lyrics conscientes, toujours dans le même style. Pour finir, Looter nous sort un énorme dubplate de Tonton David (lui aussi ami personnel de Fluoman), "Peuples du Monde". Seulement là, Looter a refait entièrement la version originale en version Stepper, ce qui la rend beaucoup plus énergique ! Du grand art !

Il est maintenant 20h30, la salle est déjà remplie à ras bord. Dazibao Family entre en scène pour annoncer le début des festivités. Neuf membres composent le groupe, tous musiciens, et presque tous chanteurs (cinq au chant): basse, batterie, clavier, guitare, trompette et saxophone. Premier morceau sur le Jamrock riddim avec "Guantanamo", très explicite, avec Greg le Shakal et Lo au chant. Le public est là, beaucoup d’habitués du groupe chartrain, et donc beaucoup de bruit pour les encourager. La soirée s’annonce excellente. Le bruit court que le nombre de 1100 entrées est déjà atteint : c’est complet alors qu’il n’est que 21 heures ! Le show continue avec la reprise du classique "You Don't Love Me... (No, No, No)" de Dawn Penn, avec la chanteuse Bat, rejoint par Ieuth. "Cessons 2" avec Greg (qui a une petite extinction de voix, mais qui s’en sort très bien), Lo et Ieuth. Le morceau suivant restera instrumental, dans le style dubwise, avec cette fois l’intervention de Lo au mélodica : magnifique ! On poursuit les lives : Jo "Voir Ton Fantôme Danser", Lo "Cet Homme". Le public est toujours là. On passe à un morceau spécialement écrit pour cette soirée, avec trois chanteurs et amis de Fluoman, faisant parti du FluoSystem et venant tout droit de Marseille. Bel hommage encore une fois, avec Elijah qui les rejoint, moment plutôt émouvant... C’est maintenant, le dernier morceau de Dazibao Family. Tous les chanteurs se relayent derrière le micro : Jo, Greg le Shakal, Bat, Ieuth, Lo et Juba. Beaucoup d’énergie pour ce premier live, le public a été très réceptif. Un grand bravo à toute l’équipe pour cette soirée, pour l’instant, tout se passe pour le mieux.

