cocoa tea 2007

Reggie Stepper + Cocoa Tea @ L'Elysée Montmartre (75)

Mardi 06-11-2007
L'Elysée Montmartre - Paris (75)

Prévu pour 20 heures, on pense être en avance en arrivant 5 minutes avant l'heure. Que nenni, c'était sans compter sur un avancement de l'horaire à 18h30 affiché seulement sur la porte de l'Elysée Montmartre.
Nous sommes donc malgré nous en retard et Reggie Stepper est déjà sur scène bien en forme et décoche ses flèches musicales à un rythme endiablé. On reconnaîtra notamment "Cu Oonuh" sur le Stalag riddim en medley avec "Kimbo King" ou "Modelling" sur le Real Rock riddim, le tout ponctué par ses fameux coups de sirènes vocaux. Après un titre sur les informers, on nous demande si nous voulons qu'il revienne sur scène. Evidemment, il revient après une ovation du public qui est, il faut le signaler, assez clairsemé, puis il quitte définitivement la scène tandis que Soul Stereo, qui jouait derrière Reggie Stepper, continue d'occuper la scène.
"Really And Trully" de Sizzla sur le Natural Mystic riddim, et présent sur l'album "I-Space" entame leur sélection en solo suivi d'une dubplate de Capleton "Paris City" sur "Jah Jah City". "La Caraïbe" de Yaniss Odua puis Capleton revient avec "Murderer" que Fatta dédicace aux assassins de Lucky Dube. Cette session s'interrompt au bout d'une dizaine de minutes. Il est donc 20h20 quand la sono de la salle prend le relais avec des titres plutôt R n'B et Dancehall... Mr Vegas, Elephant Man et comparse.

Il est 21 heures quand le groupe qui accompagnera Cocoa Tea ce soir entre en scène. Après quelques notes jouées sur le fond sonore de l'Elysée, c'est parti. Ils débutent avec le Unchained riddim suivi d'un "Jamming" cher à Bob Marley. Le groupe est composé du duo basse-batterie, d'une guitare et d'un clavier : la structure minimale.
Les choristes entrent alors en scène. Après cette mise en jambe musicale, c'est en chanson que le concert continue puisqu'une des deux choristes nous interprète deux morceaux allant du Nuroots au Dancehall le plus suggestif. Après ces vingt minutes apéritives, Cocoa Tea arrive sur une version du "Rastaman Chant" dont l'auteur original nous est encore familier avant de poursuivre avec "Bust Outta Hell" puis "Ricker's Island" et "Love Me Truly" qui connaîtront toutes deux un pull up. Quasiment sur chaque chanson Cocoa Tea maintient la pression en faisant chanter le public. Il continue avec "She Loves Me Now" sur le Real Rock riddim et "Good Life" sur le Party Time riddim. Cocoa Tea qui ne s'économise pas, commence à avoir chaud et ouvre sa chemise. On poursuit sur un riddim de l'invité récurrent de la soirée, Bob Marley, avec le One Drop riddim et "Israel's King" de l'album éponyme. Sur la fin d'ailleurs il chante les paroles originales que le public reprend en chœur : « I know Jah never let us down... [...] we no want no devil philosophy... ». On continue à remonter la carrière du petit homme sur le rythme Nyabinghi de "Holy Mount Zion" avec encore une incursion « marleyenne » avec "Chant Down Babylon" puis le medley se poursuit avec "Rivers Of Babylon" avant de reprendre "Holy Mount Zion". Les musiciens ne sont pas particulièrement expressifs, ils font leur travail de backing band complètement à l'écoute des exigences du chanteur qui les manie d'un simple doigt dans son dos.

Le concert continue avec "Hurry Up & Come" sur le No Woman No Cry riddim. Cette fois c'est Luciano qui fait son apparition virtuelle puisque Cocoa Tea reprend "In This Together" du Messenjah et interprète même le passage de Terror Fabulous sur le même morceau. Ensuite, "Stand Up Straight" sur le Bend Down Low riddim permet encore une fois à Cocoa Tea de reprendre bien évidemment les mots du Roi du Reggae. Il nous dit alors qu'il est temps pour lui de s'en aller. Le public n'a pas l'air d'accord. Par contre quand il lui demande s'il en veut encore, la réponse est on ne peut plus claire : « Yeeees ! ». Nous continuons de parcourir le chemin de sa carrière et il est temps d'arriver à son actualité avec son dernier album "Biological Warfare". C'est tout naturellement qu'il entonne alors le titre éponyme sur lequel il finira à genoux sur scène. Nous pouvons nous apercevoir que son public le suit de près puisque des plus anciennes aux plus récentes, toutes les chansons sont reprises. On poursuit toujours en « mode brand new » avec "Man From Spain" qui évoque Christophe Colomb puis "Blood And Fyah" sur lequel il nous demandera d'allumer nos briquets : « Push up di lighta dem ! ». On quitte l'album "Biological Warfare" avec "Feel The Power" sur le Taking Over riddim popularisé par Sizzla.
Voilà 1h30 que Cocoa Tea chevauche la scène et il est vrai que nous n'avons pas eu le droit à ses tubes digitaux. Il quitte pourtant la scène après quelques secondes de "Tune In" sur le Jah Shakey / Far East riddim qui dès les premières notes provoque une grosse réaction du public et un pull up inévitable. Cette absence sur scène sera très brève et c'est la session digitale, très appréciée, qui se poursuit avec "Lost My Sonia" sur le Punaany riddim puis un bref "Come Again". "Young Lover" continue cette session. Encore une fois c'est une énorme réaction du public et donc un énorme pull up. Il faut le reconnaître, ce titre est peut être un des plus connu de l'artiste. Cocoa tea donne tout dans cette version qui frise le Bogle avant de quitter la scène. Les musiciens n'ont plus de muselière et c'est parti pour un solo de guitare endiablé qui va clôturer le concert qui se termine vraiment en feu d'artifice. Le public en veut vraiment encore mais les règles parisiennes prennent le dessus et la lumière puis la sono marque le temps de quitter la salle.

Nous nous dirigeons donc vers l'extérieur quand, surprise agréable, on nous tend à la sortie de la salle une affiche de son dernier album. Le geste mérite d'être souligné et conclut cette très bonne prestation du jockey du Reggae même si un groupe un peu plus libre et expressif n'aurait pas été mal vu. Ce concert vivant du début à la fin, avec des allusions à Paris dans quasiment toutes les chansons en clins d'oeils au public, nous a ravit.

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