apple gabriel

The Heptones + Pablo Moses + Apple Gabriel @ Palais Nikaia (06)

Mardi 22-02-2005
Le Palais Nikaia - Nice (06)

Mardi 22 février, il est 20h quand j'arrive au Palais Nikaia, la salle de concert niçoise, à la programmation très "éclectique".
Première constatation : les portes ne sont pas encore ouvertes, mais très peu de personnes attendent sur le parvis, alors que le concert est censé commencer à 20h. Après quelques difficultés à retirer mon pass, une personne du staff me prévient que les artistes ont été bloqués sur les routes par la neige, ce qui explique leur retard. Les portes restent toutefois closes, les organisateurs préférant nous faire patienter dans le froid...
L'accès à la salle est enfin permis à 20h45, mais le peu de places vendues ne nécessitent pas l'ouverture de la grande salle, le concert aura donc lieu dans une toute petite salle, propice à de bons échanges entre les artistes et le public.
Bizarrement, l'attente est très courte, peut-être "l'erreur" de la soirée, dans le sens où le public n'est pas du tout chaud quand le Revolutionnary Dream Band fait son entrée dix minutes plus tard.
Les musiciens prennent place sur la petite scène, et évidemment les cuivres, en voie de disparition dans les concerts, même roots, sont absents. Finalement, rectification, un saxo est apporté au deuxième clavier, saxo qu'on aura la chance d'entendre moins d'une minute dans tout le concert...
Le band annonce le "Studio 1 Style" à venir et lance le terrible "Rockfort Rock". "Are you ready for Party time ?" annonce le MC, et déboulent en grande pompe sur scène Leroy Sibbles et Barry Llewelyn.
Les Heptones vont enchaîner quelques-uns de leurs plus grands titres, "Party Time", "Sea Of Love", "Heptones Gonna Fight", "Soul Power", "I Shall Be Released"...
L'ambiance est bonne, sans être très mouvementée, le public crie après une chanson mais seulement 3 secondes, ce qui laisse des blancs plutôt gênants. On dirait que le public ne se rend pas compte de qui se trouve en face, la plupart continuent de discuter ou rouler sans trop se soucier du bonhomme rouge qui remue sur scène. Néanmoins on sent que Leroy Sibbles prend du plaisir à chanter, invitant presque une spectatrice à monter sur scène pour le "Sea Of Love", ou multipliant les sourires et les gestes en direction des spectateurs qui dansent et chantent. Le meilleur moment est sûrement la reprise de "54-46 Was My Number", qui fait monter l'ambiance d'un cran. Le public réagit bien aux "Give it to me 1, 2, 3 times !", certains prennent même de l'avance (qui? :)) et provoquent une réaction très sympa de Leroy Sibbles. Sur ce, les deux compères sortent de scène pour un rappel, on s'en doute, qui ne tardera pas, mais alors qu'on s'attend à un retour fracassant, ils nous reviennent pour un titre très court et partent définitivement! De quoi laisser le public sur sa faim, après une toute petite demi-heure de concert!

Quelques secondes plus tard Pablo Moses prend le relais avec son "I Am A Rastaman". On change de style, après le Rocksteady des Heptones on passe à des titres Reggae bien plus longs, moins énergiques mais tout aussi envoûtants. La voix assez nasillarde de Pablo Moses nous emmène sur des thèmes rastas classiques déjà vus et entendus mais que le public apprécie toujours autant. Les prières et les compliments au public ne font pas très authentiques mais leur efficacité n'est pas à prouver! Après un peu plus d'une demi-heure de show, Pablo Moses quitte la scène, pour revenir pour deux titres dont le très bon "Ready, Aim, Fire" qu'il étale sur presque dix minutes, puis s'en va après quelques remerciements.

Le MC nous annonce une pause, "pour nous laisser le temps de rouler" et revient une demi-heure plus tard, accompagné sur scène d'un gamin, à qui il demande d'annoncer Apple Gabriel. C'est une toute petite voix qui nous demande donc "Du bruit pour Apple Gabriel !", le public s'exécute et voit l'arrivée du fondateur des Israel Vibration sur scène.
Les plus grands titres du groupe seront rejoués, ainsi que quelques nouveautés à paraître dans son prochain album. Le show est très pro, carré, et ne laisse pas de place à l'improvisation, contrairement au show des Heptones. Mais nul besoin d'improviser lorsqu’on est le créateur de titres comme "Racism" ou "There Is No End". On a d'ailleurs droit au deuxième solo de saxo sur ce titre. Apple met beaucoup d'énergie à danser et remuer sur scène, il parait quand même plus en forme que ses deux ex-acolytes Skelly et Wiss... mais n'arrive pas à nous les faire oublier, le "There Is No End" par exemple manque cruellement du "No End" à la fin de la phrase du refrain. Mis à part ces quelques détails, le show est très bon et atteint son paroxysme lors du rappel quand Apple chante "War", repris par tout le public, qui ne prête même pas attention au deuxième clavier qui ne marche plus, et nécessite l'intervention de l'ingénieur du son sur scène.

Le show dure entre 1h et 1h15, il est minuit quand tout se termine, la sécurité jette les gens dehors, qui, pour la plupart devront rentrer à pied puisque la sympathique ville de Nice ne met en place des navettes de bus que lors de concert plus "importants" (la salle se trouvant à l'extérieur de la ville)
Finalement je sors du concert content mais frustré, frustré d'avoir eu un concert si court, de ne pas avoir eu la session basse de Leroy Sibbles, d'avoir un backing band pas forcément transcendant (et l'absence de cuivres), et déçu d'avoir vu si peu de fan de reggae ce soir, sûrement à cause de l'absence totale de promotion, ou de la neige qui tombait à Nice(!).
En bref, un bon concert, bien que trop court, mais qui aurait pu être tellement mieux! Je remarque par contre, que le show de Pablo Moses ne m'est pas resté en mémoire, coincé entre les quelques minutes assez énergiques des Heptones et le show plus réussi d'Apple Gabriel, peut être ne fallait-il pas jouer les artistes dans cet ordre?

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Merci à JAHSound.net, et au mec de l'organisation qui nous a pris en stop après le concert!

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