Soul Stereo prend place derrière les platines, il est 21h10. Fatta nous fait part de la grande amitié de Lone Ranger et de Fluoman. Afin de prier en la mémoire de Fluoman, il joue "Selassie Is The Chapel" de Bob Marley, les briquets sont allumés, et la salle se tait au fur et à mesure pour écouter. Moment émouvant encore... Plusieurs hits de Bob Marley sont joués à la suite, "Roots, Rock, Reggae", "Three Little Birds" et "Simmer Down". C’est donc un set très foundation qui nous est donné par Fatta. Le très classique "Guns of Navarone" des Skatalites avec son rythme entraînant, et l’original "Shanty Town" de Desmond Dekker. Premier dubplate de Soul Stereo, Toots & The Maytals avec le hit "54-46, that's My Number", foundation artiste. Prochain titre, spécialement dédicacé aux sistas nombreuses ce soir, Marcia Griffiths "Feel Like Jumping". Toujours classique, Willie Williams avec "Armagedeon Time" sur le Real Rock riddim et Johnny Osbourne "No Ice Cream Sound" en dubplate. Sélection spéciale Studio 1, où Lone Ranger a fait ses débuts. Au-dessus de Fatta, on peut admirer une très belle toile de Fluoman, en hommage à Coxsone Dodd, créateur du label Studio 1, qui nous a quitté récemment. Elijah rejoint Soul Stereo avec son saxophone pour poser sur deux versions instrumentales, le Full Up riddim et le Shank I Sheck riddim. Puis, le chanteur Abraham, venu avec Fatta, prend place au micro. Il lâche un texte contre Sarko sur le Istanbul riddim et sur un autre riddim « one drop ». Quand le "World a Music" d’Ini Kamoze est joué, le public exprime fortement sa joie et exige un forward. Forcément, le plus gros hit Dancehall 2005 est joué dans la foulée, Damian Marley "Welcome to Jamrock". Forward again! Suite à ça, on revient sur des bases plus Roots avec le big "Up Town Top Ranking" d’Althea et Donna, très apprécié par le public. Et pour finir la session, un des tous premiers hits de la période Ska, le très dansant "My Boy Lollipop" de Millie Small. Toujours aussi efficace !
Il est l’heure de laisser place au prochain live, Jim Murple Memorial, qui va justement nous faire revivre toute la période ska-rocksteady des années 1950 à 60, voire 70.
Il est maintenant 21h45. Le groupe a eu tout le temps de s’installer pendant la performance de Soul Stereo. Beaucoup de titres vont s’enchaîner jusqu’à 23h (quelques petits soucis de son au début du live, mais rien de bien grave). Jim Murple Memorial cultive un vieux son, qui mêle plein de styles différents, qui, réunis forment un style unique. On commence avec "Baby", un titre plus récent, "Game of Love" un peu plus jazzy, et "Promised Land". Puis, un classique de Jim Murple, fait à tous leurs concerts, l’incontournable "It’s My Right". Le public est chaud bouillant. "Keep Cool", est un de leurs plus vieux hits; incontournable aussi, "Feeling", qui date de 1998. Un très bon jeu de scène, beaucoup de joie et de plaisir qu’ils partagent avec le public.
C’est bien souvent la chanteuse qui, avec son charme et sa simplicité, rend le show attractif et agréable. Ils se maintiennent avec "Tribute to Lee", "Du Bout des Lèvres" dans le style Calypso, "Ou Oui" et "What You Have Done" un peu plus festif. Le public ne tient plus en place. Jim Murple joue maintenant des morceaux plus récents (2005), "Give Me Your Love" avec plus de cuivres, dans le style funky, "Dream’s Land", "It’s Easy Child" et "Dare Dare 61". Il est à peu près 22h10 quand Jim Murple Memorial annonce la fin de leur concert. Mais le public surchauffé n’est pas d’accord, et en veut plus! C’est l’heure du rappel. Après des cris et des sifflements ininterrompus, ils reviennent sur scène. Et là, une énorme reprise du hit de Lee Perry "Jungle Lion". Morceau très dansant avec l’arrivée d’Elijah au sax qui accompagnera les cuivres. Encore une reprise, cette fois de Laurel Aitken avec "Hometown", et pour finir, un vieux hit de 1999, "Jim Murple Walk", subtile mélange de Jazz, Ska et Rock. Il est 23h05, la chanteuse nous fait ses adieux et annonce la suite avec Soul Stereo, alors accompagné de Lone Ranger.

Fatta envoie la première version, le Swing Easy riddim, avant d’accueillir Lone Ranger. Il commence directement par son plus gros hit "M16", qui a donné le nom au riddim. Très en forme sur la version, avec toutes ses gimmicks et son flow Rub-a-dub inimitable ! Le public est « au taquet » et participe à chaque morceau à coups de « Boom ! ».
Fatta passera pendant toute la session un dubplate ou un 45t, puis la version pour laisser toaster Lone Ranger. Pur Rub-a-dub à l’ancienne. Un big dubplate de Barrington Levy "Soundkilla" sur le Murderer riddim, pour annoncer l’énorme "Can’t Stand It" qui recevra un énorme forward ! A suivre, un big medley de Frankie Paul "Run Come" et "Pass The Tushungpeng", sur le Real Rock; puis Lone Ranger sur la version avec un énorme « ganja tune ». Le prochain titre, un spécial de Johnny Osbourne, particulièrement apprécié par les amateurs de Reggae : le célèbre "Truth & Rights" qui recevra aussi un forward ! La salle, surexcitée, attend avec impatience Lone Ranger sur la version. Il vient poser son hit "Automatic" qui sera pull up plusieurs fois ! Ca fait vraiment plaisir de le voir autant en forme pour rendre hommage à Fluoman (qui l’a beaucoup aidé tout au long de sa carrière). Il remercie par la même occasion Elijah qui est juste derrière lui.
Lone Ranger reprend des lyrics du hit de Sugar Hill Gang "Rapper’s Delight". Enorme ! Dernière tuerie sur la version du Full Up. Très belle performance, un show énergique et une bonne communication avec le public. Cependant, peut-être un peu court. Dernière plate de Fatta, une énorme combinaison, Barrington Levy "Under Mi Sensi" et Reggie Stepper "Under Mi Sinting" ! Forward assuré !
On annonce une petite pause, le temps de laisser les Congos finir de s’installer et faire les balances. Le coin fumeur à l’extérieur est immédiatement pris d’assaut !

