sun n sounds

Sun N Sounds Festival @ Lac de Vassivière (23)

29/30/31-07-2005
Royère de Vassivière (23)

Le festival Sun N Sounds se déroulait les 29, 30 et 31 juillet dernier sur le site de Royère de Vassivière dans la Creuse, à quelques mètres du Lac de Vassivière. Le choix de faire se tenir un festival au milieu de nulle part et, qui plus est à, quelques jours d’un autre évènement Reggae majeur (le Ja' Sound Festival #2 de Bagnols sur Cèze) représentait un pari osé. Cependant c’est un tout autre élément qui a fait que cette première édition s’est conclue sur un bilan mitigé.

Vendredi 29-07
En partance d’Angers et prêt à affronter un peu plus de 4 heures de route afin de rejoindre la Creuse, c’est tout sourire que s’engageait cette aventure. Seulement, à l’image de la météo, la situation s’est vite dégradée. La première mauvaise nouvelle nous faisait état d’une annulation de la première soirée suite aux intempéries qu’avait vécu la région dans les jours précédents. Orages et pluies ont rendu le terrain aussi meuble qu’un champ fraîchement labouré malmenant la scène devenue instable. Vérification faite sur place, et même si le site parait agréable, le terrain est en effet peu propice à toute activité musicale...
L’organisation laissant planer le doute (où plutôt ne sachant pas elle-même) sur ce qui allait vraiment se passer ensuite, on décide donc de vadrouiller histoire de tester l’ambiance.
Des festivaliers sont déjà présents depuis la veille et ont monté leur tente dans le camping tout proche. L’endroit est bien aménagé et l’ambiance bonne enfant. Les artistes quant à eux sont logés dans quelques bungalows tout proche dans ce qui semble être une ancienne station balnéaire.
Un peu plus tard, on nous annonce qu’effectivement la soirée du vendredi est belle et bien annulée et que les groupes qui devaient jouer ce jour seront répartis sur les deux jours restants, sauf pour Reality Sound qui ne peut même pas poser sa sono pour des problèmes administratifs. Dur! On croise d’ailleurs Boris que même son flegme britannique n’empêchera pas de dévoiler une certaine déception. La soirée se passe avec la sono de Jah Works qui fait danser les quelques spectateurs présents pendant qu’une équipe technique essaie de caler une scène récalcitrante.

Samedi 30-07
Lorsque nous rejoignons la scène en début d’après midi, plus d’équipe technique. La scène serait donc réparée et prête à accueillir les artistes? Renseignements pris auprès de l’organisation, tout semble en place pour aujourd’hui. Quelques interviewes se déroulent avant les shows. On croise notamment Groundation qui nous explique qu’ils sont vraiment heureux d’être ici et que le succès qu’ils remportent en ce moment en Europe les étonnera toujours. Des gens très humbles, avec une énorme culture musicale et une finesse d’écriture qui fait souvent défaut dans le Reggae.

Quelques minutes de balances (le lot de chacun des groupes qui joueront ce samedi). Et c’est Positive Roots Band accompagné de Bob Wasa qui ouvre cette soirée du samedi. Bob Wasa nous offre une belle prestation remplie de titres de son album. Suivent justement Groundation. Les américains font très un bon show, très pro, bref rien à redire. Le son est propre et proche de celui des albums. Suivent Misty In Roots venus en remplacement d’Horace Andy qui est malheureusement souffrant. La vieille garde anglaise à encore de beaux restes et offre un show très « discomix » puisque les chansons sont suivit des Dubs...
C’est ensuite au tour de Black Uhuru ou plutôt du Mykal Roze Show puisque c’est bien lui la vedette, Duckie Simpson gardant sagement son rôle de choriste. Succession de tubes, puisqu’on a droit à un peu toutes les époques, (enfin les époques Michael Rose) d’"Abortion" à "King Sellassie I" en passant par "Stalk Of Sinsemillia". La machine est rodée et a du répondant. Aucun temps mort. Mykal Rose, chante et danse frénétiquement, ponctuant chacune de ses phrases d’un « toutoutwing » ! Il interprétera même un de ses derniers hits "Too Blessed" récemment sorti en 7’’ en Jamaïque. Devait suivre ensuite Asher Selector avec Prince Alla et Sylford Walker, mais il est déjà très tard, plus de 2h30 et les organisateurs choisissent de carrément sucrer la prestation des vétérans. Encore une question administrative et préfectorale. Fort dommage. Les soundsystems semblent être les parents pauvres des festivals et sont encore trop considérés comme des interludes de changements de plateaux...
Le samedi aura été la réelle journée du festival autant en spectateurs qu’en participation artistique.

Dimanche 31-07
Le dimanche, deux groupes locaux assurent l’ouverture de cette troisième et dernière journée. Un, assez classique, et l’autre plus festif. Même si ça tourne plutôt pas mal, on évite malheureusement pas les clichés comme « la guerre c’est pas bien » ou « y’en a marre de la misère » enfin par contre, les sujets sur le Front National semblent avoir un peu moins la cote...
Sister Carol doit suivre ainsi qu’Aba Shanti I, mais l’heure de programmation tardive et les kilomètres qui nous attendent, nous oblige à les rater.

Bref, c’est un bilan plus que mitigé pour cette première édition du Sun & Sounds, où (et elle est facile) il y a bien eu du « Sound », mais par contre pas vraiment de « Sun »... En effet, si les désistements annoncés ont été remplacés au pied levé et par des artistes talentueux qui n’avaient rien à envier aux malheureusement absents, le problème cette fois fut ailleurs. Il est tout de même toujours agréable de noter que festival Reggae ne rime pas toujours avec annulations en chaîne...
J’ajouterai par contre, et ceci n’engage que moi, que la forte présence policière n’a pas forcement fait que rassurer la population présente sur le festival. A croire que le fan de Reggae est un terroriste en puissance ou qui s’ignore. Le service de sécurité présent semblait déjà fort conséquent et en nombre suffisant pour assurer le bon déroulement de la manifestation. Enfin, le nombre de stands, qu’il s’agisse de disques ou d’artisanat était ridicule (4 ou 5 stands grand maximum). Pour finir la palme revient à tous ces vendeurs de Kebab venu enfumer les lieux et faire de l’argent... Tout ceci a donc terni un peu l’image d’un premier festival qui se voulait professionnel, autant dans la programmation que dans l’accueil, mais qui malheureusement a subit quelques écueils, pas toujours de son ressort.

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