sizzla elysee

Sizzla @ L'Elysée Montmartre (75)

Dimanche 17-06-2007
L'Elysée Montmartre - Paris (75)

Le bruit courait depuis début Avril. La confirmation s’est faite peu de temps après, quinze jours plus tard la date était complète. Vous l’imaginez, peu d’artistes peuvent apporter autant de ferveur. Il aura donc fallu rajouter une, puis deux dates parisiennes pour répondre à une demande significative des massives. Un artiste à part entière. Des succès devenus références, des chansons anthologiques.
Mais aussi beaucoup de critiques vis-à-vis d’une production quasi industrielle qui compte déjà près de 40 albums avec du bon... et du moins bon.
Une appartenance au mouvement Rasta revendicative et une proximité avec la communauté des Bobos. Enfin, des textes sans équivoque. Trop parfois, ce qui lui aura valu une interdiction de concerts en France pendant plusieurs années.
Pour son retour dans l’hexagone, c’est l’emblématique salle de l’Elysée Montmartre située dans le 18ème arrondissement de Paris qui accueille Sizzla Kalonji.
Inutile de vous dire qu’il était préférable de venir en avance, à 19 heures le trottoir du 72 boulevard Rochechouart est envahi de massives venus assister au show. Quelques-uns tentent encore de trouver des places et affiches leur « carton ». De toute évidence Garance Productions à misé sur une valeur sûre.
Vers 19h15, les portes s’ouvrent, les premiers mètres au devant de la scène sont rapidement pris d’assaut.
A peine arrivés dans la salle que nous sommes absorbés par l’atmosphère particulière de cette soirée. Pas le temps d’une mise en jambe, la vibe est là, dès le warm-up.
C’est le selecta Mygwaan qui assure l’ambiance. Ce soir les ondes nous envahissent sans retenue. Dès les premières chansons sélectées le public saute et danse comme si le show était commencé depuis plusieurs heures. Cela ne s’atténue pas lorsqu’il balance de gros classiques tels que le "Jah Jah City" de Capleton ou encore du Jah Mason.
Du Nuroots au Dancehall, la selection du deejay donne au warm-up sa plus belle définition.
Une interaction maximum avec le public qui donnera lieu à des séquences d’un vrai partage de la vibe, notamment lorsqu’une bonne partie de la salle s’est mise à faire une chorégraphie commune puis l’« hélicoptère » (ndlr: le fait de lever la main et la faire tournoyer - idéalement avec un foulard - comme une hélice) le tout sur la grosse voix d’Elephant Man.
Une heure plus tard nous sommes déjà en sueur. On patientera un bon quart d’heure avec une sélection de titres de Gentleman en fond sonore. Ceci le temps d’enlever le matériel du selecta.

Vers 20h30, c’est le FireHouse Band qui arrive sur scène, et cela commence très fort avec une intro décapante sur le Natural Mystic riddim savamment mixée avec le World Jam riddim. Effet garanti dans le public aux premières notes jouées.
Une voix mélodique se fait ensuite entendre depuis les coulisses, Sizzla n’est pas venu seul et laisse la première à un compère jamaïcain.
Un style doux et envoûtant mêlant le Roots au Nuroots, en passant par des versions revisitées de quelques grands hits de la période Rocksteady principalement empruntés au grand Ken Boothe.
Un bon aperçu pour ce chanteur que nous découvrons pour la plupart, cela ne fait que monter la pression en attendant celui que nous sommes tous venus voir ce soir.
21h, les fans de Sizzla peuvent avoir le sourire à la rythmique du FireHouse crew qui entonne un classique de l’artiste. Quelques secondes plus tard les cris, sifflets, cornes de brume couvrent littéralement l’arrivée de Sizzla, le public est dans un tel état que même à quelques mètres de la scène, je peine à entendre les lyrics de l’artiste. Suffisamment néanmoins pour vous dire que cette arrivée sur scène se fait sur "Show Us The Way".
Ravis de constater que les capacités vocales de Kalonji sont toujours intactes sur le titre suivant est "Smoke The Herb" avec, au passage, des couplets personnalisés pour le live, ne faisant qu’inciter le public à être en ébullition. Il chantera une majorité de ses titres à succès avec un changement cadencé et programmé de ses différents styles. Nous avons droit au Sizzla mélodique mais aussi au Sizzla Dancehall et son légendaire jeu de scène.
On reprend avec "Rob" suivi de "Thank You Mama". Chanson après chanson, nous avons l’impression que le public est toujours à fond, mais visiblement pas au maximum car sur "Freedom Taking Over" les massives arrivent une fois de plus à rivaliser avec la sono pour masquer pendant secondes la voix de l’artiste.
Cela semble plaire à monsieur Kalonji, qui ne trouve pas mieux que d’enchaîner avec "I’m With The Girls" sur le Military riddim. Je vous laisse imaginer le feu à l’Elysée Montmatre... Nous venons d’entrer dans une succession de grosses tunes qui ne s’arrêteront pas.
La poursuite se fait avec "Nah Apologize", un choix plutôt audacieux qui défie littéralement l’auditoire administratif censé être présent !
Passons ce sujet épineux, car ce soir nous sommes là pour apprécier un artiste qui restera malgré tout un des meilleurs de sa génération. On fait des va-et-vient dans le temps, avec "Rise Di Occasion" suivi d’un titre plus ancien "Dem A Wonder", le flow redescent légèrement nous faisant souffler quelques minutes, et la température elle, continue de monter...
Et ce gigantesque medley se poursuit avec "Bless Me", suivi de LA tune de Sizzla, celle qui l'a élevé tout en haut: "Praise Ye Jah", qui sera refondu avec "Bless Me" sur une version Rub-a-dub.

Il est déjà 22 heures passées, et toujours et encore des titres qui sont repris par une large partie du public. On pioche dans le passé pour une superbe version de "One Away". Une communion parfaite avec le public, Sizzla « checke » les massives, serre des mains en chantant, et semble vraiment s’amuser.
On ne s’arrête pas là, bien que le temps passe, les premières notes du célèbre Truth and Rights riddim redonne un coup de fouet et les briquets s’élèvent pour donner l’impression d’un champ de flammes qui parcours la salle, "Give Jah Thanks".
Nous avons quand même le droit à la découverte d’une « brand new », spéciale « ladies », une chanson calme comme on les apprécie aussi.
Enfin, les frissons reviennent rapidement lors de l’intro de Sizzla sur "Be Strong" et son fameux petit cri. Un pull up obligatoire qui enflammera la salle pour une des dernières fois, et oui, le temps passe : il est presque 22h30 et à l’Elysée Montmartre, l’heure c’est l’heure.
Juste le temps de terminer sur un dernier gros titre : "Give Me A Try".
Ce fut un concert attendu que l’artiste a honoré sans difficulté. Une bonne ambiance du début à la fin, des tee-shirts trempés, des sourires aux lèvres, des frissons, et des images plein la tête.
Pas besoin de faire un laïus pour cette conclusion vous avez bien compris que c’était un concert à ne pas manquer.

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