Il est minuit, le groupe jamaïcain vétéran The Congos est bien là, au complet. Cedric Myton en première position avec ses trois compères juste à côté de lui, dont Ashanti Roy.
Le live sera partagé en deux parties : les nouveautés de l’album "Swinging Bridge" et leurs tous premiers hits, issus du célèbre album "Heart of The Congos" sorti en 1977. Ca s’annonce très bien, les chanteurs ont l’air en grande forme. Cedric Myton se met très vite à l’aise. Le groupe est composé d’une basse, batterie, guitare, deux claviers et un percussionniste, le fils d’Ashanti Roy.
Le live commence donc avec des morceaux de leur dernier album "Swinging Bridge" : "Revolution", "Fraud System" ou "La Le Bella". Les vétérans jamaïcains impressionnent le public par leur prestance, leur énergie et l’émotion qu’ils dégagent. Seul bémol, beaucoup sont venus pour entendre les « classiques » des Congos, donc pour certains, la première partie a semble-t-il été un peu trop longue, mais moment magique tout de même. Tout arrive à point à qui sait attendre, on passe enfin aux classiques, avec "Open Up The Gate" et "Children Crying". Cedric Myton toujours en avant. La magie opère rapidement, le public réagit bruyamment à chaque titre. Encore plus pour "Yo-yo" et "Youthman" qui étaient attendus depuis le début par le public. Forward à chaque fois ! Le public est fou. Cedric Myton présente chaque membre du groupe, puis ses trois amis de toujours.
The Congos font leurs adieux et remercient le public pour l’accueil et toute cette chaleur humaine véhiculée tout au long du live! Mais les massives surexcités ne l’entendent pas de la même oreille et hurlent au départ du groupe, pour réclamer leur retour ! Ils en veulent plus ! Les Congos ne se font pas prier plus longtemps. A quels morceaux va t-on avoir droit ? A ce moment précis arrive la tornade appelée "Fisherman" ! Sûrement, LE morceau le plus attendu de la soirée. On n’y croyait plus. A peine commencé, la foule en furie réclame de recommencer au début. Les quatre chanteurs et le band reprennent à la perfection ce morceau qui reste toujours aussi mystique! Plusieurs forwards sont demandés. Un moment vraiment magique ! Le public a vraiment pris une grosse « claque musicale » ! Un final sublime ! Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin, et là, c’est vraiment la fin du live des Congos. Il est 1h35. On aura eu le droit à une bonne heure et demie des Congos en forme, que demander de plus ?!
Fatta de Soul Stereo reprend aussitôt le contrôle, et annonce que ce n’est pas encore fini.
Il balance un dubplate « regular » de Capleton "Paris City, Paris Town" sur la version originale du Liberation riddim. Forward, toujours aussi efficace Capleton. Pour les dernières minutes de la soirée, une session « open mic » est ouverte. Le Intercom riddim tourne. Lo prend le micro pour lâcher un freestyle, puis Ieuth, Cosmar, l’Interprète, et Jubos ! Tout le crew Bhale Bacce presque au complet. Deux autres chanteurs, dont Natural du Royal Judgement (Tours) viennent poser sur la version Movie Star (Soul Vybz).

Il est 2 heures, Lo nous annonce la fin de la soirée et remercie tout le monde du fond du coeur de les avoir soutenu ce soir afin de rendre un bel hommage à Fluoman.
Une très bonne soirée, de grande qualité. Rien à redire, tout a été carré. Une très bonne ambiance générale et le public était au rendez-vous, puisqu’à 21h on avait déjà atteint le nombre maximal d’entrées. Ce qui n’est pas chose facile, surtout dans le département de l’Eure-et-Loir. Encore un gros bravo à toute l’association "Onsfoudkilao ?", à tous les bénévoles et pour le très bon accueil. En espérant les retrouver l’année prochaine pour un Reggaetime #03 ?!

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